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Paiements concernant Saint-Germain-en-Laye dans le rôle des baillages de France pour le terme de l’Ascension 1305

« [f. 4] Robertus, barbitonsor Regis, et Ysabellis, ejus uxor, pro custodia jardini Regis de Sancto Germano in Laya, pro duobus tertiis : VI l. XII s. IIII d.
[…]
[f. 12] Domania apud Sanctum Germanum in Laya
De stallis boulengerie et carnificerie, pro toto : XVI l.
De vendis ibidem : XXVIII l. XII s.
De explectis ibidem, per prepositum : LXX s.
De expletis foreste Laye et Cruye, per concergium : XL s.
[…]
[f. 13] Misie Sancti Germani in Laya
Pro vadiis prepositi, pro duobus tertiis : VIII l.
Pro bannis Regis clamandis : IIII s.
Panis prisionum : LVI s. VIII d.
[…]
Opera Sancti Germani in Laya
Pro misiis concergii, ad hunc terminum : XL l. XV s. X d.
Pro domibus ibidem cooperiendis, per cedulam concergium : XVII l. X s.
Pro carpentaria, per eumdem : XII l. VIII s. IIII d.
Pro lathomis, per eumdem : X l. XVIII s. VIII d.
Pro latrinis recerchandis et evacuandis : X l. XVIII s.
[dans l’interligne :] Pro vitreis reparandis, per magistrum Radulphum, verrarium : XIX l. XVIII s.
[…]
Pro vadiis fontenarii Sancti Germani in Laya, pro II tertiis : XII l.
[…]
Pro oblito computato de vadiis fontenarii Sancti Germani in Laye ad Ascensionem CCCIII° pro II tertiis : XII l.
Pro non computato ad Ascensionem preteritam de IIIc & XXX porcis positis per Regem in pessona Laye, XII s. pro quolibet porco, relatu Roberti de Meudono : IXxx XVIII l.
[dans l’interligne :] Non ostendit litteras Regis super mandato. Dicebat tamen quod Robertus de Meuduno habenat. »

Récit de la prise du château de Saint-Germain-en-Laye par les Anglais

« [f. 63] La chronique d’Alençon, escripte par Perceval de Caigny, escuyer d’escuerie du duc d’Alençon
[…]
[f. 110] La prinse de Saint Germain en Laye
En icelui an MCCCCXXXVIII, le XVIII jour du mois de decembre, fut le chasteau de Saint Germain en Laye, a V lieues de Paris, prins par la porte, de VIII ou X Englois, par deffault de garde de X ou XII meschans Bretons que le conestable y tenoit, qui ne pouvoit avoir assés place pour bailler a ses gens. Et ne lui chaloit quel tort il feist aux chevaliers et escuiers d’autre pais, mais qu’il peust avoir places pour eslever ses gens en nom et en estat, et moult de maux en sont venus durant ces presentes guerres, et de la perte d’icelle place, et du gouvernement du connestable, en ladite ville de Paris et ailleurs, estoient tres mal contens de luy ceulx de Paris. »

Confirmation par Louis VI des donations faites par ses prédécesseurs au prieuré de Saint-Germain-en-Laye, première mention de la résidence royale de ce lieu

« In nomine Sanctae et Individuae Trinitatis, ego Ludovicus, Dei gratia Francorum rex, universis Dei Eclesiae cultoribus, tam posteris quam instantibus et praecipue successoribus nostris, Francorum regibus, certum haberi, firmum teneri volumus, quod universa beneficia quae antecessores nostri, Francorum reges, ecclesiae Beati Vincentii et Sancti Germani de Leia, videlicet Robertus rex, qui ecclesiam ipsam a fundamento fundavit, et Henricus rex, filius ipsius, et Philippus, pater noster, contulerunt vel in posterum quilibet concessuri vel donaturi sunt, et nos bona voluntate et utili concedimus et firmamus :
In primis totam villam praedictae ecclesiae adjacentem, omnino liberam et quietam, cum sanguine et latrone et omnibus forisfactis in corpore villae factis sive omnibus consuetudinibus de corpore villae moventibus ; omnem quoque decimam vini et annonae meae et avenae quae attinent ad cellarium vel granarium Pissiaci, id est de Trel et de Charlavana et de ipso Pissiaco, et decimam Alvers, et annonae et leguminum et avenae undecumque sit ; similiter et decimam et annonae meae et avenae et leguminum de Aquilina et omnium crescentiarum mearum, si quae in ea fuerint factae ; molendinum quoque Filiolicurtis et unum modium annonae habendum perpetuo, unoquoque anno, de molendino quem pacto tali Columbenses monachi concesserunt fieri super stagnum Sancti Germani de Leia Bartholomeo de Fulcoio ; terram etiam Gaudine ; similiter et brancas de Leia, quantum necesse fuerit ad focum monachorum, necnon et mortuum lucum, quantum sufficit ad usum monachorum et hospitum suorum, et pasturam totam pecoribus monachorum et etiam hospitum suorum et, ut monachi centum porcos habeant libere discurrentes per totam Leiam tempore glandium ; vivum etiam nemus, quantum fuerit necessarium ad aedificia monachorum, vel nova facienda vel vetera reparanda ; Galterium quoque colibertum et omnem ejus posteritatem et quinque hospites apud Ruoldicurtem. Haec omnia benigne concedimus monachis Columbensibus Deo Sanctoque Germano servientibus.
Quae ne in posterum alicujus malivoli possint invidia infirmari vel vetustate deleri, nostri nominis karactere et sigillo signari et corroborari precepimus.
Actum publice apud Sanctum Germanum, presentibus episcopis nostris, Carnotensi videlicet Gaufredo et Manasse Meldensi cum clericis suis, abbate scilicet Santi Stephani de Valeia et Hugone de Leugis praeposito et Galterio de Bonavalle archidiacono et aliis multis. Data per manum Stephani cancellarii, anno Incarnati Verbi millesimo centesimo vicesimo quarto, regni vero nostri decimo septimo, Adelaidis reginae decimo.
Astantibus in palatio nostro quorum nomina subtitulata sunt et signa.
S. Stephani dapiferi, S. Gisleberti buticularii, S. Hugonis constabularii, camerario nullo. »

Louis VI

Lettre concernant la conversion du prince de Condé, installé au château de Saint-Germain-en-Laye

« Sire,
Suivant se qu’il a pleu à Votre Majesté commander à M. le cardinal de Gondy et à moy par vos lettres du 2 de se mois sur la conversion de monseigneur le prince de Condé, je luy diray que led. sieur cardinal ariva issi lundy pour commanser se bon heure, et pour set efect il voulut que madame la Princesse vit les lettres que Votre Majesté luy en escripvai, a sette fin que par icelles elle sust sa volonté et par mesme l’exorta de aider à set acte si tant fust que mond. seigneur le Prince se randist durest, se qu’elle a fort volontiers embrasé comme je voy qu’elle fait generalemant tout se qu’elle entant de ses royales volontés, ausquelles elle norit si exactement monseigneur son fils qu’il sufist que l’on luy die que vous le voulez ainsi pour qu’il obeise à tout se que l’on veust de luy. Donc, Sire, monsieur le cardinal par sa propre bouche a commansé à l’instruire, à quoy il l’a bonne si fasile et obeisant qu’il a ausitaust pris les proposisions et remonstranses que l’on luy a faictes et pris resolusion d’aller à l’eglise, ou il a fort resoluemant receu les seremonies dues et acoustumees en tel quas, aiant aussi devotemant oui la messe comme s’il y husté acoustumé des sa naisanse, et comme il est d’un fort bel esprit et curieus de savoir, il s’est informé de la reson et cause de toute les seremonies, les observant aussi pontuelement comme s’il y hust esté preparé de longtemps. Il s’est trouvé à set acte forse jans pasagers et tout le peuple de se lieu, qui a sete oquasion ont beni Vostre Magesté et prié Dieu pour Elle pour une action tant digne d’Elle, et suivant se que Votre Majesté me connandoit de luy donner un homonnier et un chapelin, connoisant un docteur fort honneste homme, de bonnes meurs et fort fidele et afectionné serviteur de Votre Majesté, comme le tesmougne ses escrips, je l’ay prié de venir asisté issi pour continuer à l’instruire de plus fort en plus fort à rendre l’honneur qu’il doit à Dieu et à Votre Majesté, de laquelle il reçoipt tant de faver, honneur et bien qui est la creanse que je pretans luy donner le tamps qu’il luy plaira que je soie aupres de luy. Le docteur se nomme Filsac et est chanoyne à Notre Dame de Paris. Je suplie aussi bien humblemant Votre Majesté de me faire tan d’honneur et grace de me donner le ieur de La Boderie pour estre aupres de monseigneur le Prince, parse que je le say plin de toute fidelité et confianse, et je tiendray cete grace fort particuliere parse que le connoisant comme je le connoes, tres capable, il me soulagera infiniemant pour l’institusion de mond. seigneur le Prince, estant fort inteligant des bonnes lettres, ausi que je say qu’il ne aderera jamais à aultre cause que à se qui sera de son roial service et de quoy j’en ay l’experianse aus affayres où il a esté emploié aupres de moy.
Sire, je prie Dieu de donner à Votre Majesté avecque acroesemans d’estas et en tres bonne saincté, tres longue et tres hureuse vie.
De Saint Germain en Lay ce 18e janvier 1596
De Vostre Serenissime et Royale Majesté le tres humble et tres obeisant subget et serviteur.
De Vyvonne, marquis de Pisany »

Lettres royales déchargeant les habitants de Saint-Germain-en-Laye de l’aide destinée au fort de Mantes

« Vidimus des lettres de Charles cinq, 1366, 9 novembre, adressées à Robert de Maulle, receveur des aides ordonnées être levées sur chaque feux à sept lieues pres et environ de la ville de Mante pour le fort d’icelle ville, par lesquelles il luy mande qu’ayant egard à l’humble supplication des habitants des villes de Saint Germain en Laye, de Maroil sous Mailly, de Fourque et de la paroisse de Saint Liger en Laye, Sa Majesté, de son authorité royale, décharge lesdits habitants de l’aide de 6 d. parisis imposés sur chaque feux pour chaque semaine, et cela autant par égard pour leur pauvreté que parce ils ne peuvent avoir, eux ny leurs biens, aucun refuge au dit fort de Mantes, éloigné de sept lieux desdittes villes et paroisses, que leur propre refuge est au chastel de Saint Germain en Laye, où ils font le guet chacun à leur tour la nuit.
Donné à Saint Germain en Laye le 9e novembre 1366 et de notre règne le tiert
Vidimé par Guillaume de Maulle, prevost de Saint Germain en Laye, le 21e de novembre 1366, p. Michel, p. Fosse, avec paraphe.
Collation faitte »

Paiements concernant Saint-Germain-en-Laye dans le rôle des baillages de France pour le terme de la Toussaint 1299

« [p. 3] Robertus, barbitonsor Regis, et Ysabellis, ejus uxor, pro custodia jardini Regis de Sancto Germano in Laia, pro terio : LXVI s. VIIId., et pro oblito computari pro eodem ad Ascensionem predictam, pro duobus tertiis : VI l. XIII s. IIII d.
[…]
[p. 15] Domania apud Sanctum Germanum in Laya
De censibus ibidem in festo Beati Remigii : VII l. X s. VIII d.
De vendis ibidem ad hunc terminum : XXXVII s. VI d.
De explectis : XLIII s.
De explectis foreste Laye : XL s.
[…]
[p. 18] Expensa Sancti Germani in Laia
Pro gagiis prepositi, pro tertio : IIII l.
Pro pane prisonum : XVIII s. X d.
Pro prisionariis adductis de Sancto Germano Parisius, de mandato prepositi Parisiensi, pro equis locatis et conductoribus : IX s. IIII d.
Pro bannis Regis clamandis : II s.
Pro censibus Regis scribendis die S. Remigii et quodam papiro empto : IIII s.
[…]
Opera Sancti Germani in Laia
Pro vitreis capelle et aliis vitreis per hospicium reparandis : XLIV l. VIII s. X d.
Pro hostiis et fenestris, verroliis, serreuris, loquetis et clavi, coopertoribus, lathomo, plastro, calci per concergium : XLVI l. VII s. X d.
Pro misiis concergii : XXII l. XIX s. IIII d.
Pro latrinis curandis : VII l. XV s.
Pro XXX miliaribus tegule ibidem ductis, XXIV s. pro miliari : XXXVI l.
Pro dicta tegula ponenda in navi : XXX s.
Pro locagio navis : VI l.
Pro ea ducenda de portu Alpecti, oneranda et exoneranda : VIII l.
Pro noiis : LXXVI s.
Pro lathomeria et carpentaria in taacha, quarum partes sunt a tergo : IIc LXI l.
Partes operum in taacha apud Sanctum Germanum in Laia
Primo, garderobam secreti de carpentaria et lathomia totam promptam.
Quamdam trenellam rotondam novam redditam coopertam.
Item cameram domini Petri de Chambli totam novam quadratam V tesiarum vel circiter.
Item plures scotellos in pluribus locis per domos ibidem per dictum juratum positos.
Item votam pratelli gloriete et latus capelle ibidem.
Item latus et pignaculum latrinarum.
Item muros reparandos qui circuunt magnam capellam ibidem.
Item quamdam caminam duplicem in domo concergii ibidem.
Pro LI miliariis enscenle, IIII s. VI d. pro miliari : XI l. IX s. VI d.
Pro II miliariis late : LX s.
Pro hostiis et fenestris et escenla in domibus prioris ibidem : LXXII s.
Pro operibus factis apud Pissiacum per Victorem, scilicet pro tretellis et formis, hostiis, fenestris reparandis, doliis, pressorio et operariis ac garda vinearum ibidem : XI l. XVIII s ; II d.
Pro operibus in jeola Sancti Germani et hala per prepositum ibidem : X s. VIII d.
Pro quibusdam latrinis novis factis et III pilariis de tallia in domo jardinerii : XXXII l.
[…]
Pro operibus Corbolii, S. Germani in Laia et Parisius vistandis et eis tradendis in taacha per magistrum G. de Londoniis et Simonem de Noeriis, per prepositum Parisiensem : XIIII l. XI s. II d. »

Donation par Philippe Auguste aux religieuses de Saint-Cyr de la dîme du pain et du vin dépensés par le couple royal pendant leurs séjours à Saint-Germain-en-Laye et à Poissy

« Philippus Dei gratia Francorum rex. Noverint universi ad quos littere presentes pervenerint quod moniadibus Sancti Cyrici, ob anime nostre et anime patris nostri remedium, donavimus decimam in perpetuam habendam totius panis et vini quo nos et regina expendemus apud Sanctum Germanum in Loya aut apud Pissiacum, dum ibidem fuerimus. Quot ut ratum sit atque firmum, presens scriptum sigilli nostri auctoritate communimus. Datum apud Sanctum Germanum in Loya, anno ab incarnatione Domini M C LXXXVo. »

État des logements au château de Saint-Germain-en-Laye

« Du 25e febvrier 1685
Du 14e mars 1685
Logement du chasteau de Saint Germain, ce qui est fait de neuf y estant compris.

Caves
Un degré
13 caves dont 4 grandes et le reste fort petit.

Offices au rez de chaussée des caves
Premier pavillon à gauche en entrant par la cour des cuisines
Un degré
A. Gobelet de Monseigneur le Dauphin, 2 pieces à cheminée
Une petite porte qui entre dans le fossé.

2e pavillon
Un degré
B. Gobelet du Roy, 3 pieces dont 2 à cheminée et la 3e tres petite sans cheminée
Petit degré

3e pavillon
Un degré
C. Gobelet de la Reine, 3 pieces dont 2 à cheminée

4e pavillon
Un degré
D. Gobelet de Madame la Dauphine, 3 pieces dont 1e à cheminée

5e pavillon
Un degré
E. Bouche de la Reine, 5 pieces dont 3 à cheminée

Au rez de chaussée de la cour commençant à gauche en entrant par la cour des cuisines
Grande porte
Un degré rond qui va jusqu’au haut du chasteau

  1. Le chapelain, 5 pieces scavoir 3 par bas dont 1e à cheminée et 2 entresols dont 1 à cheminée
  2. M. de Chamarande, 5 pieces dont 3 à cheminée compris 1 entresol sans cheminée
    Petite porte avec pont-levis
    Un degré qui descend aux offices
  3. Le concierge, 9 pieces dont 3 à cheminée, compris 4 entresols sans cheminée
  4. M. de Vivonne, 5 pieces dont 3 à cheminée
  5. Madame de Thyange, 5 pièces dont 2 à cheminée
  6. M. de la Feuillade, 5 pièces dont 2 à cheminée compris 1 entresol sans cheminée
    Grand degré
  7. Premier maistre d’hostel du Roy et le chambelan, 6 pièces dont 2 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
  8. Le grand maistre, 3 pièces dont 1e à cheminée, compris 1 entresl sans cheminée
    Un degré rond qui va jusque au haut du chasteau
  9. Premier gentilhomme de la chambre, 5 pièces dont 2 à cheminée
  10. M. le Premier, 7 pièces, scavoir 5 par bas dont 3 à cheminée et 2 entresols dont 1 à cheminée
    Un petit degré qui va jusque en haut derriere l’appartement du Roy
    Petite porte avec pont levis
    Un petit degré qui descend aux offices
  11. Capitaine des gardes du corps en quartier, 6 pieces dont 4 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
  12. Capitaine des gardes de la porte, 8 pièces dont 2 à cheminée, compris 3 entresols sans cheminée
  13. M. le Grand, 6 pièces dont 4 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
  14. Le conseil, 4 pièces dont 1e à cheminée
    Un grand degré
  15. Madame de Crequy, 7 pieces dont 2 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
    Vestibule
    Grande porte du costé du jeu de paulme
  16. Premier aumosnier, 4 pieces dont 2 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
  17. Les ambassadeurs, 6 pièces dont 2 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
    Un petit degré qui va jusque au haut du chasteau, 1e très petite piece sans cheminée
  18. M. le duc du Lude, 6 pieces dont 2 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
    Chapelle a costé de laquelle il y a un degré qui va au premier estage
    A costé de la sacristie de la chapelle, 2 chambres sans cheminée pour le predicateur et qui serviront aux deux prestres qui sont avec le chapelain.
    Lieux communs
    Un degré long qui va de fond en comble
    Petite cour
    F. Bouche du Roy, 4 pieces dont 3 à cheminée
    Un degré rond qui va jusque au haut du chasteau
  19. Apotiquaire du Roy, 4 pieces sans cheminée compris 2 entresols sans cheminée
  20. Apotiquaire du Roy, 2 pieces dont 1e à cheminée compris 1 entresol sans cheminée
    Corps de garde des gardes de la porte, 2 pieces dont 1e à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée

Premier estage, commançant à gauche
Un degré rond

  1. Mademoiselle, 6 pieces dont 4 à cheminée, compris 1 petit entresol sans cheminée
  2. Mademoiselle, 6 pieces dont 3 à cheminée, compris 2 entresol sans cheminée
    Un petit degré qui va du rez de chaussée au premier estage
  3. M. de Louvois, 11 pieces, dont 3 à cheminée, compris 5 entresols sans cheminée
  4. M. de Louvois, 10 pieces dont 3 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
    Grand degré
  5. M. le maréchal de Villeroy, 12 pieces dont 3 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
    Grand degré
  6. M. le Prince, 10 pieces dont 3 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
  7. M. le Duc, 4 pieces à cheminée
    Un petit degré
  8. Madame de Montespan, 20 pieces dont 8 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
    Un degré long
  9. M. le duc du Mayne, 5 pieces dont 2 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
    Un degré
  10. Dame d’honneur de madame la Dauphine, 7 pieces, dont 4 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
    Un degré long
    Chapelle. 2 petites pieces sans cheminée dont 1 entresol
  11. M. l’archevesque de Rheims, 5 pieces dont 2 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
    Un degré long
    Chapelle
  12. Officiers des gardes du corps, 2 pieces sans cheminée
  13. Officiers des gardes du corps, 1 piece sans cheminée
    Soufflets des horgues. 1e tres petite piece sans cheminée.
    Un degré long
  14. Madame la princesse de Conti, 5 pieces dont 3 à cheminée
  15. M. le prince de Conti, 5 pieces dont 2 à cheminée
    Petite cour
    Un degré rond
  16. M. le cardinal de Bouillon, 9 pieces dont 4 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
  17. Filles d’honneur de madame la Dauphine, 6 pieces dont 1e à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
  18. Filles d’honneur de madame la Dauphine, 4 pieces dont 1e à cheminée, compris 1 entresols sans cheminée

Deuxiesme estage, commençant à gauche
Un degré rond

  1. Madame la Dauphine, 5 pieces à cheminée
  2. Monseigneur le Dauphin, 5 pieces dont 4 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
    Grand degré
  3. Le Roy, 11 pieces dont 6 à cheminée, compris 3 entresols dont 2 à cheminée
    Un petit degré qui va de bas en haut
    Un degré moyen rond
  4. La Reine, 11 pieces dont 6 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
    Un grand degré
    Un petit degré long
  5. Enfants de France et leur gouvernante, 7 pieces dont 6 à cheminée, compris 1 entresol à cheminée
  6. Enfants de France et leur gouvernante, 3 pieces à cheminée
    Un degré long
  7. Madame de Guise, 7 pieces dont 6 à cheminée

Entresols sur les n° 43, 44 et 45
Un degré long

  1. Madame la nourice, 10 pieces dont 2 à cheminée
  2. Enfants de France et leur gouvernante, 6 pieces dont 4 à cheminée
    Un degré long
  3. Madame de Soubise, 6 pieces dont 5 à cheminée
  4. 2 pieces dont 1e à cheminée

Continuation du deuxiesme estage
Chapelle
Un degré long

  1. Pour habiller les danceurs, 3 pieces dont 2 à cheminée
    Petite cour
    Un petit degré
    Salle des comedies
    Un moyen degré long
    Entresols au dessus du n° 50
  2. M. de Montauzier, 7 pieces dont 1e à cheminée
  3. Madame d’Uzès, 3 pieces à cheminée
    Cour
    Un petit degré

Troisiesme estage, commençant à gauche
Un degré rond

  1. Madame la marquise de Rochefort, 7 pieces dont 5 à cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
  2. Prère, femme de chambre de madame la Dauphine, 4 pieces dont 3 à cheminée, compris 1 entresols sans cheminée
  3. M. de Seignelay, 13 pieces dont 10 a cheminée, compris 7 entresols dont 5 à cheminée
  4. M. le controlleur general, 16 pieces dont 5 à cheminée, compris 8 entresols dont 2 à cheminée
    Grand degré. 1 petit entresol sans cheminée sur le degré
  5. M. de Bouillon, 10 pieces dont 2 à cheminée, compris 5 entresols sans cheminée
  6. Madame de Maintenon, 11 pieces dont 7 à cheminée, compris 6 entresols dont 3 à cheminée, desquels il y en a 3 à l’estage du plain pied de la terrace
    Un petit degré
  7. Le Roy, 5 pieces dont 3 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée à l’estage du plain pied de la terrace
    Un degré rond
  8. Bontemps, 12 pieces dont 7 à cheminée, compris 7 entresols dont 4 à cheminée
  9. M. de la Rochefoucault, 11 pieces dont 6 à cheminée, compris 7 entresols dont 3 à cheminée, desquels il y en a 3 a l’estage du plain piedde la terrace
  10. Garderobbe du Roy, 9 pieces dont 5 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
    Un grand degré
    Un degré long
  11. Me de la Garderobbe, 7 pieces dont 4 à cheminée, compris 4 entresols dont 2 à cheminée
  12. Madame de la Valiere, 7 pieces dont 2 à cheminée, compris 4 entresols dont 1 à cheminée
  13. Premier medecin de la Reine, 9 pieces dont 4 à chbeminée, compris 5 entresols dont 2 à cheminée
  14. M. le grand prevost, 7 pieces dont 2 à cheminée, compris 4 entresols dont 1 à cheminée
  15. Madame de la Vieuville, 8 pieces dont 5 à cheminée, compris 4 entresols dont 2 à cheminée
    Un degré long
  16. Grand maréchal des logis, 5 pieces dont 3 à cheminée, compris 1 entresol sans cheminée
  17. Capitaine des Cent Suisses, 5 pieces dont 2 à cheminée
  18. Garde meuble au dessus de la chapelle
    Un degré long
  19. M. Mansart, 7 pieces dont 2 à cheminée, compris 3 entresols sans cheminée
  20. M. Roze, 6 pieces dont 1e a cheminée, compris 2 entresols sans cheminée
  21. M. de Joyeux, 4 pieces dont 3 à cheminée, compris 1 entresols sans cheminée
    Petite cour
    Un degré petit
    Salle des comedies

Plain pied des voultes en terrace, commançant à gauche
Premier pavillon
Un moyen degré rond
Un petit degré

  1. M. le Major, 5 pieces dont 3 à cheminées, compris 2 entresols dont 1 à cheminée
  2. 5 pieces dont 2 à cheminée
  3. Gardrobbe de monseigneur le Dauphin, 3 pieces dont 2 à cheminée

2e pavillon
Il y a deux pieces marquées au 59 qui sont de l’appartement du Roy du 3e estage
Sur les voutes
Il y a trois pieces marquées au n° 58 qui sont marquez cy devant à l’appartement de madame de Maintenon au 3e estage
Il y a trois pieces marquées 65 qui sont marquez cy devant à l’appartement de M. de la Rochefoucauld au 3e estage

3e pavillon

  1. Premier medecin du Roy, 7 pieces dont 4 à cheminée

4e pavillon
Un degré

  1. M. de la Vienne, 4 pieces dont 3 à cheminée
  2. Mademoiselle Bessola, 5 pieces dont 2 à cheminée
    Sur les voutes
  3. M. de Nyert, 3 pieces dont 1 à cheminée

5e pavillon
Un degré long

  1. Garde meuble, 2 pieces sans cheminée
  2. Le père de la Chaize, 3 pieces dont 2 à cheminée
    Petite cour
    Petit degré »

Maison du Roi (Ancien Régime)

Mandement donné à Saint-Germain-en-Laye pour le paiement d’éperviers apportés au roi

« Henry de Meudon, chevalier le Roy nostre sire, maistre enquesteur des Eaues et forés d’icelui seigneur par tout son roiaume et de celles de nostre seigneur le duc de Normendie, au receveur de Dansjont en Passeis ou a son lieutenant, salut. Savpoir vous faisons que Huet Picart a rendu a court devers le Roy dix esperviers vis et sept mouches vis, huit esperviers mors en chemin et sept mouches mors semblablement, si vous mandons de par le Roy nostre sire que tous les despens faiz par le dit Huet et par ceux qui aporterent les diz esperviers et mouches en venant a court et en demourant illec et en retournant au pais vous compté sanz nul delai au dit Huet et paiez en la maniere que autrefoiz avés accoustumé sanz attendre nul autre mandement sur ce. Donné a Saint Germain en Laie le premier jour d’aoust l’an mil CCC trente neuf. »

Reçu du coffre des joyaux de la fille du roi donné à Saint-Germain-en-Laye

« Marguerite des Barres, dame de Bouville, faison savoir a touz que nous avons eu et receu de Pierre des Essartz, argentier le Roy mon seigneur, un coffre pour mettre les jouiaux ma dame Jehanne, fille du Roy de France mon seigneur, et un esprevier de toile blanche pour ma dite dame. En tesmoing de ce j’ai scellé ceste cedule de mon scel. Escript a Saint Germain en Laye VIII jours de fevrier. »

Lettre de l'ambassadeur de Venise concernant la venue du roi au château de Saint-Germain-en-Laye

« [...] et hora stiamo aspettando quello che pîacerà le commissioni dell’Eccellentisismo Senayo ; il che non cerdemo che possa esser prima che doppo l’arrivo di S. M. in San Germano, dove fa preparare alcuni stantie più all ‘uso d’Italia, che di questo paese, dovendo essere cinque o sei l’una dentro l’altra, guarnite de finissime razzi con letti di seta et oro, con portieri particulari ognuna di esse, persone di qualcho conto, che habbiano cura che non vi entri cosi ognuno undifferentemente, perchè si stià con più decoro. Questi portieri si muteranno ogni tre mesi, et per loro mercede haveranno un vestimento di veluto con una collana di duecento scudi da tenere al collo mentre durerà il tempo del loro servicio. Et sicome si parte in ciò S. M. dall’ordinario, volendo questa apparentia di maggior grandezza, così ha regolato ancora li gentilhuomini della camera, riducendoli di quattrocento che prima erano, al numero di quatroventi, trenta per quartieri, accrescendo la loro provisione da duecento fino a seicento scudi per uno, ma con obligo di seguitar sempre la persona sua in ogni luoco con due cavalli da guerra ; il che sarà eseguito, oltrte che rappresentarà maggior splendore, conforme alla grandezza d’un tanto Re, servirà ancora pêr maggior sicurità della Maestà Sua [...]. »

Payements concernant Saint-Germain-en-Laye dans le rôle du trésor royal

« [f. 50] Aud. Le Begue [Charles Le Begue, tresorier general des Bastimens du Roy], la somme de cent mil livres ordonnée pour employer au fait de sad. charge, scavoir XXXIm l. au payement du prix de la maison achetée de la damoiselle Lhuillier pour le bastiment du Louvre, XVIm l. pour parfaire les XXXVIm l. accordez par advances aux entrepreneurs dud. bastiment du Louvre, et LIIIm l. pour commencer les ouvrages à faire tant au chasteau de Fontainebleau, Versailles, Saint Germain en Laye, palais Royal et autres maisons royales pendant la présente année 1662, y compris les frais, cy : Cm l.
[…]
A luy, la somme de treize cens mil livres que Sa Majesté luy a ordonnée pour employer au fait de sa charge tant au bastiment neuf du Louvre et Versailles, [f. 50v] achapts de maisons que accommodements du palais des Tuilleries, palais Royal, Fontainebleau, Saint Germain en Laye que autres despences extraordinaires à faire pendant lad. année 1662, y compris les gages des officiers et entretenemens ordinaires et les taxations, cy : XIIIc m l.
[…]
[f. 167] Aud. Bourlon [Pierre Bourlon, trésorier des veneries, toiles de chasses et fauconnerie], la somme de sept cens cinquante livres que Sa Majesté a ordonnée pour délivrer, scavoir VIc l. à Jean de Medeville, maistre tailleur d’habits à Paris, pour son paiement et remboursement de treize casaques des couleurs de Sa Majesté qu’il a livrées à treize gardes des bois, eaues et forests de Sainct Germain en Laye, et CL l. à Pierre de Laguerre, bourgeois de Paris, à luy aussi ordonnées par Sad. Majesté pour son paiement et remboursement de treize pieux qu’il a fournis aux susd. treize agrdes des bois, eaues et forests de lad. forest, cy VIIc L l.
[…]
[f. 223v] Au sieur Legrend, exempt des gardes de la prevosté de l’hostel, et à deux archers de lad. prevosté, la somme de six vingt livres que Sa Majesté luy a ordonné pour s’estre transportez par ordre de Sad. Majesté et avoir esté employez pendant six jours à faire conduire à Saint Germain en Laye des bateaux chargez d’avoine [f. 224] et d’autres necessitez pour la suite de Sad. Majesté, cy : VIxx l.
[…]
[f. 286] Aud. d’Aligre [Michel d’Aligre, tresorier des Menus Plaisirs du Roy], la somme de deux cens trente quatre livres que Sa Majesté luy a ordonnée pour employer au payement tant des carrosses qui ont conduit les comediens à Saint Germain en Laye que des charrettes qui ont porté leurs hardes suivant les parties arrestées par le sieur duc de Mortemart, premier gentilhomme de la chambre de Sa Majesté, cy : IIc XXXIIII l.
A luy, la somme de quatre cens quarante une livres dix sols que Sa Majesté luy a ordonnée pour le payement du logement des soubz maistres, chantres de la musique de la chapelle de Sa Majesté, et de vingt neuf licts qui ont servy pour les coucher pendant un mois de sejour qu’ils ont faict au lieu de Saint Germain escheu le XXIIe juillet dernier, à raison de XV l. X s. pour chacun lict, cy : IIIIc XLI l. X s.
[…]
[f. 286v] A luy, la somme de quatre cens quatre vingts seize livres que Sa Majesté luy a ordonnée pour employer au faict de sa charge, mesme au payement du second mois du logement et licts des soubz maistres, chantres et enfans de la chapelle de Sa Majesté à Saint Germain, qui est escheu au XXIIe du mois passé, sur le pied de XXXII licts, à raison de XV l. X s. par mois pour chacun lict et logement, cy : IIIIc IIIIxx XVI l.
[…]
[f. 287v] A luy [Claude Fauverel, commis par le Roy à l’exercice de la charge de me Pierre Cirano, tresorier des offrandes du Roy], la somme de trois cens trente huict [f. 288] livres neuf sols que Sa Majesté luy a ordonnée pour employer au faict de sad. commission, mesme pour la despence des pains benits rendus par Sad. Majesté en l’eglise du Pecq proche de Saint Germain le jour de la feste de la Madelmaine de la presente année, cy : IIIc XXXVIII l. IX s.
[…]
[f. 344] Au capitaine Legrand, exempt des gardes du Roy en la prevosté de son hostel, la somme de [f. 344v] deux cens quarante livres que Sa Majesté luy a ordonnée pour avoir vacqué pendant douze jours tant à assister les marechaux des logis et fourriers de Sa Majesté à auctoriser la craye pour les logements de Saint Germain en Laye que pour se transporter le long de la riviere de Seine pour faire voicturer aud. Saint Germain en Laies les bateaux chargez d’avoine et autres choses necessaires pour la fourniture de la maison, cour et suite de Sa Majesté, cy IIc XL l. »

Lettre de Marie de Médicis concernant la punition au fouet du dauphin à Saint-Germain-en-Laye

« Madame de Monglat,
J’ay esté bien aise d’entendre les nouvelles de mon fils que ce porteur m’a dictes en me rendant les lettres dont l’avez chargé, et ce soir j’ay celles que mon laquay m’a raportées de vostre part. Je vous prie de continuer à m’en faire scavoir le plus souvent que vous pourrez, et usez de toutes sortes de moiens dont vous vous pourrez adviser pour faire passer à mond. fils ses fantaisies et humeurs opiniastres auparavant que d’en venir au fouet, qui est le dernier remede qu’il y faudra apporter, et principallement en cette saison qui est chaude et en laquelle il se pourroit esmouvoir de colere, comme il fit estant icy l’année derniere. Au surplus, je suis d’advis [f. 277] que vous le faciez desloger du chasteau neuf pour le remectre au viel avec toute la suite, afin que quand le Roy mon seigneur et moy iron par delà, nous trouvions la place vuide aud. chasteau neuf et y puissions loger. C’est ce que j’ay à vous escrire pour cette heure. Priant Dieu etc. »

Marie de Médicis

Payements concernant Saint-Germain-en-Laye dans le rôle du trésor royal

« [f. 26] Aud. [Pierre Turlin, tresorier general de l’Argenterie], la somme de quatre mil livres que Sa Majesté lui a ordonnée pour emploier au fait de sadicte charge, mesmes icelle delivrer à la dame Verbek pour son paiement de deux grands miroirs qu’elle a fournis pour le service du Roy et qui ont esté portez au chasteau de Saint Germain en Laye par l’ordre de Sadicte Majesté, cy : IIIIm l.
[f. 26v] Aud. Turlin, la somme de cinq mil cinq cens livres que Sa Majesté lui a ordonnée pour emploier au fait de sad. charge, mesmes icelle delivrer à Louis Metels, tapissier, pour son paiement de deux tentures de tapisseries de verdures de Bruxelles tres fines, l’une à bordure fond d’or de deux aunes de hault et XVII aunes trois quarts de tour en huit pieces, et l’autre de deux aunes un quart de hault et de quatorze aunes et demie de tours ou environ en six pieces, qu’il a livrées pour le service de Sad. Majesté et qui ont esté portées au chasteau de Saint Germain en Laye, cy : Vm Vc l.
Aud. Turlin, la somme de trois mil cens trois livres neuf sols que Sa Majesté luy a ordonnée pour emploier au faict de sad. charge, mesmes icelle delivrer aux desnommez ci apres pour leur paiement des fournitures et façons d’un meuble de brocart d’argent et incarnadin que Sa [f. 27] Majesté a ordonné estre fait pour servir dans son cabinet de Saint Germin en Laye, scavoir à Leduc et Carpentier, marchands de soie, IIm IIIIc IIIIxx XVIII l. I s. pour XLIIII aunes quartier et demy de brocart d’argent et incarnadin matte à L l. l’aune, XX aunes et demy de taffetas d’Angleterre incarnadin et blanc à VII l. l’aune, VII aunes de brocart de soie fond incarnadin brodé de plusieurs couleurs à XIIII l. l’aune, dix aunes de taffetas vert de Lyon à III l. VIII s. et six aunes de taffetas d’Angleterre incarnadin et blanc à VI l. VI s., à Coquino, marchand passementier, IIIIc XX l. pour XVII aunes de frange, XXIIII aunes de molet, quatr’aunes et un quart de galon et deux glands, le tout d’argent fin, pesant ensemble IIIIxx XIIII onces sept gros à IIII l. l’once, compris huit aunes de frangeron double et sept aunes de petit frangeon simple or et argent, et pesant IX onces à IIII l. X s. l’once, pour [f. 27v] quatre petits carreaux pour servir à l’escarpolette, et à Du Lu, tapissier, IXxx VI l. VIII s. pour ses fournitures et façons du susd. meuble, cy IIIm CIII l. IX s.
[…]
[f. 262] Aux nommez Cholet et Hervé, archers de lad. prevosté de l’Hostel et grande prevosté de France, la somme de huict vingt dix livres que Sa Majesté leur a ordonnée pour le service par eux rendu pendant dix sept jours qu’ils ont vacqué à aller querir les habitans des communautez qui ont travaillé à combler la garenne du Vizinée à Saint Germain en Laye à raison de V l. à chacun par jour, cy : VIIIxx X l.
[…]
[f. 265v] A trois mareschaux des logis, un fourier du corps et dix fouriers ordinaires, la somme de dix sept cens vingt livres que Sa Majesté leur a ordonnée pour leurs extraordinaires pendant XX jours emploiez au dernier voiage de Sa Majesté à Saint Germain en Laye, à compter depuis le quatriesme jusques au XXIIIIe mars, qui est à raison de IIIc l. à chaque mareschal des logis, C IIIIxx l. au fourier du corps, et CL l. à chaque fourier ordinaire par mois ainsi qu’il est acoustumé, cy : XVIIc XX l.
[…]
[f. 536] A [Antoine Le Menestrel, tresorier general des Bastimens du Roy], la somme de trzei cent vingt sept livres seize sols dix deniers que Sa Majesté luy a ordonnée pour emploier au fait de sa charge, mesmes celle de XIIIc XI l. IX s. au paiement des despences necessaires pour faire la haye et fossez de la vente aux Prestres et de la garenne du Visinet à Saint Germain [f. 536v] en Laye, et XVI l. VII s. X d. pour les taxations dudit Le Menestre, cy : XIIIc XXVII l. XVI s. X d.
Audit Le Menestrel, la somme de quatre mil cent trente quatre livres trois deniers que Sa Majesté luy a ordonnée pour employer au fait de sad. charge, mesmes celle de IIIIm IIIIxx XIX l. XIX s. VI d. aux despences necessaires à faire pour le recepage de la garenne de Vizinet et de la haye aux Prestres à Saint Germain en Laye, et LI l. IX d. pour les frais et taxations dud. Le Menestrel à VI d. pour livre, cy : IIIIm CXXXIIII l. III d.
[…]
[f. 539v] Audit Le Menestrel, la somme d’unze mil deux cens soixante dix neuf livres cinq sols que Sa Majesté luy a ordonnée pour emploier au faict de sa charge, mesmes celle de XIm CXL l. à l’achapt des arbres que l’on plante dans le lieu appellé ci devant la garenne du Visinet pour la decoration du château de Saint Germain en Laye, et CXXXIX l. pour les taxations dudit Le Menestrel à VI d. pour livre, cy : XIm IIc LXXIX l. V s.
[…]
[f. 569] A frere Fermin de Sainte Marine, religieux augustin deschaussé et procureur du couvent des Loges de Saint Germain en Laye, pareille somme de trois cens livres que Sa Majesté a ordonnée estre mise en ses mains pour lesd. religieux dudit couvent des Loges, de laquelle Sa Majesté leur a fait don par aumosne, cy : IIIc l. »

Quittance donnée par le concierge de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages

« Sachent tuit que je Pierre de Guyry dit le Galois, escuier, consierge du chastel de Saint Germain en Lay, confesse avoir eu et receu de honnorable homme et saige Jehan Bourteau, receveur de Paris, la somme de six livres dix sept solz parisis qui deubz m’estoient a cause des gaiges desserviz ou dit office pour le terme de Toussains dernier passé, de la quelle somme de VI l. XVII s. p. je me tiens pour comptant et en quicte ledit receveur et tous autres. Donné soubz mon scel le XXIe jour de decembre l’an mil CCCC et deux. »

Quittance donnée par le capitaine de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages et ceux de ses hommes

« Sachent tout que nous Phelippe Branche, chevalier, capitaine de Montjoie et de Saint Germain, confessons avoir eu et receu de Pierre Surreau, receveur general des finances de Normandie, la somme de deux cens livres tournois en prest et paiement sur ce qui nous peut estre du des gaiges et regars de nous et des gens d’armes et de trait de nostre compagnie ordonnez pour la garde desdiz lieux de Saint Germain et Monjoie, ce prest et paiement fait par vertu des lettres de garand de mons. le regent le royaume de France, duc de Bedfort, donnees le XIIIe jour d’avril dernier passé, expediees par le tresorier et gouverneur general desd. finances, de laquelle somme de IIc l. t. nous nous tenons pour content et en quictons le Roy nostre seigneur, mond. s. le regent, led. Pierre Surreau et tous. En tesmoing de ce, j’ay scellees ces de nostre scel le premier jour de may l’an mil CCCC vint et trois. »

Inventaire des joyaux et du linge du roi à Saint-Germain-en-Laye

« [f. 187v] Saint Germain en Laye
C’est l’inventoire des joyaulx et autres choses estans en l’estude du Roy en son chastel de Saint Germain en Laye
Et premierement
[2016] Ungs grans tableaulx de troys pieces couvers d’argent dehors et dedens, cloans, esquelz sont dedens plusieurs relicques et sont garniz de pierres de voirre, a quatre piez de griffon de cuivre, non pesez.
[2017] Item ungs tableaulx de bresil par dehors et dedens a six ymages d'yvire enlevez, c'est assavoir Nostre Seigneur, saint Jacques, saint Jehan, Nostre Dame, saincte Katherine et la Magdalene.
[2018] Item ungs petiz tableaulx d’yvire de deux pieces, ou dedens sont l’Ascencion et la Penthecoste.
[f. 188] [2019] Item ungs autres tableaux de fust de deux pieces, ou sont paints Nostre Seigneur, Nostre Dame, saint Jehan, saincte Katherine, saint Jehan Baptiste et la Magdalene.
[2020] Item ungs autres tableaux de fust de deux pieces, ou sont paints une Pitié et Nostre Dame.
[2021] Item ungs autres tableaux de deux pieces carrees, ou sont plusieurs relicques, couvertes de gif.
[2022] Item ungs autres tableaux de deux pieces a pignons, ou sont plusieurs relicques couvertes de gif.
[2023] Item deux tabliers en quatre pieces de jaspre et de cristal.
[2024] Item ung autre tablier de deux pieces, ouvre de coquilles de perles.
[2025] Item ung jeu d’eschetz figuré de seize pieces d’ambre jaune et seize pieces de gest.
[2026] Item ung ymage de Nostre Dame d’yvire, seant en une chayere d’ybenus.
[2027] Item ung ymage de Nostre Dame d’yvire a une pierre de voirre vert en la poictrine, assise en une chayere sur ung pyé de cuyvre.
[f. 188v] [2028] Item ung petit ymage de Nostre Dame d’yvire seant sur ung entablement d’argent, et a une couronne d'argent.
[2029] Item ung petit ymage d’yvire de saincte Anne.
[2030] Item ung couronnement de Nostre Seigneur a Nostre Dame, d’yvire, et troys angelotz de mesmes assiz en ung siège de cedre.
[2031] Item ung ymage de boys de Nostre Dame.
[2032] Item ung ymage de Nostre Dame de boys, environ quatre piez de long.
[2033] Item ung ymage de saint Jehan d’yvire.
[2034] Item ung ymage de Nostre Dame de fust, seant en une chayere, ung carreau soubz ses piez, tout doré.
[2035] Item une croix noire, ou dessus est ung crucifix d’argent doré.
[2036] Item une croix d'argent, a ung pommeau de cristal, le crucifix, Nostre Dame et saint Jehan et deux angelotz de courail, pesant quatre marcs quatre onces.
[2037] Item deux chandeliers de cristal, de la façon de ladicte croix, pesans huit marcs.
[2038] Item une grant escouse d'argent blanche percee à fleurs de lys, pesant six marcs quatre onces.
[f. 189] [2039] Item une lanterne d’argent ronde, veree, a porter a main, pesant quatre marcs.
[2040] Item une aiguiere d'argent torsse pesant ung marc sept onces.
[2041] Item ung petit chauderon d’argent à ance pesant sept onces.
[2042] Item ung hanap de madre a oreille.
[2043] Item ung gobelet et une aiguiere de voirre blanc de Flandres garny d’argent doré.
[2044] Item ung hanap de madre a couvescle qui a le pié d'or, sur le couvescle ung lys esmaillé de blanc.
[2045] Item ung hanap d'argent blanc cizellé et une vignette autour et compas dorez pesant ung marc troys onces.
[2046] Item une petite nef de cristal goderonnée garnye d’argent, les ansces de deux serpens volans, pesans troys marcs cinq onces.
[2047] Item une aiguière et ung gobelet de cristal garniz d’argent dorez pesans cinq marcs troys onces.
[2048] Item ung hanap a pié d’argent goderonné et doré a ung esmail de France ou fons, pesant ung marc troys onces.
[2049] Item une couppe d'argent doré goderonnee a six pommeaulx neellez en la poignee, pesant deux marcs six onces et demye.
[f. 189v] [2050] Item une couppe petite d'argent doree, basse, la couppe et le pié goderonnez en tordant, pesant ung marc cinq onces et demye.
[2051] Item ung hanap d’argent doré a pié, cizellé a fleurs de lys et a rozectes enlevees, pesant ung marc sept onces et demie.
[2052] Item ung grant hanap a pié et a couvescle, et sur les pommeaulx a troys esmaulx et troys tours, et a le hanap troys haulx piez, pesant six marcs quatre onces.
[2053] Item deux petites escouses d’argent a deux manches de boys, l’une pesant ung marc une once et demye.
[2054] Item ung angelot d’argent tenant cristal a mectre relicques pesant ung marc quatre onces.
[2055] Item ung coffre couvert de cuivre ouvré a hommes sauvages enlevez.
[2056] Item une pomme d’argent a chauffer mains en yver, blanche a esmaulx d’Arragon, celle qui est demourée à Saint Germain, pesant deux marcs deux onces dix estellins.
[2057] Item une pallette d’yvire.
[2058] Item deux haulx myroers a deux piez d’yvire, l'un plus grant que l’autre.
[f. 190] [2059] Item ung petit coffre d’ybenus garny d’argent a mectre les plumes et l'ancre.
[2060] Item ung autre petit coffret tout d’argent pour ce faire, et ung canyvet a manche d'argent.
[2061] Item six pommes d’ambre sans nulle garnyson.
[2062] Item six petites fiolles de voirre plaines de fleurs de violettes.
[2063] Item une petite boiste d’yvire ronde, paincte par dessus et par dessoubz, ou sont les jeuz des tables et des eschetz.
[2064] Item ung tres petit tablier cloant en ung estuy de boys.
[2065] Item deux petiz barilz d'argent a mectre eaue roze, les fons esmaillez de France, pesant ung marc quatre onces et demye.
[2066] Item une cagecte a fauconnier d'argent doree pesant deux onces et demye.
[2067] Item une tres petite estamoye de cristal a ansce garnye d’argent doré pesant troys onces et demye.
[2068] Item troys petites pieces de courail garny d'argent.
[2069] Item une tres grant piece de courail sans garnyson.
[2070] Item unes tres petites patenostres de corail a signaiz de perles et petites coquilles d'or.
[f. 190v] [2071] Item ung petit encencier d’argent a cinq carres pesant VI onces.
[2072] Item ung grant astralabe de cuyvre et ung cadran ront.
[2073] Item deux patenostres, les unes d’ambre blanc a roses et les autres de geaist noir.
[2074] Item deux cueilliers de sarrazins, l’une blanche et l'autre noire.
[2075] Item deux cousteaulx en une gayne, les virolles et les bouterolles d'argent esmaillé de France, a deux manches d’yvire.
[2076] Item ung coustel a manche d'ambre, la virolle d’or esmaillé des armes monseigneur le Daulphin, a ung saphir au bout et les forcettes d’argent.
[2077] Item ung long baston a costes semé de fleurs de lys d'argent, a ung lyon dessus.
[2078] Item ung autre baston dont la pongnée est de tor noir dessus.
[2079] Item ung petit baston d‘yvire blanc ouvré a petiz arbreceaulx.
[2080] Item ung letrin d’ybenus.
[f. 190v] [2081] Item troys grans platz de voirre ouvrez et paintz, a quatre escuelles de mesmes.
[2082] Item ung cierge blanc benoist.
[2083] Item ungs petiz cizellez dorez et ung myroer.
[2084] Item ung grant pot de terre bien ouvré, et ung autre mendre.
[2085] Item ung grant plat de terre, douze grans escuelles et quatre petites, toutes d’une façon.
[2086] Item troys grans escuelles de guenne rouges avec une mendre, et deux petites qui s’entretiennent.
[2087] Item troys fibles de voirre plaines d’eaue roze.
[2088] Item tres belle Bible en françoys a deux fermoers d’argent esmaillez de France, a une chemise de soye à queue.
[2089] Item le Gouvernement des princes, en françoys, couvert de cuir blanc à queue.
[2090] Item ung Psaultier aux armes de France et de Castelle a deux fermoers d’argent, et une chemise blanche.
[2091] Item ung grant eschicquier garny d’argent doré, et sont les eschetz de jaspre et de cristail.
[f. 191v] [2092] Item deux hanapz d’argent cizellez, sans esmail, dorez ou fons a fueilles de chesne dorees, entrelassees a rondeaulx, pesans deux marcs deux onces et demye.
[2093] Item ungs petiz tableaulx d’or ou sont saint Jehan et saincte Katherine dedens, et dehors sont esmaillez et sont garniz de pierrerie pesans une once et demye.
[2094] Item ung Psaultier, de lettre ancienne, avec les Heures de Nostre Dame et de mors, couvert de veluiau violet a deux ferrnoers d’argent esmaillez, et sur chascun aiz a cinq clouz d'argent en façon de boillons dorez.
[2095] Item ung coffre d’ybenus fermant a clef ferré de laton doré.
[2096] Item ung petit tablier de cypraes bordé de corne, et sont les eschetz d’yvire.
[2097] Item une saliere de cristal que soustient ung serpent vollant d’argent doré, assise sur ung pié d’argent doré garny de perles et d'autre pierrerie, pesant deux marcs cinq onces et demye.
[2098] Item ung cor de boys et pendant de mesmes.
[2099] Item unes Cronicques de France a deux fermoers d'argent dorez, et ont une chemise de soye a queue.
[f. 192] [2100] Item ung livre appelle Cy nous dit, couvert de veluiau my party a deux fermoers de fer.
[2101] Item une Bible en latin de lettre boulonnoise que donna au Roy l’evesque de Beauvaiz, couverte de drap d’oultremer de couleur cendree a deux fermoers d'argent, aux armes dudit evesque.
[2102] Item ung ymage de Nostre Dame d’argent doré qui tient son enffant a une main et en l’autre ung reliquiaire de cristal, lequel ymage est assiz sur ung entablement d'argent a six carres de cristaulx par devant, et est garnye la couronne dudit ymage, le reliquiaire et la
chayere de menues perles, pesant sept marcs deux onces.
[2103] Item ungs tableaulx d’argent dorez par dehors a la Trinité et de l’Annonciacion, et est esmaillié par dedens, et saint Jehan qui escript devant luy, et es elles dudit tableau sont saincte Katherine et saincte Agnes, et sont lesd. tableaulx assiz sur ung hault pié cizellé pesant cinq marcs quatre onces et demye.
[2104] Item ung petit ymage d’argent doré de saint Jehan Baptiste assiz sur ung entablement d'argent doré pesant troys onces.
[2105] Item ung petit ymage d’yvire de Nostre Dame assiz en une chayere, et a une couronne ou il a troys perles, et est ledit ymage assiz sur une terrasse esmaillee, pesant une once quinze estellins.
[f. 192v] [2106] Item ung petit boutonnet de muglias, et y a une perle au bout.
[2107] Item ung calice d’argent véré, cizellé par dehors à demyz ymages et fueillages.
[2108] Item ung autre petit bouton pendant qui est d’un saphir, et sont les armes de Bourbon d’un costé et de l'autre une M.
[2109] Item unes pincettes d'argent blanc, toutes plaines, pesant ung marc once et demy.
[2110] Item uug chandelier a broche d’argent veré pesant sept onces et demye.
[2111] Item ung autre plus petit chandelier d’argent a broche et a deux oreilles pesant troys onces et demye.
[2112] Item une coquille de perles, qui a le pié d’un lys d’argent doré, avec le couvescle pesant deux marcs.
[2113] Item ung pot d’un grant camahieu tres noblement ouvré a bestes, a visaiges et a feuillages, et est le pié et le bort d’argent veré.
[2114] Item deux petits escrivetz de cuyvre, ouvré a ouvraige de Damas, plains de lin alenez et d’ambre.
[f. 193] [2115] Item ungs tableaulx paints de l’Annonciation et de la Gesine Nostre Dame, environnez des armes de Harecourt.
[2116] Item deux myroers d'assier, l’un grant qui est environné de cuivre et de brodeure par derriere, et l’autre assiz sur boys.
[2117] Item ung cor noir garny d’argent doré cizellé a lettres, et est la courroye garnie de perles a lys sur ung tissu de soye d’azur.
[2118] Item une brochette de porc espy garnie d’un peu d’or.
[2119] Item ung grant flacon de madre garny d’argent doré a une ansce torsse, et sont les bordeures de feuillages, et ou mylieu de la pansse ung esmail ront, pesant unze marcs et demy.
[2120] Item ung grant orloge de mer, de deux grans fiolles plains de sablon en ung grant estuy de boys garny d’archal.
[2121] Item une tres petite couppele d'argent doree dedens et dehors, esmaillee a marguerites.
[2122] Item ung petit chandelier d'argent véré a troys piez.
[2123] Item deux grans platz de voirre et six escuelles paintes.
[2124] Item neuf gobeletz de fust blanc en ung estuy de mesmes que donna l'Empereur.
[f. 193v] Item en la chappelle empres l’estude du Roy, fut trouvé en une husche ce qui s’ensuit
Et premierement
[2125] Ung calice d’argent doré tout plain ou il a en la patene ung Dieu qui monstre ses playes, esmaillé, et ou pié dudit calice a ung crucifix, pesant deux marcs troys onces et demye.
[2126] Item une paire de bacins d’argent verez tailliez sur les bors et, ou fons, une roze, et, ou mylieu, ung esmail de France, pesant six marcs deux onces et demye.
[2127] Item une portepaix d’argent doré, esmaillié a ung crncifix, pesant cinq onces et demy.
[2128] Item deux chandeliers d’argent véré, et ou pommeau six esmaulx rons de France, pesans quatre marcs dix estellins.
[2129] Item deux petites burettes d’argent verees, et ung esmail ront des armes de France sur le couvescle, pesans cinq onces et demye.
[2130] Item une boiste d’yvire a mectre pain a chanter garnve d’argent.
[f. 194] [2131] Item une chappelle cothidyane garnye de frontier, dossier, chasuble, aube paree, amit, estolle et fanon, et est de camocas sur champ bleu a euvres torses de plusieurs soyeries.
[2132] Item ung corporalier couvert de camocas.
En la grant chappelle basse
[2133] Premierement, ung calice d’argent doré ou il a en la patene ung Dieu qui monstre ses playes, esmaillé, et, ou pié dudit calice, a ung crucifix pesant deux marcs once et demye.
[2134] Item une paire de bacins d'argent verez, tailliez sur les bors, et ou fons a une roze, et ou mylieu ung esmail de France, pesant cinq marcs cinq onces.
[f. 194v] [2135] Item une portepaix d’argent doré esmaillé a ung crucifix, pesant six onces et demye.
[2136] Item deux chandeliers d’argent verez, et ou pommeau a six esmaulx de France, tous pesans cinq marcs deux onces.
[2137] Item deux petites burettes d'argent veré, a ung esmail ront des armes de France sur le couvescle, pesant six onces.
[2138] Item une boiste d’yvire a mectre pain a chanter garnye d’argent blanc.
[2139] Item une chappelle cothidiane telle comme celle de dessus et d’autant de pieces et de tel camocas.
[2140] Item ungs tableaux paints a demiz ymages, et a ou mylieu une Pitié.
[2141] Item ungs grans orgues et ungs petiz pour jouer.
[2142] Item deux paire de corporalier de drap d'or.
[…]
[f. 290] C’est le linge du Roy estant a Saint Germain en Laye en deux huches qui sont empres les chambres du Roy, l’une dessus, l’autre dessoubz, l’an mil CCC IIIIxx, le XIXe jour d’avril.
Et premierement
En la huche dessoubz, empres la chambre painte a roses
[3394] C’est assavoir quatre paire de draps de cinq lez.
[3395] Item quatre paire de draps de troys lez.
[3396] Item deux douzaines de coeuvrechefz.
[3397] Item d’autre part une paire de drap de cinq lez.
[3398] Item deux paire de draps de quatre lez.
[3399] Item une paire de trois lez.
[f. 290v] [3400] Item en icelle une douzaine de coeuvrechefz.
[3401] Item deux petites gorgieres a dormir brodees par dehors.
En l’autre huche de dessus empres la chambre painte à lyons estoient les choses qui s’ensuivent
[3402] Premierement, deux douzaines de petites touailles.
[3403] Item deux nappes d’un ouvrage.
[3404] Item deux autres douzaines de petites touailles.
[3405] Item deux autres douzaines de petites touailles.
[3406] Item troys nappes de lyees chacune de quatre aulnes.
[3407] Item quatre douzaines de petites touailles.
[f. 291] [3408] Item deux douzaines de petites touailles.
[3409] Item quatre nappes de lyees chacune de sept aulnes.
[3410] Item quatre nappes de lyees chacune de six aulnes de long.
[3411] Item dix nappes chacune de cinq aulnes de long.
[3412] Item une douzaine de coeuvrechefz de lyez.
[3413] Item une douzaine de coeuvrechefz de lyez. »

Mention d’un compte comprenant des travaux au château de Saint-Germain-en-Laye

« [p. 849] Compotus magistri Petri de Burgo Dolensi de operibus regalibus factis Parisius, Pissiaci, apud Sanctum Germanum in Laya, apud Vicennas, et alibi circa Parisius, a nona Septembris M° CCC° XX° usque ad decimam quartam [p. 850] Septembris M° CCC° XXI°, redditus sexta Maii M° CCC° XXII°. Debentur ei LIX l., etc. Tamen habuit cedulam testimonialem a pluribus personis pro ipso, XIIc LXXIII l. XII s. V d. par. Signantur ibi plura recuperanda super magistrum Nicolaum Le Loquetier, plures denario tradi pro sepultura regis Philippi Magni, et super magistrum Petrum de Valenciennes, X l. par., et super Guerran Le Chaufourier, X l. V s. de calce ad valorem dicte summe. Et plura aliqua alia signantur ibi corrigenda et recuperanda. »

Récit par le maître des cérémonies Nicolas Sainctot du baptême du Dauphin à Saint-Germain-en-Laye

« [f. 63] La ceremonie de la nomination de monseigneur le Dauphin
1668
Monseigneur le Dauphin ayant atteint l’aage de cinq ans et demy, le Roy voulut luy faire donner un nom. Le Pape souhaita d’estre le parrain, et la reine d’Angleterre la maraine.
Le Pape fit le choix du cardinal de Vandosme pour estre son legat dans cette occasion et la reine d’Angleterre pria la princesse de Conty de vouloir estre la maraine en son nom.
Le 23e de mars, veille de la cérémonie, le cardinal se rendit à Saint Germain.
Le Roy ne luy envoya point ses carrosses ny aucune personne de qualité le complimenter chez luy, parce que le Pape ne l’avoit pas envoyé expres, et qu’il estoit né sujet du Roy. [f. 63v] Monsieur n’alla point au devant de luy comme il avoit esté à la rencontre du cardinal Chigy, legat a latere d’Alexandre VIIe.
Ce mesme jour, sur les cinq heures du soir, le cardinal eut sa premiere audiance du Roy. Il y fut conduit par le comte d’Armagnac, prince de la maison de Lorraine, grand escuyer de France, par le sieur de Bonneuil, introducteur des ambassadeurs, et par le sieur Sainctot, maitre des ceremonies.
Le comte d’Armagnac l’alla prendre dans la salle de descente. Il luy donna dans la marche la main. Le sieur de Bonneuil marchoit immediatement devant le comte d’Armagnac. Le sieur Sainctot, apres avoir receu le cardinal au bas de l’escalier du château vieux, où les Cent Suisses estoient en haye et sous les armes sur les degrés, se plaça à droite vis à vis du sieur de Bonneuil. Le duc de Nouailles, capitaine des gardes du corps, le receut à la porte de la salle des gardes, où toute la compagnie estoit sous les armes et en haye, et se mit à main droite, un peu au dessus du cardinal, pour n’avoir point la droite sur le prince, et aussy pour rendre plus d’honneur au cardinal, la place luy estant plus [f. 64] honorable d’avoir la main sur un prince que s’il se fust trouvé entre deux personnes dont l’une estoit inferieure à l’autre.
Le cortege qui accompagnoit le cardinal estoit composé de son dataire, de son protonotaire, de son porte croix et d’autres officiers de la legation vetus de leurs mantelets.
Le porte croix s’arresta avec sa croix à la porte de l’antichambre du Roy.
Le Roy, voyant arriver le cardinal, sortit de son balustre et vint quatre ou cinq pas au devant de luy, rentra dans le balustre, s’assit sur un fauteuil, et en fit donner un au cardinal legat, qui se couvrit. Apres un quart d’heure de conversation, il se leva et le Roy le reconduisit au mesme endroit où il l’avoit esté recevoir.
On alla de là chez la Reine, qui le receut avec les mesmes honneurs que le Roy luy venoit de faire, avec cette difference neantmoins que la Reine luy donna audience hors du balustre, parce que les reines n’y recoivent jamais personne.
Ensuite, le cardinal legat, accompagné du comte d’Armagnac, de l’introducteur et du maitre des ceremonies, alla voir monseigneur le Dauphin.
Monseigneur vint au devant de luy dans son antichambre avec la marechalle duchesse de la Mothe, sa gouvernante. Il le conduisit dans sa chambre, affectant de le devancer d’un pas et le tenant par la main. L’un et l’autre ne s’assirent point, la visite dura peu. Apres quoy, monseigneur le Dauphin le reconduisit jusques au lieu où il l’avoit receu.
Le cardinal ne fut point visiter Monsieur, parce que Monsieur n’estoit pas venu au devant de luy arrivant à Saint Germain.
Le 24e, la ceremonie se fit dans la cour du château vieux. La cour a 37 toises de longueur sur sept de largeur. On prit ce lieu parce que la chapelle de Saint Germain est trop petite et que le chœur mesme de Nostre Dame n’eust pas esté assez spatieux pour contenir toutes les personnes qui [f. 65] avoient fonction en cette ceremonie.
A l’entrée de la cour, on avoit dressé à main droite, en un espace de 15 toises en longueur sur 18 en largeur, des eschafaux en amphiteatres qui s’elevoient jusques au premier estage.
Dans cette espace, il y avoit deux barrieres eloignées l’une de l’autre de quatre toises pour empescher qu’on approcha du pale ou plateforme où se devoit faire la ceremonie.
Le pale avoit 20 toises de long et seize de large. Il estoit dressé de trois pieds et demy. On y montoit par une espece d’eperon qui avoit dix toises de large, composé de sept marches. Il estoit fermé par deux costez de deux balustres, chacun de trois toises et demy.
A l’entrée du pale, on avoit dressé des deux costez deux magnifiques buffets où les honneurs du parain, de la maraine et de monseigneur le Dauphin devoient estre posez.
Ces buffets estoient couverts de brocard [f. 65v] d’argent. Les tables elevées sur quatre marches à pans coupez formoient trois paliers de chacun une toise de giron. Aux deux costez de ces tables, deux pieds destaux et, sur ces pieds destaux, il y avoit deux grands vases d’argent.
Derriere ces pieds destaux, on avoit mis de grandes consoles pour renfermer les buffets. Les buffetz estoient composez de quatre gradins où estoient un grand nombre d’argenterie de vermeil doré.
Au milieu du pale, environ à sept toises de l’entrée, il y avoit une elevation de quatre marches ottogones dont la premiere avoit trois pieds de giron et les deux autres formoient des paliers, chacun d’une toise et demy de giron.
Sur le dernier palier, on avoit posé une cuvette d’argent qui devoit servir de fonds pour la ceremonie. La cuvette avoit cinq pieds de long sur trois pieds et demy de large et quatre de haut. Elle estoit enrichie de plusieurs figures et estoit couverte d’un grand tapis de brocard d’argent avec une grande frange d’argent. [f. 66] Au dessus de la cuvette, on suspenit un dais ottogone de huit pieds de long sur 14 de large, elevé environ de trente pieds.
Ce dais de brocard d’argent, dont la pente estoit environ de quatre pieds de haut, y comprenant la campane, avoit deux pieds et demy, toute en broderie d’argent ornée de dauphins entrelassez de palmes et de fleurs de lys, et au bas de la campane pendoient plusieurs harpes ou glands d’environ un pied de haut en broderie d’argent.
La campane estoit attachée à une corniche dorée qui portoir quatre grands dauphins d’argent. Ces dauphins soutenoient une couronne d’or fermée de la grandeur de cinq pieds de long sur quatre de large, et de la queue des dauphins sortoient des lis. On avoit mis aux quatre coins du dais de grands bouquets de plumes blanches avec des aigrettes au milieu.
Ce dais sembloit estre soutenu par la figure d’un ange qui estoit en l’air, tenant d’une main les cordons où pendoit le dais, [f. 66v] et de l’autre une epée flamboyante comme pour defendre la couronne et les dauphins qui estoient sur ce dais.
A quatre roises des marches où la cuvette des fonds estoit posée, on avoit elevé un grand autel de 13 toises de face sur 8 toises de haut, enrichy d’or et d’azur.
Aux deux costez de cet autel, on avoit dressé deux tribunes d’environ trois toises de large et elevées d’une toise, pour la musique de la chambre et de la chapelle.
Ces tribunes estoient environnées d’un balustre doré avec des pieds destaux dans les angles.
Ces pieds destaux portoient de grands vases d’argent environ de cinq pieds d’où sortoient plusieurs chandeliers de mesme metail.
Ces tribunes estoient attachées à quatre pieds destaux avec des pilastres corinthiens d’environ 18 pieds de haut et ces pilastres soutenoient une corniche et une balustrade fort enrichie d’ornemens corinthiens.
[f. 67] On montoit à l’autel par sept marches à sept toises de face. Ces marches conduisoient à un palier d’une toise et demye de giron joignant le marchepied de l’autel.
L’autel estoit enfermé de quatre colomnes de la mesme hauteur que les pilastres et du mesme ordre.
Ces colomnes avoient leurs contrepilastres et le tout estoit porté par des pieds destaux elevez au dessus de la table de l’autel.
Entre ces colomnes estoit une ouverture dont l’extremité formoit un portique, sous lequel estoient des gradins où l’on posa l’argenterie.
Il y avoit aussy six autres ouvertures environnées de pilastres aux costez de l’autel, et ces ouvertures estoient fermées de tapisseries en broderie d’or et d’argent sur lesquelles estoient attachées des plaques d’argent d’environ cinq pieds de haut.
Toutes ces ouvertures estoient garnies [f. 67v] de gradins tous couvers de bassins et de vases d’argent, d’un grand nombre de chandeliers, de plaques et de quatre gueridons d’environ six pieds et demy de haut, le tout eclairé d’une infinité de cierges et de bougies.
Tout le lieu où se fit la ceremonie etoit environné de bancs des deux costez, derriere lesquels il y avoit une manière d’amphiteatre qui montoit jusques aux fenestres du premier estage, auxquelles on avoit fait des balcons couverts de tapis de Perse à fonds d’or et de diverses etoffes fort riches.
Les appuis de toutes les croisées jusques au dernier estage du château estoient ornées de riches tapis de Perse, les tremeaux et les murs estoient tapissez et l’espace de la cour estoit couverte par en haut d’une grande toile en manière de baldaquin semée de fleurs de luys à fond bleu et bordée d’une grande campane ornée de fleurs de lys et de dauphins d’or.
Le chancelier, revetu de son habit de drap d’or, ayant sa soutanne de drap d’or, son chapeau de velours noir bordé d’un galon d’or, le cordon d’or, se rendit à une heure au palc [f. 68] accompagné des conseillers d’Estat et des maitres des requestes vetus de robes de velours noir plein et de soutanes de satin noir avec des ceintures dorées, le cordon de leur chapeau d’or. Il prit sa seance du costé de l’epitre, comme aux jours des Te Deum à Nostre Dame, et s’assit dans son fauteuil à bras sans dossier.
Par ordre du Roy, tous les conseillers d’Estat se placerent les premiers proche de luy dans les places les plus honorables. Quelques maitres des requestes receus avant quelques uns des conseillers d’Estat avoient pretendu estre placez selon leur rang de reception mais le dernier reglement du Roy fit qu’ils se mirent apres eux. Ce reglement portoit que tous ceux qui avoient entrée dans le Conseil ne prendroient leur seance que du jour qu’ils y entroient en qualité de conseillers d’Estat.
Le Roy avoit raison d’honorer d’une preeminence les conseillers d’Estat puisqu’en sa presence ils sont assis en son Conseil, dans le temps que les maitres des requestes parlent debout et deouverts devant la chaise du Roy. [f. 68v] Les evesques vinrent en camail et en rochet. Le sieur Dupin les plaça à main droite proche l’autel du costé de l’epistre.
Il plaça aussy les ambassadeurs vis à vis des evesques.
Monsieur de la Vrilliere, secretaire d’Estat, et le comte de Berny, receu en survivance de la charge de secretaire d’Estat du sieur de Lyonne, son père, prirent leurs seances au dessous des ambassadeurs, vis à vis des conseillers d’Estat.
Les sieurs Le Tellier, de Lyonne, du Plessis de Guenegaud, secretaires d’Estat, ne s’y trouverent pas, parce qu’ayant conservé le cordon bleu apres en avoir vendu les charges, ils croyoient ne pouvoir paroitre avec bienseance devant un corps dont ils avoient esté les officiers. Neantmoins, bien que cette raison fut commune avec le sieur de la Vrilliere, il ne laissa pas d’assister à la ceremonie en rang de seance.
Pendant que l’ayde des ceremonies donnoit les seances à chacun, le sieur Sainctot estoit au château neuf, en la chambre de parade, où [f. 69] monseigneur le Dauphin n’estoit venu se coucher que pour donner lieu à faire la ceremonie, ayant passé la nuit au vieux château.
On fut obligé, ne voulant pas deloger Monsieur et Madame, de prendre une partue de la galerie qui va au boulingrin, dont on prit une juste proportion pour la longueur d’une chambre.
Une cloison d’ais separoit cette galerie. On dressa au fond de cette chambre une estrade de deux degrez de hauteur sur laquelle on posa le lit de monseigneur le Dauphin.
Ce lit estoit sans piliers et avoit pour ciel un dais de brocard d’argent à queue venant joindre le chevet du lit.
On coucha monseigneur le Dauphin à droit, du costé des fenestres de la belle veue. Il estoit tout vestu, de crainte qu’il n’eut froid dans un lieu où il n’y avoit point de cheminée. La couverture du lit estoit de toile d’argent bordée d’un pied et demy d’hermine, les draps [f. 69v] estoient de toile d’Hollande avec des grands points de France, et sur le bord du lit, on avoit estendy le manteau qui devoit servir à Monseigneur dans cette chambre. On y dressa deux tables, sur l’une desquelles, à droite, on mit les pieces d’honneur du parain et de la maraine, le bassin, l’aiguiere et la serviete, et sur l’autre on y mit les pieces d’honneur de l’enfant, le cierge, le cremeau, la saliere.
Au dessus de ces tables, on suspendit deux dais de velours cramoisy. Un de ses dais devoit estre de brocard d’argent aux armes de monseigneur le Dauphin, mais le peu de temps qu’on eut depuis la resolution du Roy pour le baptesme fit qu’on se servit de ces deux dais de mesme parure.
Il est bon de remarquer que, lorsque le parain et la maraine sont plus grands en dignité que l’enfant, leurs pieces d’honneur sont posées sur la table la plus parée et sont portées les premieres par de plus grands princes, et qu’au contraire si l’enfant est plus elevé en dignité que le parain et la maraine, ses pieces d’honneur sont portées les premieres.
[f. 70] Tout estant prest, le sieur Sainctot alla avertir les cinq princesses du sang destinées à servir monseigneur le Dauphin de se rendre dans son appartement.
Elles estoient dans une salle de descente en attendant l’heure de la ceremonie.
Elles vinrent en la chambre de Monseigneur, où le Roy et la Reyne s’estoient rendus pour voir la ceremonie du lit. Mademoiselle, fille de Monsieur, s’approcha du lit et se plaça à main droite. Mademoiselle d’Orleans, à main droite aussy, proche le chevet du lit, à cause de la fonction qu’elle devoit faire avant que Mademoiselle pust faire la sienne.
Madame de Guise se plaça à gauche. Madame la princesse de Condé et madame la duchesse d’Enguien se placerent aux pieds du lit.
Ces princesses ayant pris leurs places, mademoiselle d’Orleans et madame de Guise leverent la couverture du lit et [f. 70v] decouvrirent Monseigneur, qui estoit couché tout habillé entre deux draps. Alors Mademoiselle s’avança et leva Monseigneur de son lit.
Pendant que la gouvernante habilloit Monseigneur et luy mettoit son manteau, le sieur Sainctot alla avertir les princes du sang de venir en la chambre de Monseigneur.
Ils estoient dans la salle de descente où les princesses avoient esté se reposer.
Les princes estans arrivez dans la chambre de Monseigneur, madame la Duchesse s’approcha de la table pour recevoir du sieur de Launay, intendant et controlleur general de l’Argenterie, les pieces d’honneur du parain et de la mareine. La serviete luy fut donnée envelopée d’une tavayole de toile d’argent qu’elle remit aussitost entre les mains de monsieur le Prince. Elle donna ensuite à monsieur le Duc le bassin et l’aiguiere avec une tavayole pour les tenir.
Apres cette fonction, madame la Duchesse alla à la table où estoient posées [f. 71] les pieces d’honneur de monseigneur le Dauphin. Elle les receut de la mesme main du sieur de Launay. Elle donna le cremeau et la saliere au prince de Conty avec une tavayole, et le cierge au comte de Clermont, frere du prince de Conty.
Six princes devoient porter ces six pieces d’honneur, mais on fut obligé de les doubler affin d’eviter de se servir des princes etrangers, que les princes du sang auroient fait difficulté d’admettre avec eux, outre qu’il s’estoit mu entre eux une contestation à qui serviroit.
Le comte de Soissons, de la maison de Savoye, se plaignoit de ce qu’estant seul de sa maison, on se servoit toujours des princes de la maison de Lorraine, et qu’à la fin la longue possession de servir aux jours de ceremonie seroit un titre à cette maison pour se persuader d’avoir le pas sur la sienne.
Cette ceremonie finie de la distribution des pieces d’honneur, le sieur Sainctot alla prendre Monsieur dans son appartement et le conduisit dans la chambre de Monseigneur.
[f. 71v] De là, il alla avertir madame la Princesse de Conty, deleguée par la reine mere d’Angleterre, maraine, de se rendre à la ceremonie.
Elle estoit dans un appartement de celuy du cardinal legat. Quoiqu’elle eut pu estre dans la mesme chambre avec luy, il n’y avoit point de contestation entre eux pour le pas et pour la main, ce qui n’avoit pas paru sans difficulté entre la reine mere d’Angleterre et le cardinal legat, car la chose ne fut changée que la surveille de la ceremonie. La reine d’Angleterre allegua qu’elle venoit elle mesme en personne à la ceremonie et que le pape n’estoit là present que par son legat, qu’on devoit faire une grande difference entre la chose mesme ou une chose representée, et que si la representation avoit lieu, il falloit de necessité que les rois donnassent toujours le pas et la main chez eux, et aux legats et aux ambassadeurs de testes couronnées.
Ces raisons firent croire que l’honneur d’imposer le nom à monseigneur le [f. 72] Dauphin luy devoit appartenir, mais la consideration que le Roy eut pour le pape fit que la reine d’Angleterre se dispensa de s’y trouver.
La princesse de Conty arrivant dans l’appartement de Monseigneur, Monseigneur fit quelques pas pour aller au devant d’elle.
Le Roy avoit nommé quelques evesques par lettres de chachet pour aller visiter en mantelet le cardinal legat. Ces evesques estans assemblez chez le comte du Lude avec leurs confreres qui estoient venus simplement pour se trouver à la ceremonie du palc, leurs demanderent advis de ce qu’ils avoient à faire, pretendant que les droits les plus essentiels de l’episcopat estoient violez en cette occasion.
La chose examinée, les evesques resolurent, apres avoir fait lire les lettres de cachet escrites aux evesques nommez, que les archevesques de Sens et de Bourges iroient sur l’heure mesme trouver le Roy pour le supplier tres humblement de trouver bon [f. 72v] qu’aucun evesque ne visitast le cardinal legat en cet habit.
Le Roy leur avoit marqué par sa lettre qu’il ne souhaitoit pas qu’ils en usassent autrement que leurs predecesseurs en avoient usé au baptesme du feu roy. Les registres conservez dans la biblioteque royalle faisoient foy que le cardinal de Joyeuse, nommé du Pape pour parain, n’avoit point esté visité par aucun evesque ny mesme accompagné d’aucun, mais que les evesques l’avoient attendu dans la chapelle avec les cardinaux.
Les archevesques furent priez encore de luy representer que les exemples de ce qui s’estoit fait aux entrées des cardinaux Barberins et Chisy, legats, ne pouvoient tirer à consequence, parce que les evesques qui avoient paru avec le mantelet et le chapeau l’avoient pris comme un habit de cheval qu’ils avoient quitté mettant pied à terre, et s’ils portoient le mantelet dans cette visite, c’estoit approuver la pretention de la [f. 73] cour de Rome sur les evesques que toute jurisdiction doit cesser en presence des legats du Pape, ce qui estoit entierement opposé aux libertez de l’eglise gallicane.
Ces deux archevesques allerent trouver le Roy au chateau neuf, dans la chambre de monseigneur le Dauphin, où l’archevesque de Sens, portant la parole, luy representa les raisons qu’on vient de dire. Le Roy leur dit qu’il ne souffriroit pas qu’ils receussent aucune diminution durant son regne, et qu’il n’avoit point dessein d’obliger les evesques à faire des choses qui marquassent que leur jurisdiction cessast en presence des legats du Pape, mais il leur temoigna que, la ceremonie devant commencer sur l’heure mesme, il estoit difficile de changer ses ordres, que les prelats nommez pourroient rendre une visite particuliere au cardinal legat en mantelet sans paroitre en public en cet habit et que cette visite estant un compliment de particuliers seulement ne pourroit estre prise pour une chose faite au nom et par le clergé de France.
[f. 73v] L’archevesque de Sens supplia le Roy de trouver bon qu’il parust sur le registre du sieur Sainctot que la visite ne s’estoit faite qu’à cause de l’embarras present, sans qu’elle pust tirer à consequence à l’advenir, ce que le Roy luy accorda.
Ces evesques nommez vinrent en mantelet faire leur visite au cardinal, logé au château vieux, d’où il partit incontinent apres l’avoir receu pour se rendre au château neuf où, estant adverty par le sieur Sainctot qu’il estoit temps de venir chez monseigneur le Dauphin, il y vint accompagné de son cortege.
Monseigneur le receut comme il venoit de recevoir la princesse de Conty. Tout estant en estat,
La marche se fit en cet ordre :
Les archers du grand prevost, tous tenans un flambeau de cire blanche à la main, leurs officiers à la teste sans flambeau
La compagnie des Cent Suisses de la garde du Roy ayans tous un flambeau de [f. 74] cire blanche à la main, leurs officiers à la teste
Les tambours et les trompettes de la chambre
Les gentilshommes servans, tous vetus de noir et en manteau, ayant un cierge à la main
Les gentilshommes ordinaires, tous vetus de noir et en mateaux, ayans un cierge à la main
Six heros ayans leurs caducées à la main, vetus de leurs cottes d’armes
Le roy d’armes
L’huissier de l’Ordre, vetu de son habit de l’Ordre
Les heros d’armes de l’Ordre, vetu de mesme
Le tresorier, seul, vetu de son habit de l’Ordre, le prevost, le greffier et le chancelier ne s’estans point trouvez à la ceremonie
Les chevaliers du Saint Esprit, vetus de leurs habits à chausses retroussées à bas d’attache avec leurs manteaux de l’Ordre, où leur collier de l’Ordre estoit attaché, tenans tous un cierge à la main
Aux dernieres ceremonies des baptesmes des dauphins de France, les chevaliers n’avoient [f. 74v] point paru en cet habit de ceremonie, mais dans des occasions comme celle cy, on doit toujours chercher ce qui est plus convenable et ce qui va plus à la grandeur et à la pompe d’une ceremonie.
Le roy voulut bien souffrir, parce qu’on n’avoit point plancheyé le chemin d’une toise et demy ou environ de largeur comme on le devoit faire pour la commodité de la marche depuis le château neuf jusques au château vieux, que le tresorier de l’Ordre et les chevaliers du Saint Esprit eussent des gens de livrées pour porter la queue de leurs manteaux, les princes de sang et Monsieur eussent des gentilshommes, car dans les ceremonies des chevaliers du Saint Esprit, les Enfans de France ne sont pas mesme en cette possession d’avoir des porte queues.
Dans cette marche, les chevaliers ducs et pairs allerent les premiers, selon le rang de la creation de leur duché, c’est-à-dire plus prez de la personne de monseigneur le Dauphin, quoiqu’inferieurs en reception de chevaliers.
[f. 75] Apres les chevaliers, le comte de Clermont marchoit avec sa gouvernante. Il portoit le cierge et estoit vetu d’une robe de couleur, à cause de son bas aage.
Le prince de Conty suivoit, vetu de noir et en manteau, portant le cremeau et la saliere.
Le duc d’Enguien, vetu de son habit de l’Ordre, ayant le collier dessus son grand manteau, portoit le bassin et l’aiguiere. La queue de son manteau estoit portée par le sieur Briole.
Le prince de Condé portoit la serviette. Il estoit vetu de son habit de l’Ordre, ayant le collier dessus son grand manteau dont la queue estoit portée par le sieur de Saint Marc.
Les sieurs de Coaslin, de Noailles, de la Ferté, de Roquelaure, de la Vieville, de Grancey, de Clerambault, de Crequy, de Gesvres, de Belfond, d’Humieres, de Gordes, de Richelieu, de Tonnerre, de Matignon, d’Estrees, de Polignac, les trois enfans d’honneur de Monseigneur, Vitry, l’abbé d’Estrées et Bellemarre marchoient sans rang entre eux immediatement devant Monseigneur.
[f. 75v] Ces jeunes enfans, aagez de huit à dix ans, au nombre de vingt, estoient vetus tous d’une mesme parure. Ils avoient des habits de toile d’argent à chausses retroussées coupéespar des bandes garnies de dentelles d’or et d’argent avec un agreement au milieu des bandes d’or et d’argent et incarnat. Le pourpoint estoit de toile d’argent tout couvert de dentelles, les manches coupés par bandes, le capot, de toile d’argent chamarré d’une dentelle d’or et d’argent et melé d’incarnat, estoit doublé de toile d’argent et incarnat. Ils avoient une toque de velours noir avec des plumes incarnates et blanches.
Ensuite venoit monseigneur le Dauphin, vetu d’un habit de brocard d’argent à chausses retroussées, coupées par bandes garnies de dentelles d’argent.
Son manteau estoit de brocard d’argent couvert de dentelle d’argent doublé d’hermine. La queue du manteau de huit aunes de long estoit portée par le duc de Mercoeur, vetu de noir et en manteau. Monseigneur avoir aussy une toque de brocard d’argent [f. 76] avec des plumes blanches.
Monsieur, vetu de son habit de l’Ordre, ayant un collier dessus son grand manteau, dont la queue estoit portée par le comte du Plessis, son premier gentilhomme de la chambre, conduisoit Monseigneur, luy tenant la main gauche.
A droit et à gauche de Monseigneur marchoient le chevalier de la Hilliere, lieutenant des gardes du corps, et le sieur de la Serre, enseigne des gardes, tous deux commis à sa garde.
Monsieur n’avoir derriere luy que le sieur de Rocheplate, son lieutenant des gardes, parce que le comte de Clerc, capitaine de ses gardes, marchoit en rang de chevalier.
A costé droit de Monseigneur, un pas en arriere, estoit le duc de Crequy, premier gentilhomme de la chambre du Roy, choisy pour porter Monseigneur en cas de besoin pendant la marche. [f. 76v] Il estoit vetu de noir et en manteaux à cause de sa fonction, quoiqu’il fust chevalier de l’Ordre.
La marechalle duchesse de la Motte, gouvernante des Enfans de France, estoit derriere Monseigneur, le plus prez que faire se pouvoit. Elle avoit pour escuyer le sieur de Servac, son neveu. La queue de la robbe de la marechale estoit portée par un valet de livrée par la raison que l’on vient de dire de l’incommodité de la marche.
Le comte d’Agein, fils ainé du duc de Noailles, receu en survivance de capitaine des gardes du corps, faisant la charge de capitaine, marchoit derriere la marechale.
Venoit ensuite le cardinal legat et parain, en bonnet quarré. Il estoit vetu de sa casaque, dont la queue estoit portée par le comte de Saint Aignan, à la priere du cardinal et non par ordre du Roy. L’usage des princes cardinaux est de se faire toujours porter la queue par leur capitaine des gardes et non par un maitre de chambre comme les autres cardinaux font ordinairement. Cependant, [f. 77] le cardinal legat sceut employer une personne de la premiere qualité, qui apparemment voulut bien faire cette fonction pour faire honneur à son parent.
Le legat avoit à main droite son cortege, composé des officiers employez à la legation et de son porte croix.
A main gauche du legat, estoit la princesse de Conty, marreine, ayant pour escuyer le comte d’Arsy.
Elle estoit vetue de noir, comme veuve, ayant une mante dont la queue trainante de quatre aunes estoit portée par la marquise de Gamache, sa dame d’honneur. Si la reine fust venue en personne, le cardinal legat auroit marché immediatement devant Monseigneur et la reine apres Monseigneur : c’estoit un accomodement qu’on avoit trouvé.
La princesse de Conty pouvoit avoir l’bhonneur d’avoir la queue de sa mante portée par sa dame d’honneur, quoique les autres princesses du sang n’eussent que des gentilshommes, parce qu’elle representoit la [f. 77v] reine d’Angleterre, à l’exemple des princesses du sang que la Reine envoye jetter de l’eau benite sur le corps d’une princesse du sang morte : c’est toujours la dame d’honneur de la Reine qui porte la queue de la robe de la princesse.
Derriere le parain et la marreine marchoit Mademoiselle, menée par le chevalier de La Rochefoucault.
Elle estoit, à cause de son bas aage, vetue de couleur, sa robe couverte de dentelle d’or et d’argent dont la queue trainante de quatre aunes etoit portée par le chevalier du Plessis Praslin.
On mit en question quelle place estoit la plus honorable, de porter la queue ou de donner la main. Si on y eust bien songé, il n’y auroit pas eu de differends advis sur cela : la charge de porte queue chez la Reine est une des moindres charges de sa maison. Il est vray que les princesses du sang porterent la queue du manteau royal au mariage de la Reine, mais c’estoit un manteau royal et Monsieur donnoit la main à la Reine. Cet exemple, que le sieur [f. 78] Sainctot allegua, fit naitre aux princesses la pensée de demander des dames pour porter la queue de leurs robes. Elles disoient que, pusqu’elles portoient la queue du manteau de la Reine, elles devoient donc avoir des femmes de qualité plutost que des hommes. Mais il leur dit que la Reine avoit sa dame d’honneur qui luy portoit la queue de sa robe aux ceremonies ordinaires, et qu’il falloit de necessité une distinction entre la Reine et elles.
Derriere Mademoiselle estoit madame de Saint Chaumont, sa gouvernante, qui n’avoit ny escuyer ny porte queue.
Mademoiselle d’Orleans, menée par son premier escuyer. La queue de sa robe, trainante de quatre aunes, estoit portée par le chevalier d’Humieres.
Madame de Guise avoit pour escuyer le comte de Sainte Mesme, chevalier d’honneur et premier escuyer de madame douairiere d’Orleans, sa mere. La queue de sa robe, trainante de quatre aunes, estoit portée par le sieur de Saint Remy, premier escuyer de la mesme princesse [f. 78v] douairiere.
La princesse de Condé, menée par le comte de Lussan, premier escuyer du prince de Condé. La queue de sa robe, trainante de quatre aunes, estoit portée par le sieur Desroches, capitaine des gardes de ce prince.
La duchesse d’Enguien, que le comte de Moreuil Comeny, premier escuyer du duc d’Enguien menoit. La queue de sa robe, trainante de quatre aunes, estoit portée par le baron de Rivieres.
Les evesques commandeurs, vestus de violet, se mirent dans la marche derriere les princesses du sang. Ils avoient voulu suivre immediatement apres les chevaliers du Saint Esprit, mais les chevaliers s’y opposerent, ne voulant point estre separez des princes du sang. Comme les evesques commandeurs virent qu’ils ne pouvoient reussir pour estre apres eux, ils demanderent au moins qu’ils pussent estre immediatement derriere Monseigneur, puisqu’aux processions et aux marches que l’Ordre fait, ils marchent apres la personne du Roy. [f. 79] Les princesses du sang s’opposerent à cette nouvelle pretention, par la raison que le sang n’est jamais separé.
Le Roy, apres avoir separement ouy les uns et les autres, il ordonna que les evesques commandeurs marcheroient apres les princesses du sang.
Enfin, les dames d’honneur des princesses, accompagnées des filles d’honneur, suivirent.
La marche fut fermée par soixante gardes du corps qui tous tenoient des flambeaux de cire blanche à la main.
Les archers du grand prevost, arrivant à la porte du vieux château, s’y arresterent parce qu’ils n’entrent jamais dans l’eglise et la cour du vieux chasteau en servoit.
Les Cent Suisses entrerent dans la cour et se placerent en haye jusques au bas des degrez du palc.
Les tambours et trompettes à gauche [f. 79v] en entrant au palc, dans un espace vuide pour eux.
Les gentilshommes servans et les gentilshommes ordinaires se mirent à main droite sur un banc.
Les heros et roy d’armes demeurerent debout sur le palc, proche des tables, dans un espace vuide preparé à droit pour eux.
L’huissier et ce heros d’armes de l’Ordre, en entrant sur le palc, firent ensemble leurs reverences, une à l’autel, une au Roy, une à la Reine, et s’allerent mettre debout pres de leur forme en attendant que les chevaliers eussent pris leurs places.
Le tresorier de l’Ordre fit sa reverence à l’autel, au Roy et à la Reine, quoiqu’ils n’eussent point pris de seance, estant en un balcon pour voir la ceremonie.
Les chevaliers du Saint Esprits firent, entrant sur le palc, deux à deux, leurs reverences puis, se separant, les uns se mirent à droit à leur seance sur un banc posé au dessous du Conseil, et les autre se mirent à gauche au dessous du banc des secretaires d’Estat. [f. 80] Si la ceremonie se fut passée en une eglise, les chevaliers eussent esté aux hautes chaires du chœur et le Conseil sa seance ordinaire.
Le comte de Clermont, portant le cierge, salua l’autel, le Roy et la Reine.
Le prince de Conty, arrivant au palc, alla poser le cremeau et la saliere sur la table des pieces d’honneur de monseigneur le Dauphin qui estoit placée à gauche, vint ensuite faire ses reverences et sa plaça à gauche.
Monsieur le Duc alla poser le bassin et l’aiguiere sur la table placée à main droite pour servir aux honneurs du parain et de la maraine, vint faire ensuite ses reverences et sa plaça à gauche. Le prince de Condé, apres avoir posé la serviete sur la mesme table, vint faire les reverences et se plaça à gauche, laissant la main droite aux princesses.
Les enfans d’honneur se mirent autour des fonds, sur la premiere marche. Monseigneur le Dauphin accompagné de Monsieur firent conjointement la reverence à l’autel, une au Roy, une à la Reine, sans que Monsieur [f. 80v] quittast la main de Monseigneur.
Ensuite, le cardinal legat et la princesse de Conty firent ensemble les reverences que Monsieur venoit de faire.
Les princesses du sang firent les reverences les unes apres les autres.
Les evesques commandeurs firent leurs reverences deux à deux et s’allerent placer avec les evesques qui avoient leurs seances proche l’autel.
Ce qu’estant fait, on apporta un carreau de brocard d’argent à monseigneur le Dauphin pour s’agenouiller, qu’on posa au pied de la premiere marche où les fonds estoient.
Monsieur se mit à main gauche, un peu à costé de Monseigneur. On luy donna un carreau qui fut placé vis-à-vis le milieu du carreau de Monseigneur.
Ensite, le cardinal legat et la princesse de Conty se mirent immediatement derriere Monseigneur, ayant des carreaux devant eux.
[f. 81] Derriere le legat, vers l’entrée du palc, les princesses selon leur rang, ayant toutes des carreaux à leurs pieds.
Derriere la princesse de Conty, mareine, les princes du sang selon leur rang, ayant des carreaux.
Le duc de Mercoeur fut placé à cosé des princesses et, vis-à-vis de luy, le duc de crequy et la marechalle de la Motte, un peu eloignée de Monseigneur. On leur donna aussy des carreaux à cause du titre de duc et de duchesse.
Les dames d’honneur s’arresterent à l’entrée du palc, à droit avec les filles d’honneur.
Mais affin de faire mieux entendre toutes les seances, on a trouvé plus à propos d’en dresser le plan.
[f. 81v : vide]
[f. 82] Dans le temps que la musique de la Chapelle commença le Veni Creator, monseigneur le Dauphin, Monsieur, tous les princes et toutes les princesses se mirent à genoux. Estant à moitié dit, le sieur Sainctot alla à l’autel avertir le cardinal Antoine, grand aumonier de France, qui s’estoit rendu avant l’arrivée de Monseigneur, d’approcher des fonds. Il estoit assis sur un siege qu’on nomme en Italie talsistorio, à quatre piliers elevés et sans aucun dossier.
L’evesque d’Orleans, premier aumonier, en chape et en mitre, tous les aumoniers du Roy, en camail, et six evesques, en chapes et en mitres, l’accompagnerent.
L’evesque d’Orleans et les aumoniers eurent la main droite sur les evesques en allant au palc, mais estants tous arrivé à l’autel, les aumoniers ne purent conserver leur advantage car, le cardinal s’estant assis le dos tourné à l’autel, les evesques se trouverent à le droite du cardinal et s’y trouverent aussy lorsqu’ils l’accompagnerent allant aux fonds.
[f. 82v] Les evesques, comme assistans, n’eurent point de sieges parce qu’ils ne faisoient aucune fonction.
Le cardinal, estant adverty, vint par delà les fonds comme s’il eust receu un catecumene. Son siege y fut placé, quoiqu’il ne deust faire aucune fonction assis.
Alors Monsieur, les princesses et les princes couronnerent Monseigneur et s’en approcherent.
Le cardinal demanda à monseigneur le Dauphin ce qu’il vouloit, Monseigneur luy dit : le baptesme. Apres quoy ce cardinal demanda au cardinal legat, parain, et à la mareine le nom, et le parain donna celuy de Louis.
Pendant ce temps là, la duchesse d’Enguien alla à la table des honneurs de Monseigneur et donna au prince de Conty, qui la suivoit, le sel et le cremeau pour les porter aux fonds. Elle avoit receu ces pieces d’honneur du sieur Duché, intendant et controlleur général de l’Argenterie.
[f. 83] La musique de la Chambre chanta un cantique mis en musique par le sieur Leully, intendant de la musique de la Chambre, dont voicy les paroles :
Canticum
In baptismo Delphini
Plaude Laetare Gallia
Rore coelesti rigantur Lilia
Plaude Laetare Gallia


Sacro Delphinus
Fonte Lavatur
Et Christianus
Christo dicatur


O Jesu vita credentium
Exaudi vota precantium
Vivat, Regnet Princeps fidelis
Semper justus


[f. 83v] Semper victor Semper Augustus
Vivat regnet triumphet in coelis
Et AEterna
Luceat corona
Version des paroles du cantique pour le baptesme :
France, redoublés vos plaisirs
Le ciel répond à vos desirs
Et de vos jeunes lis la fleur est arrosée
D’une sainte rosée
France, redoublés vos plaisirs


Le Dauphin est lavé dans une onde sacrée
La race tres chrestienne à Christ est consacrée


O grand Dieu, l’espoir des croyans
Que votre pieté nous entende
Et de ces peuples supplians
Exaucez la juste demande
Qu’il vive, qu’il regne à son tour
Toujours vainqueur, toujours auguste
Toujurs fidele et juste


[f. 84] Qu’il vive, qu’il regne à son tour
Qu’il triomphe au ciel quelque jour
Et qu’à jamais sa teste s’environne
D’une immortelle et brillante couronne
La ceremonie du baptesme finie, le cardinal grand aumonier retourna à l’autel assisté de tout le clergé, des evesques et des aumoniers du Roy.
Les heros d’armes crierent à haute voix par trois fois : Vive monseigneur le Dauphin nommé Louis.
Les tambours et les trompettes se mirent à jouer cent fanfares.
Les heros jetterent des medailles où, d’un costé, le portrait de monseigneur le Dauphin estoit, et, de l’autre, une devise au sujet du baptesme.
La duchesse d’Enguien vint à la table des honneurs du parain et de la maraine, suivie du prince de Condé et du duc d’Enguien, [f. 84v] à qui elle donna l’aiguiere et le bassin, et au prince de Condé la serviete.
Le duc d’Enguien donna à laver au parain et à la maraine, qui estoient demeurez aux fonds, et le prince de Condé leur donna la serviete. Apres quoy les princes retournerent poser sur la mesme table ces pieces d’honneur, les remettans entre les mains de la duchesse d’Enguien.
La ceremonie finie, on s’en retourna au château neuf, dans l’appartement de monseigneur le Dauphin, dans le mesme ordre qu’on estoit venu.
Les chevaliers du Saint Esprit ne firent aucune reverence, parce que tout le monde avoit occupé le lieu où d’abord en arrivant ils l’avoient faite, mais depuis les fonds tirant vers l’autel, il y eut un espace vuide qui donna lieu aux princes et princesses de faire leurs salutations.
Le comte de Clermont salua l’autel, le Roy et la Reine, ensuite le prince de Conty, le duc d’Enguien et le prince de Condé firent les memes saluts.
[f. 85] Monseigneur le Dauphin et Monsieur firent ensemble leurs reverences, et les princesses selon leur rang.
Les evesques commandeurs suivirent la marche et reconduisirent Monseigneur.
Ce mesme soir, le Roy donna à souper au cardinal legat et à la princesse de Conty. La table estoit en equaire, le Roy estant assis au milieu de la table, la Reine à sa gauche, sous un dais spatieux.
Le cardinal legat à main droite à deux places de distance du Roy, et la princesse de Conty à main gauche à deux places de distance de la Reine. Le cardinal eut un fauteuil comme legat et la princesse de Conty un siege ployant.
Sur le retour de la mesme table, qui faisoit l’equaire, les princesses qui avoient servy à la ceremonie y mangerent, au nombre de quatre seulement parce que Mademoiselle estoit trop jeune pour souper si tard.
Le Roy et la Reine furent servis par [f. 85v] leurs grands officiers.
Le comte de Cossé servit de grand pannetier.
Le marquis de Crenan de grand eschanson.
Et le marquis de Charost, en l’absence du marquis de Vandeuvre, servit de grand escuyer tranchant, ayans tous la serviette sur l’epaule.
Le cardinal legat eut pour le service à table le comte de Saint Aignan et le comte de Nanteuil, petit fils du duc d’Estrees, parce que le cardinal legat de Joyeuse, en pareille occasion, eut deux fils de ducs.
La princesse de Conty et toutes les princesses eurent des gentilshommes servans pour les servir à table.
La seance estoit en cet ordre :
[vide]
[f. 86] Si la reine d’Angleterre fut venue en personne tenir sur les fonds monseigneur le Dauphin, un des grands officiers cy dessus nommé l’auroit servy. La place de la reine eust esté entre le Roy et la Reyne, parce que le Roy luy a toujours donné la main partout où il s’est trouvé avec elle, que si elle se fut mise à main droite du Roy, elle eut la main sur le cardinal, et pour l’honneur qu’on vouloit rendre au Pape, on trouva plus expedient qu’elle envoyast la princesse de Conty avec laquelle le cardinal n’avoit rien à demeler.
Le duc d’Enguien, comme grand maitre de la maison du Roy, donna au Roy et à la Reine la serviete à l’entrée de table et à la sortie.
Le marquis de Bellefonds, premier maitre d’hostel, la donna au cardinal à l’entrée, parce qu’il l’avoit donnée au cardinal Chisy au souper que le Roy luy fit, neantmoins il y avoit cette difference à faire qu’au cardinal Chisy, c’avoit esté le controlleur general qui l’avoit servy et qu’à celuy cy c’estoient des fils de ducs qui le devoient servir, mais parce que le marquis de Bellefonds avoit fait cette fonction, il [f. 86v] crut ne pas devoir ceder à des personnes qui ne pouvoient, ny par leur rang ny par leur qualité, luy enlever le service. Cependant, sur la fin du repas, il se retira et laissa au comte de Saint Aignan de donner la serviete.
Le comte de Saint Aignan et le comte de Nanteuil servirent le legat sans chapeau, la serviete sur le bras
Monsieur ne fut point du souper, parce qu’il n’a jamais de fauteuil en presence du Roy et que le cardinal en avoit un.
La princesse de Conty ne fut point distinguée des autres princesses.
Les maitres d’hotel de quartier furent à la viande que les valets de pied et les Cent Suisses porterent.
Le lendemain, le cardinal legat eut son audience de congé. Il fut receu par le Roy et la Reine et par monseigneur le Dauphin de la mesme manière qu’il avoit esté la veille de la ceremonie du baptesme.
[f. 87] Le Roy le traita trois jours durant et toute sa maison qu’on logea aussy par fourriers. »

Récit par le maître des cérémonies Nicolas Sainctot de l’audience donnée par le roi à Soliman Aga, ambassadeur du sultan, au Château-Neuf

« [f. 124] Le 5e [décembre], le sieur de Berlise, introducteur des ambassadeurs, estant venu prendre Soliman dans les carosses du Roy et de la Reine, ils entrerent dans celuy du Roy avec les sieurs de la Giberti, l’interprete et l’aumonier. Ils dinerent à Chatou, où l’on amena les chevaux de la grande ecuirie qu’ils enharnacherent à leur mode [f. 124v] et qu’ils renvoyerent au Pec. Ils decendirent de carrosse et monterent sur les chevaux qui les attendoient, se mettant en marche deux à deux, ayant le sieur Giraud à leur teste.
Soliman marchoit entre le sieur de Breslise et le sieur de la Giberti, ayant son interprete devant luy. Une des circonstances qui est plus à remarquer est que les Turcs estoient sans armes et que Soliman n’avoit pas meme de sabre. Ils entrerent en cet ordre dans la cour du chateau neuf, où ils trouverent des bataillons formez par les compagnies des regimens des gardes françoises et suisses et des escadrons formez par les mousquetaires. Les chevaux legers, les gendarmes, les gardes du corps, les gardes de la porte, les archers du grand prevost, les Cent Suisses estoient en haye depuis la porte de la petite cour jusqu’au haut du perron. Soliman mit pied à terre dez l’entrée de la petite cour, n’estant pas suffisante pour contenir le nombre de chevaux qui l’accompagnoient, et marcha à pied dans le mesme ordre qu’il estoit venu, passant au travers de la garde ordinaire des gardes du corps qui se trouverent sur le perron dans la salle des gardes. De là, il passa dans plusieurs chambres superbement tendues et se rendit ainsy dans la grande galerie [f. 125] où le Roy l’attendoit.
Cette galerie estoit parée de plusieurs belles tapisseries de la Couronne. Tout le parterre etoit couvert de tapis de pied et les deux costez de la galerie estoient remplis de grands vases d’argent elevez sur des pies destaux aussy d’argent. Au bout de la galerie estoit un trone elevé sur huit marches orné de pareils vases et de caisses d’argent dont le prix estoit de plus de vingt millions. Monsieur, M. le Prince et M. le duc d’Enguien estoient à ses costez, vestus de tres superbes habits, et tous les seigneurs de la cour, qui estoient en si grand nombre qu’ils formoient un triple rang le long de la galerie, estoient aussy tres magnifiquement habillez.
Lorsque Soliman entra dans la galerie, le bruit qui s’y faisoit auparavant cessa d’une manière si surprenante, au seul signal que Sa Majesté fit, qu’il a declaré depuis avoir esté surpris du profond respect que les courtisans rendent au Roy.
Quelque temps quant Soliman entrast dans cette galerie, il tira la lettre du Grand Seigneur d’une toilette qui estoit renfermée dans un sac de brocard de la longueur d’un pied et la tint dans ses mains, elevée de la hauteur de sa barbe, marchant toujours entre les sieurs de Berlise et de la Giberti jusques au pied du trosne, faisant avec tous ses gens le mesme nombre de reverences que le sieur Giraud qui estoit à leur teste.
Soliman, estant arrivé au pied des degrez du trone, fit une profonde reverence et commença son compliment, qui fut expliqué par son interprete en ces termes : Sire, Soliman Aga dit à Vostre tres haute et tres puissante Majesté imperiale que le tres haut et tres puissant empereur ottoman sultan Mahomet Han, quatrieme du nom, son maitre, l’envoye à Vostre tres haute et tres puissante Majesté imperiale luy porter cette lettre et luy dire que les deux empires ont toujours esté en tres bonne intelligence, qu’il en souhaite la continuation et que, pour cet effet, il a retenu M. de la Haye Ventelet, ambassadeur de Vostre Majesté imperiale à la Porte et souhaite à vostre tres haute et tres puissante Majesté imperiale toute sorte de bonheur, de felicité et de prolongation de vos jours. A quoy le Roy repondit qu’il avoit toujours eu bien de la joye [f. 126] de voir l’intelligence qui estoit entre les deux empires, que de son coté il contribueroit toujours à l’entretenir et qu’il pouvoit remettre sa lettre entre les mains de M. de Lionne. L’interprete ayant fait attendre à Soliman la reponse du Roy, Soliman dit à Sa Majesté que le Grand Seigneur, son maitre, luy ayant commandé de remettre sa lettre entre les mains propres de Sa Majesté, il la supplioit de luy faire cet honneur. Sa Majesté luy ayant accordé volontiers cette grace, il monta les degrez du trone, tenant toujours sa lettre elevée. Estant au dernier degré, et voyant Sa Majesté ne se lever pas pour recevoir la lettre, il dit que, lorsque le Grand Seigneur, son maitre, la luy avoit donné, il s’estoit levé en signe d’estime et d’amitié pour Sa Majesté, qu’il la supplioit de vouloir la recevoir de la mesme manière qu’il la luy avoit donnée. Le sieur de Lyonne, ayant appris par l’interprete le dessein de Soliman, lui demanda qui pouvoit estre garand de ce qu’il advançoit, ce qui neantmoins ne lui fut point interpreté, le Roy dans le moment s’estant tourné vers le sieur de Guitry, grand maitre de la garde robe, qui s’estoit autrefois trouvé à la Porte à l’audiance de M. de la Haye, luy [f. 126v] demanda si le Grand Seigneur s’estoit levé lorsque son ambassadeur luy avoir rendu sa lettre. Le sieur de Guitry luy ayant repondu que non, dit tout haut que, puisque le Grand Seigneur en recevant ses lettres par les mains de ses ambassadeurs ne se levoit pas, il ne se leveroit pas, aussy qu’il n’avoit qu’à donner sa lettre. La volonté du Roy estant connue à Soliman, il baisa le sac où estoit la lettre et, après l’avoir fait toucher à son front en faisant une profonde reverence, il la presenta au Roy qui la prit et la donna à M. de Lionne, qui appella les interpretes, le sieur Delacroix et le chevalier Dervius.
Dans le temps que les interpretes lisoient la subscription qui estoit sur un parchement et qui fermoit l’entrée du sac et qu’ils expliquoient au Roy les qualitez que le Grand Seigneur lui donnoit, Soliman descendit au bas du trone apres avoir fait une reverence, où estant, et branlant la teste, il dit tout haut que le Grand Seigneur ne seroit pas satisfait de la manière que le Roy recevoit sa lettre. Sa Majesté s’estant apperceu de ce mouvement de colere, demanda ce qu’il avoit dit, et luy ayant esté expliqué, aussitost dist tout haut et d’un ton serieux qu’il verroit la lettre et qu’il feroit reponse. Soliman, ayant sceu par son interprete ce que le Roy [f. 127] venoit de dire, il se retira en faisant trois reverences, apres lesquelles, ayant voulu tourner le dos à Sa Majesté, le sieur de la Giberti, qui estoit à sa droite, luy fit aussitost tourner le visage jusques à ce que le vuide qui estoit entre le Roy et Soliman fut remply et qu’il ne fut point en estat d’estre apperceu de Sa Majesté. Soliman se retira dans le mesme ordre qu’il estoit venu et remonta à cheval avec toute sa suite hors les portes du chateau neuf. »

Quittance pour la nourriture des comédiens de la troupe royale durant leur séjour à Saint-Germain-en-Laye

« En la presence des notaires soubzsignez, Josias Soulas, escuier, sieur de Floridot, l’un des comediens de la trouppe royalle entretenue par le Roy, tant pour luy que pour les autres comediens composans lad. trouppe, a confessé avoir receu comptant de Nicolas Melique, escuier, conseiller du Roy en ses conseils et tresorier general des Menus Plaisirs et affaires de la chambre de Sa Majesté, la somme de cent unze livres à eux ordonnées pour leur nourriture durant leur sejour à Saint Germain en Laye pendant l’année derniere MVIc soixante neuf. Dont etc. Quittant etc. Promettant etc. Obligeant etc. Renonçant etc. Fait et passé es estudes l’an MVIc soixante dix, le vingtiesme janvier, et a signé.
Soulas de Floridor
Ogier »

Quittance pour le logement des membres de la musique de la chapelle du roi durant leur séjour à Saint-Germain-en-Laye

« En la presence des notaires soubzsignez, Pierre Robert, maistre de la musique de la chappelle du Roy, tant pour luy que pour les soubs maistres et chantres de ladicte chappelle, desquels il se porte fort, a confessé avoir receu comptant de Nicolas Melicque, escuyer, conseiller du Roy en ses conseils et tresorier general des Menus Plaisirs et affaires de sa chambre, la somme de quinze cens livres ausd. soubz maistres et chantres ordonnée pour le payement du loyer de leur logement et autres frais extraordinaires faits pendant le sejour de Sa Majesté à Saint Germain en Laye pendant le quartier d’octobre de l’année derniere mil six cens soixante neuf, ainsy qu’il est accoustumé. Dont etc. Quittant etc. Fait et passé es estudes l’an mil six cent soixante dix, le vingt huict janvier, et a signé.
Robert
Moufle, Gigault »

Quittance pour le louage de carrosses pour des comédies représentées à Saint-Germain-en-Laye

« En la presence des notaires soubzsignez, Claude Nicolardot dict La Vigne, loueur de carrosses à Paris, a confessé avoir receu de Nicolas Melicque, escuyer, conseiller du Roy et tresorier general des Menus Plaisirs et affaires de la chambre de Sa Majesté, la somme de quatre cens trente six livres à luy ordonnée pour carrosses par luy fournis pour les comedyes de Tarftufle, l’Avarre et baron d’Albierak en la gallerye du chasteau neuf de Saint Germain en Laye le troisiesme et quatriesme aoust mil six cens soixante neuf. Dont etc. Quittant etc. Fait et passé es estudes l’an mil six cent soixante dix, le treiziesme febvrier, et a declaré ne scavoir escrire ne signer.
Gigault, Lenormand »

Quittance pour une gratification accordée aux comédiens de la troupe royale qui ont joué à Saint-Germain-en-Laye

« En la presence des notaires soubzsignez, André Hubert, l’un des comediens de la troupe du Roy, tant pour luy que pour les autres comediens composans lad. trouppe, a confessé avoir receu comptant de Nicolas Melique, escuier, conseiller du Roy en ses conseils et tresorier general des Menus Plaisirs et affaires de sa chambre, la somme de six mil livres qu’il a pleu à Sa Majesté accorder pour les representations qu’ils ont faictes devant Sad. Majesté en son chasteau de Sainct Germain en Laye pendant le mois de fevrier dernier. Dont etc. Quittant etc. Faict et passé à Paris es estudes l’an MVIc soixante dix, le dixiesme jour de mars.
Hubert
Ferret, Gigault »

Quittance de Charles Vigarani pour la construction d’une galerie à côté de la salle de bal du Château-Vieux

« En la presence des notaires au Chastelet de Paris soubzsignez, Charles Vigarany, gentilhomme modenois, inventeur des machins de ballets de Sa Majesté, a confessé avoir receu de messire Nicolas Melicque, conseiller du Roy, tresorier general des Menus Plaisirs et affaires de sa chambre, la somme de mil quatre vingts douze livres à luy ordonnée pour la despence d’une gallerie qui a esté dressée à costé du theatre du vieux chasteau de Saint Germain en Laye. Dont etc. Quittant etc. Faict et passé à Paris es estudes l’an mil six cens soixante dix, le unziesme mars, et a signé.
Vigarani
Lesemelier »

Lettre de Louis XIV à Colbert annonçant son arrivée à Saint-Germain-en-Laye

« Au camp de Dinse, le mardy 30e d’aoust
J’ai creu qu’il estoit bon de faire voir aux ennemis qu’ils ne devoient pas s’assembler devant moy. C’est pourquoy j’ai marché à eux et les ai fait retirer tous separés. Je ne sait s’ils ferront quelque chose, mais j’ai scu, à n’en pouvoir douter, que l’espouvante est grande dans leur armée et qu’ils fuiroient de dix lieues, comme si je [f. 38-1v] les avois poussés de fort pres.
Je crois que je partirai jeudi pour retourner en France, et que je seray à Saint Germain le 6 ou le 7e du mois prochain. Faittes accommoder tout ce qu’il y aura à faire pour que je trouve tout prest, et dittes à du Mais de faire meubler la chambre de la Reyne et la mienne dans le vieux chateau pour le mardi 6e, car sans faute j’i serai, ou mercredi au plus [f. 38-2] tart. Je mande à la mareschale de La Motte d’y mener mes enfans le 5, afin que je les trouve establis quand j’arriverai. S’il y a quelque chose à faire pour eux, faites le, et prenez soin qu’il ne manque rien et que l’on fasse tout ce que je vous mande. »

Louis XIV

Quittance pour un tableau en miniature livré pour le roi à Saint-Germain-en-Laye

« En la presence des notaires du Roy à Paris soubzsignez, sieur François Blanchery, peintre en mignature demeurant à Paris, isle Nostre Dame, rue des Deux Pontz, parroisse Sainct Louis, a confessé avoir receu de me Nicolas Melicque, conseiller du Roy, tresorier general des Menus Plaisirs et affaires de la Chambre de Sa Majesté, la somme de trois cens quatre vingtz cinq livres à luy ordonnée pour son payement d’un tableau en mignature representant une Vierge qui tient le petit Jesus avec sa bordure de bois doré et garny d’une glace qu’il a livrée par ordre du Roy pour servir en son chasteau de Sainct Germain en Laye, de laquelle somme de trois cens quatre vingtz cinq livres il se contente, en quitte Sa Majesté, ledict sieur Melicque et tous autres. Faict et passé à Paris es estudes l’an mil six cens soixante quatorze, le quinziesme jour d’avril, et a signé :
F. Blanchery
Clement »

Quittance pour les frais des comédiens ayant joué au château de Saint-Germain-en-Laye

« En la presence de nous conseillers du Roy, notaires gardenottes au Chastelet de Paris soussignez, Jean Jacques Labbé, bourgeois de Paris, confesse avoir receu de messire Nicolas Melique, conseiller du Roy, tresorier des Menus Plaisirs et affaires de sa Chambre la somme de cinq cens douze livres, savoir quatre vingt quinze livres pour XIX chevaux de louages à raison de cent sols chacun par jour, deux cent trente cinq livres pour le vin, pain, verts, charbon et viande fournis, cent trente livres pour tous les frais des comediens, et cinquante deux livres pour les menus frais, le tout pour touttes les commedies representées et les balz danssés devant Sa Majesté au chasteau de Sainct Germain en Laye pendant le carnaval dernier, et le Te Deum chanté à Nostre Dame pour la prise de Grais. Dont. Quittant. Faict et passé à Paris es estudes desd. notaires le trente juin mil six cent soixante quatorze, et a signé :
Labbé
Mounier »

Quittance donnée par le capitaine de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages et ceux de ses hommes

« Sachent tout que nous Phellippe Branche, chevalier, nagueres bailly et capitaine de Mante, de Montjoie et Saint Germain en Laye, confessons avoir eu et receu de Pierre Surreau, receveur general des finances de Normandie, la somme de deux mil livres tournois, monnoie a present courant, VI oubles pour X d. t., en prest et paiement et sur ce qui nous est deu pour trois quarts d’an commençans au Noel mil CCCC et vint deux et finans a la Saint Michel ensuivant mil CCCC vint trois darrenier passez des gaiges et regars de nous, cinq autres hommes d’armes a cheval et partie des archiers pour l’enforcement dudit bailliage de Mante, IIII autres hommes d’armes a cheval, quatre hommes d’armes a pié et partie des archiers que nous avons tenus durant lesdiz III quart d’an pour la sauvegarde desdiz lieux de Montjoie et Saint Germain en Laye, et poour les gaiges et regars de XII autres hommes d’armes a cheval, dix hommes d’armes a pié et XXIX archiers par nous tenus pour la sauvegarde de ladite ville de Mante par IIIIxx III jours commençant le VIIIe jour de juillet mil CCCC vint trois et finans le XXVIIIe jour de septembre ensuivant, tous inclus, que noz endentures finerent, lequel prest et paiement ledit receveur general nous a fait par vertu de trois lettres de garans de monseigneur le regent le royaume de France, duc de Bedfort, donnees le deux premieres le VIe jour de septembre l’an mil CCCC et vint trois et l’autre le XXVIIe jour dudit mois ensuivant darrenier passé, sur lesquielx gaiges et regars mons. le tresorier de Normande par ses lettres de expedicion donnees le XIXe jour de ce present mois mande audit receveur general que, oultre et par dessus la somme de VIIc l. t. que pieça nous avoit paié sur noz diz gaiges et regars et de nosdits gens, il nous paiast ladite somme de IIm l. t. dessusdite, de laquelle somme nous noz tenons pour content et bien paiez et en quittons le Roy nostre seigneur, mondit seigneur le regent, ledit receveur et tous autres. En tesmoing de ce nous avons scellé ces presentes lettres de nostre signet le XXIIe jour de mars l’an mil quatre cens et vint trois. »

Lettre concernant l’envoi d’outils pour les travaux de Saint-Germain-en-Laye

« J’envoye les hoyaux qu’on a peu recouvrer par la diligence de ceux qui ont esté employez à cette fin des six heures du matin, mais d’autant que par le biller il n’est faict mention que de hoyaux au nombre de 500, et qu’on n’en a trouvé de faictz en si grande quantité, nous y avons adjousté d’autres outilz de la nature propre pour travailler en terre comme des picqz et pioches ou feuilles de sauge, jusques au nombre de 29, et des hoyaux 392. Que si ces picqz et feuilles de sauge peuvent servir, on n’en manquera pas pour un autre voyage. Sinon les taillandiers continueront à faire des hoyaux comme quelqu’uns font à present pour les envoyer le plus promprement que faire se pourra.
Cependant, on faict travailler aussy quelques charons pour les manches jusques au nombre des 500 demandé.
En cas que les picqz et pioches qu’on envoye presentement ne sont propres, on les renvoyera par le chartier, et nous les rendrons aux marchans.
Il y a plusieurs charons et taillandiers qui refusent à travailler aujourd’huy à cause de la feste.
Monsieur Pasterl travaille diligemment à faire achever l’apartement de monsieur le marechal de Grammont, sur l’esperance d’avoir de l’argent. Il fournit la massonnerie et charpenterie, le tout fort avancé pour est parachevé dans 15 jours. S’il plaist à Monseigneur de luy envoyer un billet de 4000 livres, son ouvrage montera bien à 7000 livres ou environ. Le menuisier, serurier et vitrier feront la mesme diligence.
Le present porteur est fort adroict, fidele et agissant aux employs qu’on luy donné, comme il a faict en cette occasion. Il nous servoit utillement à la garde du magazin des ferailles, plomb, bois et autres demolitions qu’on y reserroit pendant les années 60 et 61 que j’ay faict travailler à journées au bastiment du Louvre soubz les ordres de monsieur Ratabon. Ce fut luy seul qui saisit quattre volleurs chargez de plomb de la grande gallerie, à deux heures du matin, l’ayant commis d’y veiller toutes les nuictz comme il fit durant trois mois. Il mena adressement ces volleurs dans son magazin et les conduisit apres avec ayde dans les prisons de Fort l’Evesque, dont ilz ont esté relaschez sans punition exemplaire.
Depuis ce mémoire escrit, on a tant chercgé par tous les quartiers de Paris qu’on a trouvé les 500 hoyaux, mais on n’a peu en emmancher que le nombre de 392, et 29 pioches et picqz. Demain on envoyera le reste dans un tombereau.
Le 19e mars »

Cette lettre est annotée au revers : « Monsieur Le Vau, 19 mars 1664 ».

Le Vau, Louis

Paiements lors d’un séjour du roi à Saint-Germain-en-Laye

« [f. 11v] A Saint Germain en Laye, en l’ostel de la chambre aux deniers le jeudi II jours de juillet l’an mil CCC IIIIxx et trois, fu compté de la despence de l’ostel le Roy pour le mois de juing precedant contenant XXX jours, en la presence de mons. Pierre de Villiers, grant maistre d’ostel, et mess. Taupin de Chantemelle, chevaliers et maistres dudit hostel, IIIIm VIIc LXXIII l. XVIII s. VIII d. par.
[…]
[f. 16] Jehan Noble, espicier, pour IIII livres de cire vermeille achettee de lui, V s. par. la livre, pour le scel du secret, en tout le mois de juing, mardi XXX et derrain jour de juing, le Roy disner a Montjoie, souper et giste a Saint Germain en Laye, argent, XX s. par.
[…]
[f. 18v] Johannin Tigier, messager envoyé porter lettres du Roy de Saint Germain en Laye aux tresoriers de France a Paris, pour ce mardi XXX et derrain jour de juing, le Roy disner a Montjoie, souper et giste a Saint Germain en Laye, argent, VI s. par.
[…]
[f. 25] Raulet Legay, sommelier de chappelle du Roy pour les offrandes dudit seigneur faites aux reliques de l’esglise Nostre Dame de Poissy ce jour qu’il y oy sa messe, envoier a lui par ledit Raulet, merquedi premier jour de juillet l’an IIIIxx et trois, le Roy disner a Poissy, souper aux Loges et giste a Saint Germain en Laye, argent, IIII l. par. »

Lettre de Marie de Médicis concernant les précautions à prendre pour la santé de ses enfants à Saint-Germain-en-Laye

« Madame de Monglat,
J’ay receu les lettres que vous m’avez escrites et ay veu ce que vous me mandez de la santé et bonne disposition de mon fils, de ma fille et de nos autres enfans. Vous me ferez plaisir de continuer à m’en faire scavoir des nouvelles et vous diray que parce que nous sommes icy advertis qu’il court force maladies, et de petite vérolle, rougeolle et mesmes de contagion à Paris et aux bourgs et villages des environs de Saint Germain, je suis d’advis que l’on prenne doresnavant garde quelle sorte de personnes aborderont aud. Saint Germain, et specialement ceux qui aprocheront de mon fils et de nosd. enfans, afin que par ce moien l’on empesche que telles maladies ne s’y engendrent. A quoy je scay que vous aurez tel soing que je ne vous en fera plus particulierement recommandation. Et sur ce etc. »

Quittance donnée par le concierge de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages

« Sachent tuit que je Pierre de Guiry dit le Galoys, escuier, concierge du chastel de Saint Germain en Laye, confesse avoir eu et receu de honnorable homme et saige Pierre Sovin, secretaire du Roy nostre sire et receveur de Paris, la somme de onze livres huit solz parisis qui deubz m’estoient a cause de mes gaiges desserviz en mondit office pour les termes de Chandeleur et Ascencion darrenierement passez, de la quelle somme de XI l. VIII s. p. je quitte ledit receveur et touz autres. Donné soubz mon scel le Xe jour de juing l’an mil CCCC et huit. »

Récit par le maître des cérémonies Nicolas Sainctot de la réception du dauphin dans l’ordre du Saint-Esprit au Château-Vieux

« [f. 209] Ceremonies observées lorsque le Roy fit monseigneur le Dauphin chevalier du Saint Esprit, 1682
Le premier jour de l’an, le Roy voulut conferer l’ordre du Saint Esprit à monseigneur le Dauphin. Il luy avoit envoyé en naissant le cordon et la croix du Saint Esprit, suivant en cela l’usage qui se pratique pour tous les Enfans de France, mais ces marques exterieures ne l’agregeant point à l’ordre, il le fit chevalier dans toutes les formes.
Ce mesme jour, monseigneur le Dauphin fit ses devotions de grand matin et communia par les mains du cardinal de Bouillon, grand aumosnier de France et grand aumosnier des ordres du Roy. Ensuitte, il vint chez luy se vestir de l’habit de novice, scavoir d’un pourpoint de toile d’argent, de chausses troussées de toile d’argent et de bas de soye de gris de perle, se chaussa d’escarpins de toile d’argent, avec des mules de velour noir, prit un capot [f. 209v] de velours noir doublé d’une toile d’argent, et mit une tocque de velour noir avec le bord retroussé d’un bouquet de plusieurs plumes blanches, au milieu desquelles estoit une egrette d’heron. Et à cet habit, qui est l’habit ordinaire des novices, il avoit fait ajouter des diamans en plusieurs endroits.
Sur les dix heures, monseigneur le Dauphin, precedé du sieur de Mesme, prevost et grand maistre des ceremonies de l’ordre, se rendit dans l’appartement du Roy. Le Roy aussytost fit entrer dans son cabinet les commandeurs et les officiers de l’ordre, où, selon les formes ordinaires, on arresta que monseigneur le Dauphin seroit receu chevalier.
Après une deliberation, monsieur le Duc, nommé pour parrain de Monseigneur, le conduisit dans le cabinet du Roy. Le grand maistre des ceremonies, le herault et l’huissier marchand devant luy.
Monseigneur, s’estant approché du Roy, se mit à genous sur un carreau pour recevoir l’ordre de Saint Michel, qu’il faut recevoir avant que d’entrer en celuy du Saint Esprit. Alors le Roy tira son espée et luy en donna un [f. 210] coup sur chaque epaule en disant : par saint Geroges et par saint Michel, je te fais chevalier. On employe le nom de saint Georges avec celuy de saint Michel parce que saint Georges est l’ancien patron des chevaliers.
Cette ceremonie finie, on marcha à la chapelle du viel chasteau en cet ordre :
L’huissier de l’ordre
Le herault de l’ordre
Le grand maistre des ceremonies, ayant à sa droite le marquis de Seignelay, grand tresorier de l’ordre, et à sa gauche le marquis de Chasteauneuf, secretaire de l’ordre.
Ensuitte marchoit seul le marquis de Louvois, chancelier de l’ordre.
Après quoy venoient les commandeurs, deux à deux, en cet ordre :
A droit estoient :
Le marquis de Gamache
Le marquis de Beringhen
Le duc de Saint Agnan
Le duc de Crequy
Le duc de Luynes
Le duc de Saint Simon
A gauche estoient :
Le marquis de Bethune
[f. 210v] Le duc de Montausier
Le duc du Lude
Le mareschal de Nouaille
Le duc de Chaulnes
Le duc d’Anguien seul
Monsieur seul
Monseigneur le Dauphin seul
Deux huissiers de la chambre du Roy portant leurs masses precedent le Roy.
Le Roy
A sa gauche, un peu devant, le marquis de Tilladet, capitaine des Cent Suisses
A sa droite, un peu derriere, le grand aumosnier en camail et en rochet
Le duc de Noailles, capitaine des gardes, derriere le Rot, ayant à sa droite le duc d’Aumony, premier gentilhomme de la chambre, et le duc de de la Rochefoucault, grand maistre de la garde robe, à sa gauche.
Le Roy passa par la salle des gardes, par le grand escallier, et par la cour du château. Les gardes du corps estoient en haye et sous les armes dans tous ces lieux, et les Cent Suisses aussy, dont les tambours battirent jusques à ce que il fut en sa place dans la chapelle.
Le Roy, apres avoir salué l’autel, se plaça dans son fauteuil posé sur le [f. 211] marchepied de son prie Dieu. Monseigneur le Dauphin se mit à droit sur un siege playant, Monsieur à sa gauche sur un siege playant, et monsieur le Duc hors du marchepied, sur un siege playant, les chevaliers à droit et à gauche sur des bancs.
Les officiers qui estoient demeurez debout à droit, proches leurs places, s’advancerent au milieu de la chapelle, saluerent l’autel et le Roy, puis, se tournant, saluerent la Reine qui estoit dans une tribune pour voir la ceremonie. Ensuitte, ils saluerent les chevaliers à droit et à gauche. Ce qu’estant fait, ils vinrent s’assoir sur des escabaus posés à droit, celuy de l’huissier vers l’hautel, celuy du herault un peu plus esoigné de l’autel, ceux du grand maistre des ceremonies, du grand tresorier et du secretaire de l’ordre sur une mesme ligne en s’aprochant du Roy, et celuy du chancelier plus pres de sa personne.
Ces saluts estoient inutils en ce temps là. Il faloit qu’après les avoir faits, il [f. 211v] s’ensuivit quelque action de ceremonie. Mais d’attendre que tout le monde soit entré pour le saluer, voilà ce qui me parroist à contre temps. Les officiers devoient, en entrant dans l’eglise, saluer le saint sacrement, c’est un respect qu’on luy doit, saluer la chaise du Roy, on salue son lict et celuy de la Reyne en entrant dans leurs chambres, et ils devoient ensuitte saluer la Reyne.
L’archevesque d’Auch, vestu pontificalement, vint s’agenouiller au pied de l’autel, d’où il commença le Veni Creator que la musique de la Chapelle continua.
A la fin de l’hymme, ce prelat salua l’autel, donna de l’eau benite au Roy, et commença ensuitte la messe.
A l’offerte, les officiers firent les mesmes saluts qu’ils avoient desja faits et, s’estant rangés, le grand maistre des ceremonies alla advertir le Roy par un salut particulier de venir à l’offrande. Il en fit un aussy à monseigneur le Dauphin, et un à Monsieur, pour les advertir d’accompagner le Roy.
[f. 212] Le Roy, s’estant aproché des marches de l’autel, baisa la patene et offrit le cierge que monseigneur le Dauphin lui presenta, et les ecus d’or que Monsieur luy donna, Monseigneur et Monsieur ayant receu des mains du grand maistre des ceremonies le cierge et les ecus d’or, dont le nombre est tousjours egal à celuy des années du Roy.
Après l’offrande, le Roy, retournant à son prie Dieu, fit un salut à l’autel, un à la Reine, et un de chaque costé pour les chevaliers.
A l’Agnus Dei, le grand aumosnier presenta au Roy la Paix à baiser, que le soudiacre luy apporta.
Sur la fin de la messe, les officiers firent ensemble les reverences, et le grand maistre des ceremonies fit un salut particulier au Roy pour l’advertir de se rendre au trosne qu’on luy avoit preparé à gauche, proche l’autel du costé de l’evangile.
Le Roy sortit de sa place, fit les [f. 212v] saluts, alla au trosne precedé des officiers de l’ordre et suivy du capitaine de ses gardes, du premier gentilhomme de sa chambre et du grand maistre de la garderobe, s’asit dans son fauteuil sous un dais et mit son chapeau.
Le grand aumosnier se mit derriere le Roy, le chancelier à droit avec le livre des Evangiles, le grand tresorier à costé du chancelier tenant le colier de l’ordre et le cordon bleu, le secretaire de l’ordre à gauche du Roy avec l’acte de serment, le herault et l’huissier au bas des marches du trosne.
Pendant que ces officiers prenoient leurs places sur le trosne, le grand maistre des ceremonies salua monseigneur le Dauphin pour luy marquer qu’il estoit temps de s’aprocher du Roy, Monsieur en particulier et monsieur le Duc pour les advertir tous deux d’accompagner Monseigneur.
Monseigneur le Dauphin, Monsieur et monsieur le Duc firent [f. 213] les reverences, s’approcherent du Roy. Monseigneur se mit à ses pieds sur un carreau de velour violet, Monsieur et monsieur le Duc se tenant debout à droit et à gauche, et le grand maistre des ceremonies prenant sa place à gauche, entre le Roy et le secretaire de l’ordre.
Le Roy, ayant pris du chancelier le livre des Evangiles, monseigneur le Dauphin mit la main dessus le livre, receut en mesme temps le serment, qu’il signa, la plume et l’acte de serment luy ayant esté presentés par le secretaire de l’ordre. Ce qu’estant fait, le sieur Gitonneau, premier valet de garderobe, estant de service aupres de monseigneur le Dauphin, luy osta le capot et le Roy luy mit le cordon bleu en luy disant : Recevés de notre main le colier de notre ordre du benoist Saint Esprit, au nom du père, du fils et du saint Esprit, et il luy mit le manteau et le colier de l’ordre.
Cette ceremonie finie, monseigneur [f. 213v] le Dauphin, se relevant, salua le Roy, demeura proche de luy, et les officiers descendirent de leur place, saluerent l’autel, le Roy, la Reine et les chevaliers. Alors, on commança à marcher dans l’ordre qu’on avoit gardé en venant et l’on alla dans l’appartement du Roy où, monseigneur le Dauphin l’ayant laissé, il retourna dans le sien precedé du grand maistre des ceremonies, du herault de l’ordre et de l’huissier de l’ordre. »

Récit par le maître des cérémonies Nicolas Sainctot de l’audience donnée par le roi à Saint-Germain-en-Laye à l’ambassadeur du roi du Maroc

« [f. 213v] Audience donnée à Saint Germain à Hadgi Mehemed Thummin, gouverneur de Thetouen, ambassadeur de Mula Ismaël, roy de Maroc et de Fez, 1682
On douta de la manière dont on recevroit cet ambassadeur. Le premier ordre fut qu’il seroit receu comme les Moscovites [f. 214] l’avoient esté, mais depuis il fut arresté qu’il ne seroit point traité le jour de son arrivée à Paris à l’hostel des Ambassadeurs par un maistre d’hostel ny par les officiers du Roy, qu’il n’auroit point le jour de son audience de marechal de France pour l’accompagner, que le sieur de Bonneuil l’iroit seulement prendre dans les carrosses du Roy et de la Royne, qu’à son arrivée à Saint Germain il trouveroit dans l’avant cour du chasteau les compagnies des gardes françoises et suisses en hayes sans armes, que les gardes de la porte, ceux de la prevosté seroient à leurs postes ordinaires sans armes aussy, les Cens Suisses sur les degrés ayant derriere eux leurs halebardes, les gardes du corps sans armes dans leurs salles et que le capitaine des gardes ne le recevroit point à l’entrée de la salle, ny ne les conduiroit point à l’audience.
Le 4 janvier, le sieur de Bonneuil l’alla prendre à Paris dans les carrosses du Roy et de la Reyne, l’amena à Saint Germain et le conduisit à l’audience. [f. 214v] Le Roy estoit sur l’estrade de sa grand chambre, assis. Voyant l’ambassadeur, il se découvrit et ne se leva point de son fauteuil. L’ambassadeur s’approcha de la balustrade, fit de profonds saluts en la maniare des nations du Levant, et dit :
Empereur de France Louis 14, le plus grand de tous les empereurs et roys chrestiens qui ayent jamais esté et qui seront, l’empereur mon maistre, ayant entendu parler de toutes les grandes actions que Votre Majesté a fait dans l’Europe, comme d’avoir à la teste de ses armées conquis des royaumes, gagné un grand nombre de batailles et comme un lion vaincu tous ses ennemis, portant partout la terreur et l’effroy au travers de toutes sortes de dangers, toutes ses grandes actions ont tant donné d’admiration et d’estime à l’empereur mon maistre pour Votre Majesté qu’il a cru qu’à la conqueste du royaume de Fez, de Marocq, de Ris, des Arbousemes, de Tetouan, de Salé, Descasacq et la [f. 215] gloire d’un grand nombre de batailles, qui l’ont rendu le plus grand et le plus vaillant de l’Afrique, il faloit adjouter, pour le rendre content et glorieux, la paix avec Vostre Majesté. C’est pour cela qu’il m’envoye ambassadeur vous la demander.
La harangue, qu’il fit en arabe, fut interpretée par le sieur Dipy, interprete du Roy. Le Roy y ayant respondu favorablement, l’ambassadeur luy presenta sa lettre de creance, que le Roy remit entre les mains de M. de Croisi. On avoit cru que l’ambassadeur la devoit donner par respect à M. de Croisi qui l’auroit mis ensuitte entre les mains du Roy.
L’audience finie, le sieur de Bonneuil le reconduisit dans la salle de descente, d’où on le vint prendre à l’heure de disner pour le conduire à la table du grand chambellan.
Le cinq, il se rendit chez M. de Croisi, qui avoit esté nommé commissaire avec le marquis de Seignelay. Ny l’un ny l’autre ne luy donnerent la main.
[f. 215v] Ce jour là mesme, sur le soir, il fut conduit à la salle des ballets et vit l’opera d’Atis qu’on representoit devant le Roy. […]
[f. 216] Audience de congé donnée à Saint Germain à l’ambassadeur de Marocq le 10 février 1682
L’ambassadeur fut receu à sa dernière audience comme il l’avoit esté à la premiere. La garde ordinaire du regiment des gardes françoises et suisses estoient sans armes et en haye, comme des gens qui se rangent pour voir passer des [f. 216v] estrangers, et les gardes de la porte, ceux de la prevosté et les Cent Suisses en tocquent de velours occuperent les postes qu’ils prennent ordinairement aux occasions de ceremonies. »

Quittance du capitaine de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages

« Nous Henry de Daillon, duc du Lude, conseiller du Roy en ses conseils, chevalier des ordres de Sa Majesté, grand maitre et capitaine general de l’artillerie de France, lieutenant general des camps et armées du Roy, colonel du regiment de ses fuzilliers, gouverneur et capitaine de Sainct Germain en Laye, La Muette, Saincte James, ville et ponts de Poissy, des environs de Versailles et lieux en despandants, confessons avoir receu de me [vide] la somme de deux cens soixante seze livres seze sols quattre deniers laissée en fond dans l’estat des charges de la ferme generalle des Domaines de France pour une année des gages à nous ordonnez par Sa Majesté comme capitaine et gouverneur dudict Sainct Germain en Laye, ladicte année escheue le dernier decembre mil six cens quattre vingts un, de laquelle somme nous quittons ledict sieur [vide] et tous autres. Faict à Paris le vingt sixe jour de janvier mil six cens quattre vingts deux.
Le duc du Lude »

Quittance du capitaine de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages

« Nous Henry de Daillon, duc du Lude, conseiller du Roy en ses conseils, chevalier des ordres de Sa Majesté, grand maitre et capitaine general de l’artillerie de France, lieutenant des camps et armées du Roy, colonel du regiment de ses fuseiers, gouverneur et capitaine de Sainct Germain en Laye, La Muette, Saincte James, ville et ponts de Poissy, des environs de Versailles et lieux en despandants, confessons avoir receu de me [vide] la somme de vingt deux livres seze sols deux deniers laissée en fond dans l’estat des charges de la ferme generalle des Domaines de France pour une année des gages à nous ordonnez par Sa Majesté comme capitaine du chasteau de Sainct Germain en Laye, ladicte année escheue le dernier decembre mil six cens quattre vingts un, de laquelle somme nous quittons ledict sieur [vide] et tous autres. Faict à Paris le XXVIe jour de janvier mil six cens quattre vingts deux.
Le duc du Lude »

Quittance du portier du château de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages

« Nous Henry de Daillon, duc du Lude, conseiller du Roy en ses conseils, chevalier des ordres de Sa Majesté, grand maitre et capitaine general de l’artillerie de France, lieutenant general des camps et armées du Roy, colonel du regiment de ses fuzilliers, gouverneur et capitaine de Sainct Germain en Laye, La Muette, Saincte James, ville et ponts de Poissy, des environs de Versailles et autres lieux en despandants, confessons avoir receu de me [vide] la somme de vingt deux livres laissée en fond dans l’estat des charges de la ferme generalle des Domaines de France pour une année des gages à nous ordonnez par Sa Majesté comme portier du chasteau de Sainct Germain en Laye, ladicte année escheue le dernier decembre mil six cens quattre vingts un, de laquelle somme nous quittons ledict sieur [vide] et tous autres. Faict à Paris le XXVIe jour de janvier mil six cens quattre vingts deux.
Le duc du Lude »

Récit par le maître des cérémonies Nicolas Sainctot de l’audience donnée par le roi à Saint-Germain-en-Laye au recteur de l’université de Paris

« [f. 217] Audience donnée à Saint Germain en Laye à l’université de Paris, 1682
Le 27 février, l’université se rendit à Saint Germain chez le duc de Montausier, en attendant l’heure de l’audience.
Je conduisis le recteur chez le Roy. Il estoit precedé de ses huissiers et suivi de cinquante supots. Les huissiers entrerent dans la chambre, la masse baissée, et se rangerent dans un coin vers une des fenestres. Le recteur fut receu à 4 ou 5 pas de la porte en dedans par le marquis de Seignelay qui, après s’estre mis à sa droite, le presenta au Roy.
Le Roy estoit assis et couvert. Voyant entrer le recteur, il se decouvrit. Le recteur s’en estant aproché, il fit un discours pour luy representer que l’acquisition que les jesuittes faisoient du college du Mans alloit affoiblir le corps de l’université par la privation d’un de ses membres. Il luy donna ensuitte une coppie du contract dont il venoit de parler, et en mesme temps un [f. 217v] mémoire des raisons que l’université avoit de s’opposer à cette achapt. Son discours finy, le Roy l’assura qu’il examineroit son mémoire, apres quoy je le conduisis jusques au bas du degré du chasteau. »

Description du petit parc de Saint-Germain-en-Laye, par Antoine, porte-arquebuse du roi

« [f. 32] Estat present du petit parc de Saint Germain en Laye au commencement de l’année 1686
Led. parc contient la quantité de quatre cent seize arpens quatorze perches tant en bois de futaye, routes, places vuides, la grande terrasse que la maison et jardin du chasteau du Val, lesquels sont figurez sur la carte avec l’explication de la nature, qualité et quantité de bois et terrain qui se trouvent dans chaque endroit, le tout cotté par ciffres conformément au present estat.
Premierement, à l’entrée dud. parc tenant au jardin,

  1. Futaye en retour contenant vingt deux arpens quatre vingt seize perches un quart
    Cette futaye est toute morte en cime et quelques arbres en racine, laquelle deperit tous les jours, estant sur son retour. Il seroit necessaire, pour l’ornement dud. parc, de l’abattre pendant qu’elle a encore un peu de vie pour repeupler ce canton d’un nouveau [f. 32v] bois qu’on laisseroit revenir à la suitte des temps en haut recru, qui seroit plus agréable à voir que ces bois secs.
  2. Futaye sur le retour contenant dix arpens cinquante perches
    Cette futaye est aussy en retour, mais il y a plus d’arbres vifs que dans la partie cy devant. Il se trouve vers le bout du mail, du costé du Val, quelques jeunes chesnes et charmes qui renouvellent ce canton, lesquels font un assez beau couvert.
  3. Jeune futaye de bonne essence contenant cent soixante sept arpens cinquante cinq perches
    Cette futaye est garnie de plus des trois quarts de charmes et d’érables, et le surplus de chesne, laquelle est fort eslevée mais plus dans le fond du costé du mur du parc que vers la terrasse. Elle est de fort bonne essence, faisant un agréable couvert, s’y trouvant très peu d’arbres morts en cime et en racine.
  4. La grande terrasse contenant, [f. 33] y compris deux vuides entre icelle et la futaye de [vide]
  5. Futaye moderne contenant vingt trois arpens soixante dix perches
    Cette futaye est meslée de chesne et de charme par endroits et dans d’autres tous chesnes, dont une partie sont morts en cime, et particulièrement du costé de l’octogone où il y a quantité d’arbres morts en racine.
  6. Ancienne futaye contenant seize arpens cinquante cinq perches
    Cette futaye est plantée de chesne d’une assez belle hauteur, et particulierement vers le fonds, meslée de quelques charmes par endroits, le tout de bonne essence à la reserve de quelques arbres morts en cime.
  7. Grand vuide contenant [vide]
    Ce vuide est une place deserte de bois tenant au chasteau du Val.
  8. Le chasteau et jardin du Val contenant [vide]
    [f. 33v] 9. Haute futaye contenant soixante onze arpens soixante cinq perches
    Cette futaye est passablement peuplée et meslée d’arbres vifs, de morts en cime, et d’autres en racine, tout chesnes, ayant très peu d’autres bois. Les arbres sont d’une belle hauteur, et de moyenne grosseur.
  9. Vieille futaye sur le retour contenant vingt sept arpens
    Cette futaye est une des plus anciennes de la forest, dont la plus grande partie des arbres sont morts en cime, en cœur et en racine, lesquels n’ont pas beaucoup de hauteur, mais ils sont passablement gros et peu garnis, faisant de grandes clairières où il n’y a rien. »

Récit par le maître des cérémonies Nicolas Sainctot de l’installation du roi et de la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye

« [f. 481] Arrivée de la reyne d’Angleterre en France avec le prince de Galles le 21 decembre 1688 et celle du roy d’Angleterre le 2 janvier 1689
Aussytost que la reyne d’Angleterre fut arrivée avec le prince de Galles à Callais, M. le duc de Charost, qui en est gouverneur, en donna avis au Roy.
Le Roy fit partir dans l’instant le marquis de Belinghem, son premier escuyer, avec un de ses carrosses du corps pour la reyne et deux autres carrosses de suitte, huit pages et quelques valets de pied.
Le Roy ordonna à monsieur le Prince, grand maistre de sa Maison, d’envoyer les officiers necessaires pour le traittement de la reyne.
Monsieur le Prince fit choix du sieur d’Esrouville, maistre d’hostel, et luy dit de mener avec luy deux gentilshommes servans, un controlleur clerc, un commis du controlleur general, des officiers de la Bouche et du Goblet avec un officier de panneterie et de fouriere.
Sa Majesté ordonna aussy à l’evesque d’Orleans, premier aumosnier, de nommer un chapelain et un clerc de chapelle,
Au duc de la Trimouille, premier gentilhomme de la chambre, deux huissiers de la chambre,
Au marechal de Lorge, capitaine des gardes du corps, de detacher 40 gardes avec le sieur de Saint Viance, lieutenant des gardes, les sieurs Demyanne et Hauteforts, exempts,
Au marquis de Thiladet, capitaine des Cent Suisses de sa garde, de faire partir 20 suisses, un exempt et un fourier,
[f. 481v] Au marquis de Sourches, grand prevosté de l’hostel, quatre gardes de la prevosté,
Au comte de la Chaise, capitaine de la porte, quatre gardes de la porte.
Le sieur de Cavois, grand mareschal des logis, eut ordre aussy d’envoyer deux mareschaux des logis et quelques fourriers.
Il n’y eut point d’officiers de ceremonie : la reyne ne vouloit point qu’on luy fit aucune reception dans les villes. Sa Majesté britanique demeura peu à Calais. Elle en partir le 23 decembre pour se rendre à Boulogne où la maison du Roy la joignit. Elle y sejourna quelques jours, ne pouvant se resoudre à s’esloigner de la mer pour avoir plus promptement des nouvelles du roy d’Angleterre, mais tous les bruits qui couroient que le roy avoit esté pris en se sauvant d’Angleterre firent qu’on pressa son depart pour la tirer d’un lieu où elle se trouvoit livrée toute entiere à sa douleur et sans aucune consolation.
Pendant qu’elle estoit en chemin, le roy receut des nouvelles que [le] roy d’Angletere s’estoit enfin sauvé et qu’il estoit arrivé le 2e de janvier, à quatre heures du matin, à Ambleteuse, à deux lieues de Boulogne.
La reyne d’Angleterre devant arriver à Beaumont le 5 janvier, le Roy y envoya le comte d’Armagnac, son grand escuyer, luy faire des complimens de sa part et de celle de monseigneur le Dauphin. Il eut ordre aussy d’aller ensuite complimenter [f. 482] le roy d’Angleterre. Sa Majesté ordonna en mesme temps au marquis de Belinghen de mener au roy d’Angleterre un carrosse du corps et d’en faire tenir trois sur la route, un à Beaumont, un à Luzarche et le 3e à Saint Denis.
Madame la Dauphine envoya le marquis d’Anjeau, son chevalier d’honneur, complimenter la reyne. Monsieur envoya le comte de Chastillon, son premier gentilhomme, Madame, le marquis de la Rongere, son chevalier d’honneur.
Le baron de Riviere, capitaine des gardes de M. le Prince, y fut de la part de son maistre, et de celle de madame la Princesse, de monsieur et de madame la Duchesse.
Toutes les personnes qui avoient esté complimenter la reyne allerent au devant du roy de la part de leurs maistres et de leurs maistresses luy faire les mesmes complimens.
Le 6, le Roy voulut aller au devant de la reyne d’Angleterre. Il se rendit au deça du vilage de Chatou dans la plaine de Saint Germain. Sa Majesté estoit accompagnée des deux compagnies de ses mousquetaires, des chevaux legers des gardes du corps et de ses gensdarmes, qui tous se placerent hors les gardes du corps, au deça du pont du Pec.
Le Roy, qui avoit eu avis que la reyne approchoit, voyant venir le carrosse où le prince de Galles estoit, descendit du sien, fit [f. 483] arrester le carrosse du prince de Galles, baisa ce prince et l’embrassa sans permettre qu’on le descendit. Le reyne, qui suivoit de pres, mit pied à terre. Le Roy quitta le prince de Galles et vint à la Reyne, la salua, la baisa et, apres beaucoup de civilités, il luy presenta monseigneur le Dauphin et Monsieur qui la saluerent et la baiserent. Le Roy ensuite la prit par la main et la fit monter dans le fond du carrosse d’où elle venoit de descendre, la plaça à droit et se mit à gauche. Monseigneur le Dauphin et Monsieur se mirent dans l’autre fond et la donna Victoria et [vide] qui estoient venues avec la royne d’Angleterre se placerent sur le strapontin.
L’on marcha vers Saint Germain en cet ordre :
Les deux compagnies des mousquetaires
Les chevaux legers
Le carrosse du premier escuyer
Le carrosse du corps du Roy
Quatre chevaux legers à la teste du carrosse, quatre gardes du corps avec l’aide major marchant à la reste des chevaux du carrosse du Roy
Le carrosse où Leurs Majestés estoient
Les gardes du corps derriere le carrosse
Les gensdarmes
La marche fermée par les carrosses des princes
A la descente du carrosse, dans la cour du château de Saint Germain, le Roy donna la main [f. 483] à la reyne pour la mener dans son appartement, qui est celuy que la feue reyne occupoit. Où ayant esté peu de temps, il voulut mener le prince de Galles dans celuy qu’on luy avoit preparé, proche de l’appartement de la reyne, mais la reyne voulut l’en empescher et, ne l’ayant pu faire, le suivit. Ensuitte, ils revinrent ensemble dans la chambre de la reyne et de la passerent dans un cabinet où ils demeurerent seuls un quart d’heure, monseigneur le Dauphin et Monsieur estant restés dans la chambre.
Lorsque Leurs Majestés sortirent du cabinet, le Roy ne voulut jamais souffrir que la reyne le reconduisit, l’obligeant à demeurer dans sa chambre.
Le 7 janvier, sur les six heures du roi, le roy d’Angleterre arriva à Saint Germain dans les carrosses du Roy. Son premier dessein estoit de passer par Versailles pour y voir le Roy, mais le Roy luy manda qu’il l’alloit attendre à Saint Germain, ce qu’il fit. Pendant qu’il l’attendoit, il visita la reyne, qui estoit au lict. Comme on vint à parler dans la conversation du prince de Galles, la reyne dit au Roy : J’advoue, Monsieur, que j’estimois mon fils bien heureux de ne pas sentir ses malheurs, mais presentement je l’estime bien malheureux de n’estre pas en estat de connoistre les bontés que vous avez pour luy.
Le Roy estant averty que le roy d’Angleterre arrivoit dans la cour du château voulut aller au devant de luy jusques au haut de l’escalier. Mais la foule du courtisan l’empescha d’y arriver. Les deux roys se rencontrerent dans la salle des gardes [f. 483v] du corps, où ils s’embrasserent à diverses fois, se traiterent de Monsieur et de Majesté se parlant l’un à l’autre, et après s’estre donné des marques d’estime, le Roy crut qu’il ne faloit pas retarder le plaisir à la reyne de voie le roy d’Angleterre. Sa Majesté le pressa de passer le premier, luy donna le pas et la main, luy disant que pour aujourd’huy il vouloit faire les honneurs de sa maison, mais qu’apres l’avoir mis en possession, il seroit à luy à les faire à son tour.
Les roys et la reyne furent quelque temps en public. Le Roy mena ensuitte Sa Majesté britanique pour voir le prince de Galles. Ce fut là que, dans la conversation, le roy d’Angleterre conta la manière qu’il s’estoit sauvé de Rochester, estant assés persuadé que le prince d’Orange avoit favorisé sa retraite par la negligence des gardes qu’on luy avoit donné. De là, ils passerent chez la reyne où ils demeurerent une demye heure tous ensemble proche du lict. Le Roy sortant, le roy d’Angleterre voulut le reconduire. Le Roy luy dit : Monsieur, nous avons plus d’un jour à vivre ensemble, ne faisons point de ceremonie ; vous ne me reconduirez point. Le roy d’Angleterre ne sortit point de sa chambre et laissa aller le Roy comme il voulut.
Le 8, le roy d’Angleterre vint à Versailles voir le Roy. Lorsque Sa Majesté britannique arriva, la garde françoise et suisse estoit sous les armes, tambours battant, le Roy ayant donné un ordre pour tousjours au mareschal duc de [f. 484] La Feuillade, maistre de camp du regiment des gardes, au duc de Noailles, capitaine des gardes du corps, et au marquis de Thiliadet, capitaine des Cent Suisses, de faire rendre au roy d’Angleterre de pareils honneurs qu’à luy mesme.
Dans le temps que le roy d’Angleterre arrivoit, le Roy, accompagné de monseigneur le Dauphin, de Monsieur, de messieurs les princes du sang, vint au haut du degré de son petit appartement par où le roy d’Angleterre devoit passer. Le Roy le receut avec un acceuil favorable, l’embrassa, luy donna la main aux passages, le conduisit dans son salon, proche de la table, vis à vis de la cheminée, où les roys pendant une demye heure s’entretinrent en public. Ensuitte, ils entrerent dans le cabinet où ils demeurerent ensemble.
Au sortir du cabinet, le Roy mena par la galerie le roy d’Angleterre chez madame la Dauphine qui les receut à la porte de sa chambre, où le roy d’Angleterre la salua et la baise. Les roys demeurerent debout pendant la conversation, ce qui donna lieu à monseigneur le Dauphin de se rendre chez luy pour recevoir le roy d’Angleterre. La visite rendue, madame la Dauphine reconduisit le roy d’Angleterre jusques à la porte de la salle des gardes, et le Roy le reconduisit jusques au haut de l’escalier, ordonnant à ses courtisans d’accompagner Sa Majesté britanique chez monseigneur le Dauphin.
Monseigneur receut le roy d’Angleterre [f. 484v] hors la porte de la salle de ses gardes, le conduisit dans sa chambre où, après avoir esté quelques temps, Monseigneur le mena dans son cabinet où ils demeurerent debout et couverts, et lorsque le roy se retira, Monseigneur le reconduisit jusques au lieu où il l’avoit receu.
Le roy d’Angleterre alla aussy visiter les ducs de Bourgogne, d’Anjou et de Bery, Monsieur et Madame, et de là revint à Saint Germain, aiant trouvé à son passage tous les gardes tambours battant.
Le 9, Monseigneur le Dauphin ala [à] Saint Germain rendre visite au roy et à la reyne d’Angleterre. Il commença par le roy, qui le receut à la porte de sa petite chambre. Ils ne s’assirent et ne se couvrirent point. Monseigneur se retirant, le roy le reconduisit jusques au lieu où il l’avoit pris. De là, Monseigneur passa par un cabinet pour aller à l’appartement de la reyne. La reyne fit quelques pas pour aller au devant de luy, luy fit donner un fauteuil qu’on plaça au dessus du sien. Après la conservation qui dura peu, Monseigneur prenant congé de la reyne, fit les mesmes pas qu’elle avoit fait à sa reception.
Le 10, Madame, Mademoiselle, madame la grande duchesse, madame de Guise se rendirent à Saint Germain sur les trois heures. Elles allerent d’abord voir le roy d’Angleterre qui les baisa. Elles visiterent ensuitte la reyne d’Angleterre, qui les baisa aussy. Sa Majesté britanique, apres avoir pris un fauteuil, en fit donner un à Madame [f. 485] et des sieges playans aux trois princesses.
Le 11, mesdames les princesses du sang rendirent les mesmes devoirs au roy et à la reyne. Elles eurent les mesmes honneurs que Mademoiselle.
Ce mesme jour, madame la princesse de Lisbonne avec mesdemoiselles de Lisbonne et Commercy, ses filles, la princesse d’Arcourt et la princesse de Soubise, mesdames les duchesses de Chevreuse, de Saint Simon, de Beauviliers, vinrent voir la reyne. On donna à ces dames des sieges playans. Elles avoient pretendu d’estre baisées de la reyne, mais la reyne leur fit dire avant leur visite qu’elles pouvoient choisir ou estre traittées selon le ceremonial anglois, qui alloit à les baiser seulement, ou selon le ceremonial françois, qui est d’estre assise sur des sieges playans et d’avoir l’entrée au château pour leurs carrosses. Pendant que ces dames estoient au cercle de la reyne, le roy survint, qui les salua toutes et les baisa, commençant par les princesses que le sieur de Saint Viance luy noma.
Le 13, sur les unze heures, monsieur Boucherat, chancelier, accompagné des sieurs Courtin, du Harlay, du comte d’Avaux, conseillers d’Estat, et de quelques maistres des requestes, alla comme particulier à Saint Germain voir le roy d’Angleterre, à qui il fit un compliment et luy presenta ensuitte les personnes qui l’avoient accompagné.
A midy, Monsieur vint rendre visite au roy d’Angleterre. Le roy, qui estoit dans sa petite chambre, ne fit qu’un pas ou deux pour le [f. 458v] recevoir et conserva la main sur luy. Monsieur s’excusa sur son indisposition d’avoir tant tardé à le venir voir. Pendant tout le temps de la visite, ils demeurerent l’un et l’autre debout et decouverts, et lorsque Monsieur prit congé de luy, le roy ne le reconduisit point. Monsieur alla aussy chez la reyne, Sa Majesté britanique, après avoir pris un fauteuil qu’on plaça vers le milieu du lict, en fit donner un à Monsieur, qu’on mit au dessous du sien. Monsieur s’assit sans se couvrir. La conversation dura peu. Le roy et la reyne n’avoient pas encore esté à la messe, il estoit tard. Monsieur se leva, le roy entra dans l’instant, la reyne et Monsieur se separerent, Monsieur pour aller voir le prince de Galles. Alors le roy donna la main à la reyne pour la conduire à la chapelle dans une tribune où, l’ayant laissée, descendit en bas entendre la messe, estant accompagné des gardes du corps du Roy. Après la messe, il remonta à la tribune reprendre la reyne.
Le roy et la reyne disnerent en public avec les mesmes ceremonies qu’on observe pour le Roy, le maistre d’hostel ayant son baston, l’essay se faisant des viandes, la nef au bout de la table, et à chaque couvert un cadenas. Pendant le disner, la duchesse de Nevers et quelques autres duchesses vinrent, à qui on donna des sieges playans.
Apres le disner, monsieur le Prince, monsieur [f. 486] le Duc, monsieur le prince de Conti, monsieur le duc du Maine, et monsieur le comte de Thoulouze, visiterent le roy. Sa Majesté britanique les receut debout sans faire aucun pas. Monsieur le Prince les presenta tous. Le roy se couvrit et les princes se couvrirent et demeurerent couverts pendant tout le temps qu’ils furent ensemble. La visite finie, les princes se retirerent et le roy demeura en sa place.
Ces princes visiterent la reyne, qui estoit assise dans un fauteuil. Elle se leva, les baisa tous, et leur fit donner des sieges playans. Mais comme la reyne avoit à aller à Versailles, ils demeurernt peu à leur visite. Lorsqu’ils se leverent, la reyne se leva mais ne fit aucun pas pour les conduire. Tous ces princes passerent dans l’appartement du prince de Galles.
La reyne partit sur les trois heures de Saint Germain. Elle monta dans un carrosse du corps du Roy, un exempt et vingt gardes du corps la suivoient. Elle trouva en arrivant à Versailles la garde françoise et suisse sous les armes, tambours battant, à la porte les gardes de la porte, les gardes du grand prevost et les Cent Suisses sous les armes dans la cour. Sa Majesté britanique descendit au bas de l’escalier du petit apartement. Le Roy la receut au haut de l’escalier et la conduisit au salon, luy fit donner un fauteuil et en prit un qu’on mit au dessous du sien. Sa visite faite, le Roy la conduisit par la galerie chez madame la Dauphine, qui la receut à l’entrée de son [f. 486v] appartement. Le Roy, les ayant mis ensemble, les quitta. Madame la Dauphine presenta à la reyne monsieur le duc de Bourgogne, le duc d’Anjou et le duc de Bery. Sa Majesté les baisa tous. L’on prit des fauteuils. La reyne se mit au milieu, à la place d’honneur, ayant à sa droite madame la Dauphine et à sa gauche monsieur le duc de Bourgogne, monsieur le duc d’Anjou au dessous de madame la Dauphine et le duc de Bery au dessous de monsieur le duc de Bourgogne, Madame au dessous de monsieur le duc d’Anjou. Le cercle fut grand et remply de princesses et de duchesses à qui on donna des sieges playans. La visite dura plus d’une demie heure, apres laquelle la reyne alla voir monseigneur le Dauphin, estant reconduite par madame la Dauphine jusqu’à la salle des gardes, où elle n’entra pas. Monseigneur receut la reyne au mesme lieu qu’il avoit receu le roy et la reconduisit apres sa visite au mesme endroit. De chez Monseigneur, elle alla voir messeigneurs les ducs de Bourgogne, d’Anjou et de Bery dans leur appartement, et ensuitte Monsieur et Madame qui l’attendoient chez eux.
Depuis, les roys se sont veus familierement sans aucune ceremonie.
Monsieur de Chartres n’a pas veu en visite le roy. Mademoiselle d’Orleans, qui faisoit difficulté [f. 487] au commencement de visiter le roy et la reyne, les a veu depuis avec madame la grande duchesse et madame de Guise.
Le sieur de Bonneuil, introducteur des ambassadeurs, demanda au roy d’Angleterre audience pour messieurs les ambassadeurs de Venise, de Savoye et de Malte, qui, s’estant rendus à Saint Germain au jour qu’on leur avoit marqué, on leur dit que le roy les recevroit en particulier, dans son cabinet, sans les faire couvrir, à quoy les ambassadeurs ne pouvant consentir, ils ne le virent point.
Le roy ne creut pas devoir leur donner une audience publique. Il n’avoit pas voulu recevoir de complimens d’aucun corps du royaume.
Le roy d’Angleterre partit de Saint Germain le dernier de fevrier 1689 pour aller en Irlande. »

État du coût des travaux réalisés aux châteaux de Saint-Germain-en-Laye de 1664 à 1690

« [f. 17v] Châteaux de Saint Germain en Laye et le Val
Cette maison, illustrée par la naissance du Roy, est très ancienne. Elle consiste en deux châteaux, l’un vieil et l’autre neuf. Le vieil château est beaucoup plus beau et mieux bâty que le neuf. Ils ne sont séparez l’un de l’autre que d’une grande basse cour qui pouroit servir [f. 18] de manège.
Le vieil château est entièrement isolé, d’une forme assez irrégulière. Cinq gros pavillons en font le principal ornement. Un balcon de fer règne dans toute la circonférence du château à la hauteur des principaux, apartemens, qui sont très vastes. Ce château a pour principal aspect les jardins et la forest, et le château neuf sa principale veue sur la rivière de Seine. Le Roy, qui y a séjourné très longtemps, y a fait faire des augmentations considérables. C’est une demeure toute royale et, quoyque la cour n’y habite pas actuellement, ce ne laisse pas d’estre un des plus beaux lieux des environs de Paris pour sa situation naturelle.
Le Val est un jardin dépendant [f. 18v] de Saint Germain que Sa Majesté fait entretenir avec soin et qui produit une infinité de beaux fruits dans toutes les saisons, surtout des précoces.
Je ne dis rien des autres dépendances de Saint Germain, crainte d’ennuyer.
Dépenses des châteaux de Saint Germain en Laye et dépendances par années
Années :
1664 : 193767 l. 13 s. 6 d.
1665 : 179478 l. 14 s. 9 d.
1666 : 59124 l. 11 s. 6 d.
1667 : 56235 l. 8 s. 4 d.
1668 : 120271 l. 18 s. 3 d.
1669 : 515214 l. 19 s.
1670 : 597429 l. 1 s. 4 d.
[f. 19] 1671 : 361020 l. 11 s. 11 d.
1672 : 208516 l. 13 s.
1673 : 97379 l. 4 s. 3 d.
1674 : 112168 l. 19 s. 11 d.
1675 : 130306 l. 18 s. 2 d.
1676 : 176118 l. 14 s. 10 d.
1677 : 194303 l. 14 s. 2 d.
1678 : 196770 l. 5 s. 9 d.
1679 : 447401 l. 14 s. 4 d.
1680 : 607619 l. 9 s. 2 d.
1681 : 279509 l. 9 s. 2 d.
1682 : 662826 l. 13 s. 4 d.
1683 : 460695 l. 9 s. 8 d.
1684 : 300218 l. 19 s.
1685 : 189598 l. 0 s. 7 d.
1686 : 47618 l. 4 s. 5 d.
1687 : 50450 l. 2 s. 1 d.
[f. 19v] 1688 : 152950 l. 18 s. 10 d.
1689 : 33176 l. 13 s. 6 d.
1690 : 25388 l. 15 s. 3 d.
Somme totale : 6455561 l. 18 s.
Six milions quatre cent cinquante cinq mil cinq cent soixante une livres dix huit solz »

Note sur l’usage de la pyramide disposée devant le Château-Vieux comme fontaine à vin lors des naissances royales

« [p. 60] Le 27e juin 1550 naquit dans le vieux château de Saint Germain en Laye Charles Maximilien de France, second fils dudit roy Henry second, duc d’Alençon et d’Angoulesme, et depuisroy sous le nom de Charles 9. Et fut baptisé audit lieu avec grande ceremonie et rejouissance, et nommé par l’ambassadeur Maximilien 2e d’Autriche, roy de Boeme, gendre de l’empereur Charles 5, avec Louis d’Albret, roy de Navarre, et Anne d’Est, duchesse de Guise.
Et pour conserver la mémoire à la postérité d’une [p. 61] si grande solennité qui fut faite pour cette naissance tant desirée et à la ceremonie de ce baptesme fut posé dans la grande place devant l’eglise de la paroisse dudit lieu de Saint Germain une piramide de pierre ornée des armes et chiffres royalles, au haut de laquelle il y a une couronne royalle soutenue d’un globe entouré d’un rang de grande pierre en forme d’un bassin et de 3 rangs de marches qui en font tout le circuit, d’où sortit une fontaine de vin tout le jour de cette grande cérémonie, ce qui c’est observé dudepuis tres ponctuellement à touttes les [p. 62] naissances des premiers princes, Enffans de France, comme à l’heureuse naissance du roy Louis 14 dit le Grand à present regnant, qui ariva en ce lieu, à celle de monseigneur Louis, dauphin de France, qui ariva au château de Fontainebleau le 1er novembre 1661, comme à la ceremonie de son baptesme qui fut faite dans la cour du vieil château de Saint Germain le 24e mars 1668, et en dernier lieu le jour de la naissance de monseigneur Louis de France, duc de Bourgogne, qui ariva à Versailles le [vide]. »

Quittance donnée par le capitaine de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages et ceux de ses hommes

« Sachent tout que nous Jehan Hanforde, chevalier, capitaine de Montjoye et de Saint Germain en Laye, confessons avoir eu et receu de Pierre Surreau, receveur general des finances de Normandie, la somme de deux cens vint et six livres dix huit solz deux deniers tournois en prest et paiement des gaiges et regars de nous, IIII aultres hommes d’armes a cheval, trois hommes d’armes a pié et XXIIII archiers de nostre compagnie desservis a la garde, seurté et deffense desdites places pour le tiers mois d’un quartier d’an commençant le IXe jour de janvier l’an mil IIIIc XXIII dernier passé, ce prest et paiement a nous fait par vertu des lettres de garand de mons. le regent le royaume de France, duc de Bedford, donnees le XXIIe jour de mars mil CCCCXXIII dernier passé, expediees par le tresorier et gouverneur general desd. finances, de laquelle somme de IIc XXVI l. XVIII s. II d. t. dessusdite nous nous tenons pour contens et bien paiez et en quittons le Roy nostre sire, mondit seigneur le regent, ledit receveur general et tous autres. En tesmoins de ce, nous avons scellé ceste presente quittance du scel de noz armes le XXVIIe jour d’aoust l’an mil CCCC vint et quatre. »

Lettre de Marie de Médicis concernant ses enfants à Saint-Germain-en-Laye

« Madame de Monglat,
J’ay esté bien aise d’entendre [f. 26] des nouvelles de la santé de mes enfans, qui me sont tousjours tres agreables. Mais vous ne me mandez rien de quelque mesnage que vous avez faict en leur despence depuis mon partement, dont l’on m’a ces jours cy escript et voulu faire quelques plainctes, ausquelles je vous diray que je n’ay voulu avoir aucun esgard, m’asseurant que vous n’auriez rien faict en cela qui ne soit bien à propos. C’est pourquoy je m’en repose entierrement sur vous. En effect, continuez à me bien servir comme vous avez tousjours faict et vous asseurez que je n’escouteray poinct les mauvais offices que l’on vous voudroit rendre. Nous voilà tantost sur nostre partement de ce lieu pour retourner vers vous. Je croy que ce ne sera pas sans vous aller veoir bientost, cependant je prie Dieu etc. »

Lettre concernant les travaux à la garenne de Saint-Germain-en-Laye

« Nous faisons faire aux paysans les jours ouvrables ce que je vous avois promis leur faire les festes et dimanche. Je ne croyois pas la chose sy pressée. Je faisois mon compte que, dans trois moys, sans incommoder ny faire crier les peuples, quy ont tant à faire presentement aux vignes et quy gaignent jusques à 24 solz par jour, de les y faire venir de bon cœur les jours de feste, et de rendre la garenne en estat, que le Roy y pourroit courre au peril de ma vie en toutte seuretté, et pour cet effect je m’estoit proposé, pendant un temps, de me trouver le vendredy matin au bout du pont du Pec et faire passer toutz les bœufs quy viennent de Poissy dans la pleine, cela auroit affermy les terres remuées, et où un bœuf auroit passé, un cheval y pourroit bien passer. La voye que monsieur Mascarany a prise de les y faire travailler toutte la sepmaine est beaucoup plus courte, car je croy que nous n’y serons pas plus de trois sepmaines, mais quand cela sera tout labouré, il faudra bien trois moys pour laisser rafermir les terres.
Le jour que vous este party, j’estoit à Acheres au lict avec fiebvre.
Presentement, je coucheray à Saint Germain et je vous asseure que tout ce que vous me commanderés sera faict, et que tout ce que je vous prometteray sera executté punctuellement.
Je vous avoue que mon esprist n’est pas de faire le necessaire à contre temps, et que je me contente de songer aux choses utilles, et les faire faire quand on me l’a ordonné. Le sieur Haudeaux a osté les bucherons quy estoient à la haye aux Prestres et a tout mis en Vezinet.
A Saint Germain, le 24e mars 1664
Cuvyer »

Quittance donnée par le capitaine de Saint-Germain-en-Laye pour ses gages et ceux de ses hommes

« Sachent tout que nous Loys d’Espoy, chevalier, capitaine de Saint Germain en Laye, confessons avoir eu et receu de Pierre Surreau, receveur general de Normandie, la somme de huit cens trente deux livres sept solz unze deniers tournois en prest et payement des gages et regards de nous, deux autres hommes d’armes a cheval, trois a pié et de dix huit hommes de trait de nostre retenue pour la sauvegarde dud. lieu de Saint Germain pour les cinq pars de deux quartiers d’an commençans le XXXe jour de mars et finis le XXVIIIe jour de septembre darrenier passez incluz, desservis par iceulx deux quartiers dont deux monstres ont esté faites, la premiere le XXVIIe jour de juing darrenier passé et l’autre le second jour dud. mois de septembre, en laquelle somme sont comprins dix livres sept solz tournois qui rabatus nous ont esté par led. receveur general pour certaines guaingues de guerre faites par aucuns des gens de nostre retenue dud. Saint Germain et de nostre capitainerie de Poissy, les parties contenues en certaine certification par nous sur ce baillee, lesquelles gens d’armes et de trait nous prometons bien et deuement payer de leursd. gaiges et regards pour lesd. cinq pars d’iceulx deux quartiers et chacun d’iceulx par testes sans fraude, et la VIe partie desd. gages et regars desd. deux quartiers selon l’ordonnance du Roy nostre sire et de monseigneur le regent est demeuree en reste. De laquelle somme de VIIIc XXXII l. VII s. XI d. t. nous sommes contens et bien paiez, et en quitons par ces presentes le Roy nostredit seigneur, led. receveur et tous autres. En tesmoing de ce nous avons scellé ces presentes de nostre scel le XIIe jour de novembre l’an mil CCCC et trente deux.
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