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Description archivistique
Henri III
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Marché pour des ouvrages de menuiserie dans la basse-cour du château à Saint-Germain-en-Laye

« Fut present en sa personne honnorable homme David Fournier, maistre menuisier à Paris, demeurant rue Sainct Honoré, paroisse Sainct Germain de l’Auxerrois, lequel recongneu et confessa avoir promis et promect au Roy nostre sire, absent, noble homme Baptiste Androict du Cerceau, architecte ordinaire de Sa Magesté et commis par Sadicte Magesté en l’absence de monseigneur le mareschal de Raiz pour ordonner toute la despence des ouvraiges de ses bastimens de Sainct Germain en Laye, à ce present, stipullant et acceptant par le commandement d’icelluy seigneur, et encore en la presence de noble homme Mederic de Donon, conseiller du Roy et contrerolleur general de sesdicts bastimens, de faire et parfaire bien et deuement au dict d’ouvriers et gens à ce congnoissans tous et chascuns les ouvraiges de menuiserye qu’il convient faire en la basse cour du chasteau dudict Sainct Germain en Laye, soit en huisseries, croysees, fenestres, portes et autres choses cy apres declarees, c’est assavoir faire tous et chascuns les huiz ferrés qu’il conviendra qu’on mette au premier estage du rez de chaussee de ladicte basse court, des longueurs et largeurs qu’il apartiendra, et de poulce et demy d’espoisseur, cellez à clefz et emboutez par les deux boutz, et ceulx des salles, chambres, garderobbes et cabinetz, de pareille façon et de quatorze lignes d’espoisseur.
Item toutes et chacunes les croisees, demy croisees, fenestres bastardes qu’il conviendra qu’on mette esdicts premier, second et troisiesme estage desdicts bastimens de largeur et haulteur qu’il conviendra, lesquelles fenestres, tant grandes que petites, seront reduittes à croisees entieres, à conter six vollez pour croisee, et en continuant et dyminuant au prorata, chacune croisee garnye de ses montants, basses traverses, fueillures et recouvrement, et faire le tout en bon bois, vif, secq, sans aulbier, loyal et marchant, le tout au dict d’ouvriers et gens à ce congnoissans, comme dict est. Ceste promesse faicte prix passé pour chacune desdictes portes et huisseries, l’une portant l’autre, de la qualité cy devant, la somme de trois escus d’or sol, et pour chacune desdictes croisees, en la forme que dict est, la somme de six escus d’or sol deux tiers, lesquels prix seront paiez audict Fournier au feur et ainsi qu’il fera lesdicts ouvraiges par le tresorier des Bastimens du Roy, sur lequel prix luy sera advancé par ledict tresorier des Bastimens dedans ce jourd’huy la somme de deux cent escus d’or sol, à commancer à faire besogner esdicts ouvraiges des lundy prochain et continuer sans distraire en la plus grande diligence que faire ce pourra, et y mettre bon et suffisant nombre d’ouvriers. Car ainsy. Promettant. Obligeant corps et biens comme pour les propres affaires du Roy. Faict et passé en ladicte maison et hostel dudict David Fournier sis rue Sainct Honoré comme dict est le sixiesme jour de may mil cinq cens quatre vingtz ung apres midy.
Androuet, de Donon
Fournier
Le Marchant, Briquet »

Lettre de l'ambassadeur de Venise signalant que la venue du roi au château de Saint-Germain-en-Laye a été retardée par les travaux en cours

« La tardanza dell’ espeditione della fabbrica in San Germano fa differito l’andata di S. M. in quel luogo fino hieri sera, che finalmente vi si ridusse, havendosi trattenuto questo tempo per il più al bosco di Vicenna. Attende hora a far assegnar li allogiamenti secondo il Suo gusto, et particurlarmente ha voluto destinare alli cardinali Borbon et Vandomo, et a tutti i signori di Guisa, nonostante che ognun di questi sia assente, et forse per non venir così persto in corte. Tutti gli ambasciatori intano per l’audienza che forse potrà esserne assegnata la settimana che viene, se la corte sarà in ordine. »

Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les mémoires de Brantôme

« [t. 2, p. 211] Il me souvient que nostre Roy dernier, Henry IIIe, faisant un jour la diete à Sainct Germain, où il s’estoit retiré à part hors de sa Court, qu’il avoit laissée à Paris avec la Reyne sa mere, un jour, moy y estant pour luy demander un petit don duquel on m’avoit donné advertissement, il me fit cet [p. 212] honneur de me laisser entrer en sa chambre à son disner, l’huyssier luy en ayant demandé congé, ainsi qu’il le permettoit à plusieurs, et non à tous. Je le vis disner, où estoit M. d’Arques, ne faisant qu’entrer en faveur, despuis M. de Joyeuse. Durant son disner, il se mit à parler de la grande depense que faisoient les gentilzhommes de son réaume, et principalement de sa Court ; que bien qu’il fist de grandz dons à sa noblesse, et non pas encor tant qu’il voudroit, que pourtant il ne falloit pas qu’ell’en abusast et mist tant en despances si superflues et excessives qu’elle faisoit.
[…]
[p. 405] Du temps du roy Henry II, y avoit en sa Court une tres grande dame et la plus belle de la Court (possible, quand je dirois de la chrestienté ne mentirois je) : ce fus madame de Guise ; et un jour, elle allant de Paris jusques à Sainct Germain, où estoit la Court, montée sur une hacquenée, et n’ayant avec elle qu’une seule damoiselle, un page et deux grands lacquais (car au matin ell’estoit allée à Paris faire un tour et puis s’en retourner aussi tost), et chevauchoit le plus roide qu’elle pouvoit, et à la plus grand chaleur du jour, pour se trouver au soupper de monsieur son mary, elle vint à rencontrer un honneste gentilhomme, capitaine qui estoit au service d’un beau frere de monsieur son mary. Le gentilhomme, qui estoit courtois et ne faisant que venir fraischement du Piedmont, et aiant demeuré un an sans venir à la Cour, et ne cognoissant pas la livrée qu’elle portoit, pour l’avoir changée despuis son partement, vint accoster ceste grande dame et l’arraisonner, pensant que ce fust un’autre dame de la Court, non si grande comme cella là ; et d’abordade [p. 406] luy va dire qu’elle chevauchoit fort roide, et comm’elle alloit par pays à la fraischeur de M. d’Imbercourt, et que la chaleur lui feroit mal. Elle fit de l’ignorante de ce proverbe et lui en demanda l’interpretation. Il la luy dict, et de propos en propos il l’entretint tousjours en cheminant, jusques à lui presenter son service, et quelquefois faisant semblant de lui vouloir toucher la jambe, qu’il ne voyoit que trop belle et trop tentative pour lui. Elle lui laissoit faire à demy ce qu’il vouloit, mais avecques toute modeste, et l’escoutoit parler (car il disoit tres bien) de l’amour, non pourtant sans rire soubs son touret de nez ; car, des ce temps, les masques n’estoient encor en usage pour cheval.
Enfin, estant arrivée à Sainct Germain, la dame, prenant son chemin pour aller au chasteau, le gentilhomme lui dist : « Madame, vous allez descendre au chasteau, et moy en mon logis. Dieu vous doint tres heureuse et longue vie, je suis vostre serviteur ! » Aussitost la dame, baissant son touret de nez, dict au gentilhomme : « Mon gentilhomme, je vous remercie de vostre compaignie ; je suis à vostre commandement : à jamais je me souviendray de la frescheur de M. d’Imbrecourt, pour l’amour de vous. »
Le gentilhomme fut si estonné de voir ceste dame, qu’il ne pensoit estre celle là, que soudain, sans dire mot, il tourne bride en arriere au grand gallop d’où [p. 407] il estoit venu, pensant avoir offensé ceste dame, et qu’elle luy en voudroit mal. Mais la dame despuis cogneut en lui qu’il pensoit avoir grandement failly et peché envers elle ; en fit le conte à son beau frere, à qui le gentilhomme estoit. Elle le pria lui mander de venir, et qu’elle n’estoit nullement faschée contre luy.
[…]
[t. 9, p. 491] Apres le roy Henry vint le roy François second, duquel le regne fut si court que les medisans n’eurent loisir de se mettre en place pour medire des dames : encore que s’il eust regné longtemps, ne faut point croire qu’il les eust permis en sa Cour ; car c’estoit un Roy de tres bon et tres franc naturel, et qui ne se plaisoit point en medisances, outre qu’il estoit fort respectueux à l’endroit des dames et les honnoroit fort : aussi avoit il la Reine sa femme, et la Reine sa mere, et messieurs ses oncles, qui rabrouoient fort ces causeurs et piqueurs de langue. [p. 492] Il me souvient qu’une fois, luy estant à Sainct Germain en Laye, sur le mois d’aoust et de septembre, il luy prit d’envie d’aller le soir voir les cerfs en leurs ruths en cette belle forest de Sainct Germain, et menoit des princes ses plus grands familiers, et aucunes grandes dames et filles que je dirois bien. Il y en eut quelqu’un qui en voulut causer, et dire que cela ne sentoit point sa femme de bien ny chaste, d’aller voir de telles amours et tels ruths de bestes, d’autant que l’appetit de Venus les en eschauffoit davantage à telle imitation et telle veue, si bien que, quand elles s’en voudroyent degouster, l’eau ou la salive leur en viendroit à la bouche du mitan, que peu apres il n’y auroit autre remede de l’en oster, sinon par autre cause ou salive de sperme. Le Roy le sceut, et les princes et dames qui l’y avoyent accompagné. Asseurez vous que si le gentilhomme n’eust sitost escampé, il estoit tres mal, et ne parut à la Cour qu’apres sa mort et son regne.
[…]
[p. 710] Il y faut aller le plus sagement que l’on peut et le plus hardiment aussi, et faire comme ce [p. 711] grand roy Henry, lequel, comme il estoit fort subjet à l’amour et fort aussi respectueux aux dames, et discret, et par consequent bien aymé et receu d’elles, quand quelquesfois il changeoit de lict et s’alloit coucher en celluy d’un’autre dame qui l’attandoit, ainsi que je tiens de bon lieu, jamais n’y alloit, et fust ce en ces galleries cachées de Sainct Germain, Blois et Fontainebleau, et petitz degrez eschapatoires, et recoings, et galletas de ses chasteaux, qu’il n’eust son vallet de chambre favory, dit Griffon, qui portoit son espieu devant luy avecques le flambeau, et luy après, son grand manteau devant les yeux ou sa robe de nuict, et son espée soubz le bras ; et estant couché avec la dame, se faisoit mettre son espieu et son epsée aupres de son chevet, et Griffon à la porte bien fermée, qui quelquesfois faisoit le guet et quelquesfois dormoit. »

Bourdeille de Brantôme, Pierre (de)

Mentions de Saint-Germain-en-Laye dans les Mémoires-Journaux de Pierre de L’Estoile

« [t. I, p. 237] Rare exemple. Le samedi 22e mars [1578], le seigneur de La Loue fust, par le commandement du Roy, mené soubs seure garde à Saint Germain, où on lui fist espouser Malherbe, damoiselle de la Roine, qu’il avoit engrossée, et au retour, les envoia tous deux prisonniers au Bois de Vincennes, menassant La Loue de lui faire trancher [p. 238] la teste, à cause de l’outrage et exces par lui fait en la maison de la Roine son espouse, aiant esté si presomptueux que d’y engrosser une de ses filles.
[…]
[p. 310] Le vendredi 20e mars [1579], le Roy accompagne M. le duc son frère, s’en retournant à Alençon, jusqu’à Noisi, où ils vont coucher, et le lendemain à Saint Germain, où ils reçoivent les nouvelles comme, le vendredi passé 13e mars, le jeune Duras, dit Rassan, avec l’aisné de Duras, son frere, s’estoient attaqués de querelle contre le vicomte de Thurene et le baron de Salignac, s’estans combattus deux à deux sur la greve d’Agen. Auquel combat le vicomte de Thurenne estoit demeuré blessé de dix sept coups d’espée, en danger de mort.
[…]
[p. 321] Le mardi 18e aoust, le Roy s’en alla à Saint Germain en Laye, et envoia le grand prevost de France, bien accompagné de gens de pied et de cheval, pour se saisir de la personne du seingneur de la Roche Guion, et autres ses partizans gentilshommes de Normandie, pour ce qu’aux deniers Estats tenus à Rouan par les Normans, ils avoient hautement parlé pour le peuple contre le Roy.
[…]
[p. 354] Le vendredi 25e febvrier [1580], le seigneur d’O, l’un des mignons du Roy, revint de Normandie, dont le Roy lui avoit donné partie du gouvernement en la faveur du seingneur de Villequier, duquel il estoit designé gendre, et vint trouver Sa Majesté à Saint Germain en Laie, à laquelle il fit le recit du bon receuil qu’on lui avoit fait es villes et lieux de son gouvernement ; et pour lui donner nouveau passe temps, amena de Rouan une compagnie de farceurs.
[…]
[t. II, p. 1] Au commencement de janvier 1581, le Roy, de Blois, revinst à Paris et laissa les Roines à Chenonceau, et le Conseil privé et d’Estat à Blois, et, après s’estre donné du bon temps en nopces et festins, le 18e du mois, s’en alla au chasteau de Saint Germain en Laie commencer une diette, qu’il tint et continua jusqu’au commencement du mois de mars ensuivant.
[…]
[p. 2] Le dimanche 5e jour du mois de mars, le Roy, relevé d’une longue diette par lui faite à Saint Germain en Laie, d’où deux jours auparavant il estoit, sain et allegre, revenu à Paris, alla au Bois de Vincennes disner.
[…]
[p. 126] Le mercredi 25e may [1583], le Roy alla aux Augustins, au service de la Pénitence, en la maniere accoutumée, et là prist congé de ses confreres poenitens pour 15 jours ou 3 semaines, et partit de Paris le vendredi 27e may, avec ses deux mignons, alla disner aux Bons Hommes de Nigeon, de là à Saint Germain en Laye, et de là fust trouver la Roine sa mere à Monseaux, et de Monseaux se rendit à Mezieres, où il se fit porter de l’eau pour voire de la fontaine de Spas.
[…]
[p. 141] Le lundi 28e novembre, ce Du Mesnil qui nagueres avoit esté resserré en la Bastille par commandement du Roy, deplaisant de tenir si longue et estroicte prison, brula la nuit, avec la paille de son lit et ce qui peust recouvrer de vois, la porte de son cachot, duquel sorti print la corde du puis estant dans la cour, monta dessus la terrasse de la Bastille, au plus haut, attacha le bout de ceste corde à une roue d’artillerie, et l’alongea d’une autre forme de corde faite de ses draps, de sa coitte, de sa paillasse et de la couverture de son lit, et se dévallant dans le fossé, la corde se treuvant courte, se laissa tumber en bas, et demeura accroché par l’espaule à la pointe d’un barreau du treillis d’une fenestre ; d’où criant, fut secouru et remis en la prison, où il fut depuis plus soingneusement gardé. Il disoit vouloir aller parler au Roy, lors estant à Saint Germain en Laye, et qu’il s’asseuroit que le Roy, l’aiant oui, lui donneroit sa remission ou abolition et le remettroit en sa liberté.
[…]
[p. 146] Le 12e janvier [1584], le Roy, aveq les conseillers de son conseil d’Estat et autres, mandé par lui expres, retourna à Saint Germain en Laye continuer la reformation qu’il disoit vouloir faire de tous les estats, commenceant à ses officiers tant de robbe longue que de robbe courte, dont il retrancha un grand nombre, au mescontentement de plusieurs qui avoient acheté leurs estats et, estans cassés, n’en estoient point remboursés. Il en vouloit singulierement à ses tresoriers et gens de finances, qu’il tenoit pour larrons notoires (en quoy il y a apparance qu’il ne se trompoit pas). De fait, tost apres, il leur fist faire proces, erigeant une chambre expresse à cest effait que l’on appela la chambre royale, en laquelle Chastillon, comme devant, fut procureur du Roy.
[p. 147] Febvrier
Le septiesme febvrier, le Roy, apres avoir veu la foire Saint Germain, s’en retourna à Saint Germain en Laye pour continuer la reformation des etas de son roiaume, et y revinsty le samedi ensuivant pour faire le carneval.
[…]
[p. 160] Le mercredy 27e juing, le Roy alla disner à Madrid et coucher à Saint Germain en Laye, où estant tous les officiers et serviteurs de feu [p. 161] son frere s’estans presentés à Sa Majesté, furent renvoiés par lui à la Roine sa mere, disant le Roy « qu’il n’estoit possible qu’il leur peust voir de bon œil ».
[…]
[p. 173] Le 30e octobre, le Roy s’en alla au Bois de Vincennes passer les festes de Toussaints aveq ses confreres Hieronimites, et la Roine mere, en son logis des Repenties. La Roine regnante demeura à Saint Leger, attendant que le Roy se resolut de Saint Germain, ou autre lieu, pour resider jusqu’à ce que le danger de la peste fust passé. Cependant, les filles de la Roine furent envoiées à Meudon passer quelques jours.
[…]
[p. 176] Le 18e de decembre, le Roy vint de Saint Germain en Laye à Paris et se retira à Vincennes, où il passa les festes de Noel aveq ses confreres Hieronimites.
[…]
[p. 194] Le 7e jour de may [1585], le duc d’Espernon, accompagné de quatre cens harquebusiers, se retira au chasteau de Saint Germain en Laye pour s’y faire penser d’un chancreux mal de gorge qu’il avoit et y faire les diettes et autres traictemens necessaires à sa santé. Où estant, le Roy incontinent le fust voir, et lui mesme le feit soingner et panser, ce qui donna subject au sonnet suivant, fait et divulgué par ceux de la Ligue, qui la hayioient mortellement pour ce qu’ils le congnoissoient pour serviteur tres fidele du Roy, encores qu’ils couvrissent leur haine d’une bonne cause, qui estoit la misere du peuple, duquel ils le disoient sangsue.
[…]
[t. VI, p. 203] Le mercredi saint, 6e avril [1594], le Roy revinst de Saint Germain en Laye sur les onze heures du matin expres (comme il disoit) pour estre à l’absoulte à Nostre Dame, où il alla.
[…]
[p. 224] Le dimanche 28e [août], M. d’O fist un festin magnifique aux dames et damoiselles de Paris.
Ce mesme jour, Madame, sœur du Roy, fist prescher publiquement, dans le chasteau de Saint Germain en [p. 225] Laye, et y fust celebrée la cene, en tres grande compagnie.
[…]
[p. 226] Le mardi 13e [septembre], le Roy vint se proumener à Paris, à la desrobbée, n’estant accompagné que de M. de Longueville ; coucha chez Du Mortier, à la Cousture Sainte Catherine, et le lendemain matin s’en retourna seul, avec madame de Liancour, dans son coche, à Saint Germain en Laye.
[…]
[p. 244] Le mardi 22e [novembre], comme le Roy arrivoit à Saint Germain en Laye, furent pris huict voleurs, qui, par leurs paroles et variations, se rendirent suspects d’estres venus là pour tuer le Roy, car ils s’estoient enquis à quelle heure il passeroit, s’il estoit bien accompagné, quel habit il portoit et autres circonstances qui les envoierent, tout bottés, au gibet, car ils furent perndus, aux torches.
[…]
[t. VII, p. 41] Le Roy, suivant la promesse qu’il en avoit faite au [p. 42] pape, retira pres de lui, sur la fin de ceste année [1595], Henri de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, aagé de sept ans, pour le faire nourrir et instruire en la religion catholique, apostolique et romainne ; et, pour ce faire, le fist amener de Poictou au chasteau de Saint Germain en Laye, où il luy bailla pour gouverneur M. le marquis de Pizani, seingneur autant sage et accompli qu’il y en eust en France, grand catholique et homme de bien, et pour precepteur M. Lefevre, homme de rare probité et doctrine, vrai catholique de profession et d’effort.
[…]
[p. 46] Le mercredi 24e [janvier 1596], le petit prince, qui estoit à Saint Germain en Laye de l’expres commandement de Sa Majesté, alla à la messe et fut changée sa religion, et instruit en la catholique par messire Pierre de Gondi, cardinal evesque de Paris, qui le catechiza selon que son aage le pouvoit porter. Et, pour ce que le desastre du plancher fondu à la Cour estoit arrivé le jour de devant, cela donna subject aux curieux de nouvelles allegories.
[…]
[p. 77] Le jeudi 12e decembre, le Roy arriva à Paris, et le lendemain alla à l’Hostel de Ville, où il parla en roy, envoia prisonnier à Saint Germain en Laye un bourgeois de Paris nommé Carrel qui s’estoit meslé de dresser quelque requeste pour les rentes de la Ville, des deniers desquelles il prist huict mil escus, menaçant de la Bastille le premier qui parleroit de sedition pour lesdites rentes.
[…] [p. 94] Le jeudi 8e may [1597], arriva à Saint Germain en Laye, où estoit le Roy, M. le duc des Deux Ponts, fils aisné du duc de Lorraine, pour baiser les mains à Sa Majesté, et aussi pour le mariage de lui avec Madame, dont on parloit fort à la Cour. Sa Majesté l’alla recueillir jusques à la moictié de l’allée du parc, et le mena par la main jusques en la chambre des dames, où estoit Madame, sa sœur, laquelle, avec le Roy et ledit duc, vinst à Paris le samedi 10e de ce mois.
[…] [p. 123] On faisoit, en ce temps [juin 1598], à Paris, un conte plaisant, reputé fabuleux au commencement, mais qui enfin fut averé pour veritable, d’ung pauvre homme que le Roy, en ce mois [juin 1598], trouva dans les bois Saint Germain, qui menoit vendre une vache qu’il avoit pour paier la taille, lequel le Roy aiant pris plaisir d’arraisonner, voiant que ce pauvre homme ne le connoissoit pas, tira de sa bouche la quintessence des plaintes du pauvre peuple sur les tailles et impost que journellement on lui mettoit [p. 124] sus. Et, pour lui en secouer davantage la bride, Sa Majesté lui dit qu’il faloit bien dire qu’on eust un meschant roy de tailler de ceste façon son pauvre peuple. « Si n’est il des pires (ainsi qu’on dit), va respondre ce bonhomme, tout à la bonne foy ; mais il a une belle Gabrielle qui le gratte, qui nous gaste tout ! » Le Roy, se prenant à rire, voiant sa naisveté, lui fist donner douze escus afin qu’il ne vendist point sa vache et en fist le conte, le lendemain, à sa maistresse, lui disant que, pour l’amour d’elle, il lui avoit donné les douze escus.
[…]
[p. 151] Sur la fin de ce mois [novembre], le Roy vinst secrettement à [p. 152] Paris pour voir madame la duchesse, qui s’estoit trouvée un peu malade et avoit eu une foiblesse, et après s’en retourna à Saint Germain avec elle dans sa litiere.
[…]
[p. 153] Le dimanche 13e de ce mois [décembre], jour sainte Luce, fust fait à Saint Germain en Laye le baptesme du fils de madame la duchesse de Beaufort, avec les pompes et cerimonies accoustumées. Le Roy, pour gratifier le comte de Soissons, le fist son compere avec madame d’Angoulesme, [p. 154] sœur bastarde du feu roy Henry II, qui en fust la commere avec ledit comte de Soissons. Messire Pierre de Gondi, cardinal, le baptiza. Au sortir d’icelui, on fist le festin magnifique et joua l’on devant le Roy un balet qu’on appeloit des Cinq Nations, desquels les principaux chefs estoient M. de Rohan, M. de Nemoux, le comte d’Auvergne, M. le Grand et le marquis de Coeuvre. Il y eust aussi un jeune homme, natif des fauxbourgs Saint Germain, fort habile et des plus soupples et adroits qui se soient veus de nostre temps, qui donna plaisir au Roy de danser sur une corde, voltiger, voler et faire autres tours de soupplesse et gaillardise, que Sa Majesté admiroit, et y prit plaisir, comme aussi firent tous ceux de sa Cour.
[…]
[p. 174] Le dimanche dernier de ce mois [janvier 1599], Madame, sœur du Roy, fust mariée dans le cabinet de Sa Majesté, à Saint Germain en Laye, avec le marquis de Pont, qu’on nommoit le duc de Bar, fils ainé du duc de Lorraine, par M. de Rouen, frere bastard du Roy, lequel conduisit le nouveau marié à la messe, comme aussi fust la nouvelle mariée conduitte au presche par M. de Bouillon et autres seigneurs et gentilshommes de la Religion en grand nombre.
[…]
[p. 178] Le lundi premier de ce mois [mars], sur le bruit qui couroit partout que le Roy espouseroit la duchesse de Beaufort, sa maistresse, les mesdisans de la Cour, où on ne bruioit d’autres choses que de ce mariage, semerent les vers suivans, qu’on disoit avoir esté trouvés, ce jour, sur le lit du Roy :
Mariez vous, de par Dieu, Sire !
Vostre lignage est bien certain :
Car un peu de plomb et de cire
Legitime un fils de putain.
Putain, comme les sœurs sont putantes,
Comme fut la mere jadis,
Et les cousines et les tantes,
Horsmis madame de Sourdis !
Il vaudroit mieux que la Lorraine
Vostre roiaume eust envahi,
[p. 179] Qu’un fils bastard de La Varaine
Ou fils bastard de Stavahi.
Le Roy, estant à Saint Germain en Laye, visitant ses orangers, trouva, enté sur le pied d’un, les vers susdits, qu’on y avoit mis expres, sachant que Sa Majesté ne faudroit à les y trouver. Le Roy, les aiant leus, dit : « Ventre saint gris ! si j’en tenois l’auteur, je ne le ferois pas enter sur un oranger, mais sur un chesne ! »
[…]
[p. 281] Le dimanche 25e de ce mois [mars 1601], advinst à Saint Germain en Laye, où estoit le Roy, qu’ung gentilhomme gascon nommé Dantiran, voulant entrer avec ses galoches, contre les defenses qu’en avoit fait le Roy, dans la chambre de Sa Majesté, fut repoussé par un des gardes, en sorte qu’il fust contraint de laisser ses galoches à la porte. De quoi le gentilhomme se sentant offensé, aiant rencontré, deux heures apres, son archer des gardes, lui donna deux soufflets. Lequel, sans autrement s’en revancher, en alla faire sa plainte au Roy, lequel aiant fait venir tout aussitost le gentilhomme, lui dit que, s’il ne l’eust recongneu pour un fol enragé, il lui eust fait tout à l’heure couper la teste. Au reste, qu’il ne se trouvast jamais devant lui, s’il ne vouloit estre incontinent pendu, et le bannist de la Cour à perpetuité. Et quant à celui des gardes, pour ce qu’il n’avoit tué le gentilhomme, comme il pouvoit et devoit le faire, Sa Majesté, apres l’en avoir rudement tansé et baffoué, lui en fist faire amande honnorable, les genouils à terre.
[…]
[t. VIII, p. 46] Le lundi 14e de ce mois [octobre 1602], sur les quatre heures apres midi, arriverent par la porte Saint Antoine les deputés des Cantons des Suisses. […]
[p. 48] Le jeudi 17e de ce mois, ils se transporterent tous à Saint Germain pour y saluer M. le Dauphin, qui les y festoia fort magnifiquement.
[…]
[p. 54] Ce jour [22 novembre], Dubreuil, peintre de Sa Majesté, singulier en son art et qui avoit fait et devizé tous ces beaux tableaux de Saint Germain, en revenant dudit Saint Germain sur un cheval qui estoit restif et alloit fort dur, fust, à son retour, surpris d’un renversement de boyau que les medecins appellent un miserere, qui en moins de vingt quatre heures l’envoia en l’autre monde.
[…]
[p. 75] Le dimanche 20e [avril 1603], le Roy alla au sermon du cordelier portugais qui preschoit à Saint Germain de l’Auxerrois, et au sortir de ce sermon, qui commença à trois heures, monta à cheval avec la Roine pour aller à Saint Germain en Laye voir M. le Dauphin.
[…]
[p. 89] Le mardi 5e [août], Madame la duchesse de Bar, sœur du Roy, arriva de Lorraine à Paris, où, des le lendemain, fit prescher publiquement et à huis ouvers en son hostel, pres les Filles repenties, combien que le bruit fust partout que le Roy ne le vouloit point et qu’il l’avoit expressement defendu. Ce fait, elle partist l’apres dinée poour aller trouver le Roy son frere à Saint Germain en Laye.
[…]
Le dimanche 10e, Madame, à la priere du Roy son frere, assista au sernom du père Cotton, jesuite, qu’il fist ce jour à Saint Germain en Laye, à onze heures du matin, et prescha l’Evangile du Samaritain, où, interpretant ce surplus dont il est fait mention audit passage, « que l’autre lui devoit bailler », dit que c’estoit le tresor des indulgences du pape et les œuvres de supererogation qu’il en tiroit. Ce que Madame fist confuter l’apres disnée mesme par son ministre Du Moulin, auquel elle enchargea de prescher ceste mesme Evangile. Ce qu’il fist.
[…]
[p. 100] Le jeudi 25e [septembre], le Roy arriva à Saint Germain, estant de retour de son voiage de Normandie, où il arresta le restablissement des jesuites, confirma Sigongne en son [p. 101] gouvernement de Dieppe, et osta à Crevecoeur le gouvernement du chasteau de Caen.
[…]
[p. 121] En ce mois [février 1604] mourust en Lorraine madame la duchesse de Bar, sœur unique du Roy, et en arriverent les nouvelles à Paris et à la Cour le dimanche 15e du present mois de febvrier, qui furent celées au Roy jusques au mardi ensuivant, pour ce qu’il avoit ses gouttes.
Sa Majesté s’en montra fort faschée et en pleura (ce [p. 122] qu’on a fort rarement remarqué lui estre avenu), defendist tout à l’heure les balets et masquarades pour un temps, et commanda à messeingneurs de Nemoux et comte d’Auvergne de differer leur balet qu’ils devoient jouter le jeudi, puis, pour passer sa fascherie, s’en alla à Saint Germain, apres avoir donné ordre aux bagues du cabinet de ladite dame.
[…]
[p. 165] Sur la fin de ce mois [septembre], grands remuemens à la Cour : la marquise disgraciée, ses enfans menés à Saint Germain, de l’expres commandement de Sa Majesté.
[…]
[p. 223] Ce jour, le Roy et la Roine, passans au bacq de Nulli, revenans de Saint Germain à Paris, et ayans avec eux monsieur de Vendosme, faillirent à estre nayés tous trois, principalement la Roine, qui beut plus qu’elle ne vouloit ; et sans un sien valet de pied et un gentilhomme, nommé La Chastaingneraie, qui la prist par les cheveux, s’estant jetté à corps perdu dans l’eau pour l’en retirer, couroit fortune inévitable de sa vie. Cest accident guairist le Roy d’un grand mal de dents qu’il avoit, dont le danger estant passé il s‘en gossa, disant que jamais il n’y avoit trouvé meilleur recette : au reste, qu’ils avoient mangé trop de salé à disner, et qu’on les avoit voulu faire boire après. Mais il y avoit plus à remercier Dieu qu’à rire de ceste délivrance, laquelle procédoit d’en haut : Dieu aiant eu encores pitié à ceste fois, comme en beaucoup d’autres, de son Roy et de son peuple.
[…]
[t. IX, p. 142] Le mercredi 15e de ce mois, le Roy, après avoir séjourné [p. 143] à Paris près de trois semaines, avec le duc de Mantoue, auquel il fist voir les beautés et singularités de sa bonne ville (et la plus belle, comme je croy, de celles que le soleil regarde), en partit, avec ledit duc, pour aller à Fontainebleau. Et comme il lui avoit fait monstre de la superbe grandeur et magnificence qui se remarquent aux bastimens somptueux et embelissemens de toutes sortes qu’il y a fait faire, depuis la reduction d’icelle sous l’obeissance de Sa Majesté, aussi le voulust il contenter de ses belles maisons des champs, non moindres en superbe et magnificence que ses villes, et le proumener à Monsseaux, Saint Germain et autres lieux de plaisance, qu’il a fait acommoder des plus exquises raretés et singularités qui se puissent voir.
[…]
[t. XI, p. 131] Le Roy et la Roine allerent, ce jour [26 juillet 1611], à Saint Grmain, et disoit on que la Roine y estoit allée, en partie, pour ne point estre à Paris, quand la Coman seroit executée : qu’on disoit estre le lendemain.
[…]
[p. 135] Ce jour [2 août 1611], M. le chancelier et le premier président allerent à Saint Germain voir les comedies qui s’y jouoient, de messieurs les Enfans de France. Que Dieu veuille que ce ne soit point le prologue d’une tragedie ! »

L’Estoile, Pierre (de)

Lettre d’Edward Stafford, ambassadeur d’Angleterre en France, à Walsingham mentionnant des travaux au château de Saint-Germain-en-Laye

« I am now going to horse to meet the King, or at least the Queen Mother, at Chenonceaux. The King would not give me audience at Bois de Vincennes, but referred me and all the ambassadors to his meeting with the Queen Mother at Blois, on the 10th or 12th of this month at farthest. But she having sent him word that “there was no coming to Blois nor thereabouts, the plague being so rife,” he appointed to see her at Chenonceaux, “and not tarry past a night or two and so bring them away with him to Montargis, and so roving about and staying in no place till Saint Germains house be ready, where he meaneth to make his rendezvous”, desiring us all to wait until then.
But knowing that he hath so pulled down and patched at Saint Germains that it cannot be ready a good while, and his humour so changeable that God knoweth whether he will keep that deliberation or no, and desirous to have her Majesty served to her contentment,” though it is above seven score miles hence and will be a great charge, I mean to go to Amboise, within two leagues of the Court, and be there before the King, and speak with them both. If he comes not within ten days, I will speak with the Queen Mother, and stay till she has sent to him, rather than leave her Majesty's will undone. »

Stafford, Edward

Mention par la reine Marguerite d’une chasse projetée par le duc d’Alençon à Saint-Germain-en-Laye

« [p. 132] En ces jours la [9 février 1578], le mariage de Saint Luc se fist, auquel mon frere ne voulant assister, me pria aussi d’en faire de mesme. […]
[p. 134] Mon frere, se retirant en sa chambre, tenant son congé pour obtenu, commande a tous ses gens d’estre le lendemain prests pour aller a la chasse de Saint Germain, ou il vouloit demeurer quelques jours a courre le cerf, ordonne a son grand veneur d’y faire trouver les chiens, et se couche en cette intention de se lever le lendemain matin pour aller a la chasse soulager et divertir un peu son esprit des brouilleries de la Cour.

Marguerite de France

Lettre de l'ambassadeur de Venise concernant la venue du roi au château de Saint-Germain-en-Laye

« [...] et hora stiamo aspettando quello che pîacerà le commissioni dell’Eccellentisismo Senayo ; il che non cerdemo che possa esser prima che doppo l’arrivo di S. M. in San Germano, dove fa preparare alcuni stantie più all ‘uso d’Italia, che di questo paese, dovendo essere cinque o sei l’una dentro l’altra, guarnite de finissime razzi con letti di seta et oro, con portieri particulari ognuna di esse, persone di qualcho conto, che habbiano cura che non vi entri cosi ognuno undifferentemente, perchè si stià con più decoro. Questi portieri si muteranno ogni tre mesi, et per loro mercede haveranno un vestimento di veluto con una collana di duecento scudi da tenere al collo mentre durerà il tempo del loro servicio. Et sicome si parte in ciò S. M. dall’ordinario, volendo questa apparentia di maggior grandezza, così ha regolato ancora li gentilhuomini della camera, riducendoli di quattrocento che prima erano, al numero di quatroventi, trenta per quartieri, accrescendo la loro provisione da duecento fino a seicento scudi per uno, ma con obligo di seguitar sempre la persona sua in ogni luoco con due cavalli da guerra ; il che sarà eseguito, oltrte che rappresentarà maggior splendore, conforme alla grandezza d’un tanto Re, servirà ancora pêr maggior sicurità della Maestà Sua [...]. »