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Lafollye, Joseph-Auguste Millet, Eugène Château-Vieux
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Lettre de l’architecte Lafollye concernant l’aménagement du logement du conservateur au château de Saint-Germain-en-Laye

« Saint-Germain-en-Laye, le 20 mai 1880
Monsieur le Ministre
Conformément aux instructions contenues dans la lettre que vous avez bien voulu m’adresser le 24 avril dernier, je me suis empressé d’étudier un projet pour aménager le 2e étage du bâtiment sud du château pour y installer le logement du conservateur du musée.
J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint le projet comprenant deux dispositions.
Dans la première, le salon comprend deux des travées voûtées et les chambres à coucher sont placées près de l’escalier de droite, particulièrement affecté au logement du conservateur.
Dans la 2e, au contraire, les salles voûtées sont aménagées en chambre à coucher et le salon est placé près de l’escalier.
Dans les deux projets, le cabinet du conservateur est au premier étage, à proximité de l’escalier qui dessert le logement. Un petit salon destiné à recevoir les boiseries du temps de Louis XIV emmagasinées à la vénerie vient à la suite. Enfin, une pièce qui pourrait servir pour des commissions est annexée à la bibliothèque qui occupe le reste de l’étage.
Le dossier que j’adresse à M. le Ministre comprend :
1° deux plans du 2e étage (logement du conservateur)
2° un plan du 1er étage avec le cabinet du conservateur
3° le plan du 1er étage dressé par M. Millet
4° le plan du 1er étage et de l’entresol proposé en dernier lieu par l’architecte (18 janvier)
J’ai l’honneur d’être avec respect, Monsieur le Ministre, votre très dévoué serviteur.
A. Lafollye »

Lafollye, Joseph-Auguste

Lettre de l’architecte Lafollye concernant l’aménagement du logement du conservateur au château de Saint-Germain-en-Laye

« Saint-Germain, le 6 juillet 1880
Monsieur l’Inspecteur général,
En faisant contrecoller les dessins de M. Millet pour les conserver, j’ai retrouvé il y a quelques jours un plan contenant le relevé d’un escalier dont les accès étaient pratiqués dans le mur occidental du pavillon sud-est et qui deservait tous les étages du bâtiment sud. Cet escalier fut bouché par Hardouin-Mansard quand il construisit le gros pavillon de l’angle sud-est aujourd’hui démoli, et remplacé par un escalier beaucoup plus grand qui remplissait le même but.
Je dois dire d’abord que tout le 1er étage du bâtiment sud était entresolé depuis l’angle sud-est jusqu’à la chapelle au moment où commencèrent les travaux de restauration du château, c’est-à-dire en 1862.
A cette époque, des traces de baies bouchées à chaque étage de l’angle sud-est engagèrent M. Millet à faire des sondages qui mirent à découvert l’escalier dont je parle. Cet escalier montait de l’entresol au 1er étage, du 1er étage à un second entresol pris aux dépens du 1er étage, de ce second entresol au 2e étage, et enfin il y avait encore les premières marches d’une dernière révolution conduisant sur la terrasse en pierre qui couronnait le château du temps de François 1er.
Si vous rapprochez ce renseignement d’un autre non moins positif qui est fourni par l’existence des parties de poutres encore visibles, sciées à quelques centimètres de la face intérieure du mur du bâtiment sud et vers la chapelle, il est facile d’établir d’une manière péremptoire que tout le 1er étage du bâtiment sud était entresolé et cela du temps de François 1er. Ce qui le prouve, ce sont les moulures des poutres dont les portées sont encore visibles et surtout les portes de l’escalier que je signale, dont la construction est antérieure aux travaux exécutés par Hardouin-Mansart. Louis XIV fit remplacer l’escalier de François 1er par un autre situé à sept mètres plus loin dans son gros pavillon, et il conserva l’entresol du bâtiment sud, tel qu’il avait été établi sous François 1er.
De ce qui précède, il résulte donc :
1° que tout le 1er étage du bâtiment sud était entresolé du temps de son fondateur, c’est-à-dire François 1er.
2° qu’Hardouin-Mansart, au temps de Louis XIV, respecta cette disposition tout en murant l’escalier de François 1er pour en construire un autre remplissant les mêmes conditions dans son gros pavillon de l’angle sud-est.
3° que M. Millet, après la démolition du pavillon de Louis XIV, avait reconnu aussi comme indispensable l’existence d’un escalier vers l’angle F, qu’il a construit pour cela l’escalier C et qu’il n’a supprimé l’entresol du 1er étage que dans la partie M occupée par la bibliothèque du musée, le conservant, ainsi que son projet l’indique, dans la partie occupée par le logement du conservateur.
Il faut remarquer en outre que, pour gagner de la hauteur dans les étages de ce bâtiment ainsi entresolé, M. Millet, abandonnant le principe des planchers en bois, avait adopté les planchers en fer et avait aussi augmenté la hauteur des croisées pour avoir plus de jour et plus d’air dans les pièces d’entresol. Les fenêtres des autres façades n’ont que 4 m. 43 au lieu de 4 m. 75 qu’il a données aux fenêtres de ce corps de bâtiment.
Il faut remarquer d’ailleurs, M. l’Inspecteur général, qu’il serait toujours possible de supprimer le plancher intermédiaire si plus tard on supprimait le logement du conservateur, sans rien changer à l’ordonnance de l’étage. Tandis que supprimer les voûtes du 2e étage pour faciliter l’établissement d’un appartement moderne serait une chose très regrettable, puisqu’elle aurait pour conséquence d’interrompre la magnifique ordonnance des voûtes du 2e étage, de modifier le système de construction du temps, et de retirer à ce monument un des principaux caractères de son originalité, caractère que nous avons surtout mission de respecter et de conserver.
Lorsque j’ai eu l’honneur d’entendre vos observations à ce sujet, j’étais nouvellement chargé du service et j’ignorais encore les différentes circonstances qu’une étude plus approfondie du château m’a fait connaître.
Je tiens à votre disposition les différents relevés et les carnets de l’inspecteur de M. Millet qui est encore le mien. Ces relevés et ces carnets servaient à M. Millet pour l’étude de ses projets de restauration et j’ai pensé qu’il vous serait agréable de prendre connaissance de tous ces faits qui ne pouvaient être connus que de ceux qui ont suivi dès l’origine les travaux de restauration du château de Saint-Germain.
Je suis avec respect, Monsieur l’Inspecteur général, votre tout dévoué serviteur.
A. Lafollye »

Lafollye, Joseph-Auguste

Lettre concernant les plaques de cheminées utilisées pour le château de Saint-Germain-en-Laye

« Ministère des Travaux publics
Direction des Bâtiments civils et des palais nationaux
Château de Saint-Germain-en-Laye
Bureau de l’architecte
Paris, le 9 mars 1880
Monsieur le Ministre,
Monsieur Millet a décoré les âtres des cheminées qu’il a restaurées avec des plaques de fonte provenant de la démolition des pavillons élevés sous Louis XIV. Il n’en reste plus en magasin pour terminer les cheminées en construction. Avant de faire faire des modèles de plaques nouvelles, je viens exposer à M. le Ministre que les magasins du château de Compiègne renferment une quinzaine de belles plaques de fonte de l’époque également de Louis XIV et que la question de les vendre, faute d’emploi, a été posée au temps où j’étais architecte de ce palais, et qu’il peut arriver qu’on finisse par les vendre comme vieille fonte.
Dans le cas où la cession de ces plaques serait possible, je viens prier M. le Ministre de vouloir bien faire demander à mon collègue de mettre à ma disposition les plaques de fonte, aux armes de France, époque Louis XIV, dont il n’a pas l’emploi.
J’ai l’honneur d’être avec respect, Monsieur le Ministre, votre très dévoué serviteur.
A. Lafollye »

Ministère des Travaux publics

Lettre concernant les travaux au château de Saint-Germain-en-Laye

« Ministère des Travaux publics
Direction des Bâtiments civils et des palais nationaux
Château de Saint-Germain-en-Laye
Bureau de l’architecte
Paris, le 30 avril 1879
A monsieur le ministre des Travaux publics
Monsieur le Ministre,
M. Choret, inspecteur des travaux du château, m’a communiqué les propositions qu’il a présentées à Monsieur le Ministre pour l’exercice 1879.
Ces propositions sont ainsi réparties entre les différents corps d’état :
Maçonnerie : 64761 f. 90 c.
Charpente : 11000,00
Menuiserie : 16000,00
Serrurerie : 10500,00
Peinture et vitrerie : 9500,00
Sculpture : 7000,00
Ensemble : 118761 f. 90 c.
J’ai examiné avec soin l’importance et la nature des travaux à exécuter dans chaque corps d’état, et j’ai l’honneur d’exposer à Monsieur le Ministre que ces travaux, sauf la maçonnerie et la sculpture, sont susceptibles d’être mis en adjudication.
Les travaux de maçonnerie consistent dans la continuation des travaux de reprises, de maçonneries de murs, de contreforts, de voûtes etc. Il serait difficile en ce moment, pour ne pas dire impossible, de délimiter les travaux qui pourraient faire l’objet d’une adjudication. Outre cette raison, les procédés employés pour l’exécution des maçonneries viendraient y mettre obstacle. Ces procédés consistent surtout dans la taille de la pierre à pied d’œuvre, avant la pose, dans les soins à prendre pour poser ces pierres taillées, moulurées ou sculptées, sans en épaufrer les arêtes.
Ces procédés exigent des bardeurs et des poseurs habités à ce travail, bardeurs et poseurs qu’un nouvel entrepreneur devra former, ce qui ne lui permettrait pas de aire les travaux aux conditions dans lesquelles peut les faire l’entrepreneur actuel, dont le chantier est instruit et expérimenté.
Pour ces raisons, je crois devoir proposer à Monsieur le Ministre d’ajourner la mise en adjudication des travaux de maçonnerie et de continuer à les faire exécuter sur soumission moyennant un rabais sur la série des Bâtiments civils. Toutefois, je me réserve d’étudier cette question pendant cet exercice, afin de m’assurer si l’entrepreneur consent à un rabais suffisant.
Il me paraît également impossible de proposer à Monsieur le Ministre de mettre en adjudication les travaux de sculpture. Ces travaux sont exécutés depuis plusieurs années par des artistes formés par M. Millet qui, grâce à une parfaite interprétation des anciennes sculptures, en ont fait revivre la manière et le style. On verrait facilement le travail d’une autre main et on perdrait ainsi l’harmonie et l’unité qui rendent aujourd’hui si remarquable l’œuvre de M. Millet.
Les travaux de charpente, de menuiserie, de serrurerie, de peinture et de vitrerie sont au contraire susceptibles d’être mis en adjudication. Ils consistent pour la plupart dans des répétitions de travaux déjà existants. Les entrepreneurs qui seront appelés à concourir pourront facilement apprécier le travail.
Je viens en conséquence prier Monsieur le Ministre, quand il aura examiné cette question, de vouloir bien me faire connaître sa décision dans le délai le plus rapproché, pour que je puisse dresser sans retard les pièces nécessaires pour l’adjudication (cahier des charges spécial pour chaque corps d’état, etc.).
En effet, le moment de commencer ces travaux est arrivé si l’on veut qu’ils soient terminés dans le délai réglementaire et, de plus, M. le conservateur du musée attend avec impatience l’instant où il pourra livrer au public les nouvelles collections dont le musée vient de s’enrichir.
La mise en adjudication des travaux devant avoir pour conséquence de ne pas permettre de commencer l’exécution avant le mois de juin, pour éviter tous les ans un semblable retard, si préjudiciable aux travaux, je crois devoir proposer à Monsieur le Ministre de faire une adjudication devant durer cinq ans consécutifs ou jusqu’à l’achèvement des travaux.
En attendant les instructions de Monsieur le Ministre, j’ai l’honneur d’être avec respect, Monsieur le Ministre, votre très dévoué serviteur.
A. Lafollye »

Ministère des Travaux publics

Rapport sur les travaux à mener au château de Saint-Germain-en-Laye

« Ministère des Travaux publics
Direction des Bâtiments civils et des palais nationaux
Château de Saint-Germain-en-Laye
Bureau de l’architecte
Paris, le 16 janvier 1880
Rapport sur des modifications à apporter aux projets dressés par M. Millet pour la restauration du château de Saint-Germain proposées par l’architecte
A. Lafollye, architecte
Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts
Monuments historique
Monsieur le Ministre,
J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint deux projets relatifs à la restauration du château de Saint-Germain ayant pour objet : le premier, de modifier et de compléter les dispositions prises par monsieur Millet pour l’installation de la bibliothèque du musée et pour le logement du conservateur ; le deuxième, le rétablissement des entrées primitives de la chapelle et la démolition de la tour qui masque la première travée de la cour.
Voici les considérations qui m’ont conduit à dresser ces deux projets pour les soumettre à votre approbation.
Premier projet
En étudiant les plans de la restauration du château de Saint-Germain dont vous m’avez appelé à poursuivre l’exécution, j’ai vu que le plan du premier étage du bâtiment sud, que l’on va restaurer, contenait la bibliothèque et seulement le salon et le cabinet du conservateur.
J’ai appris que monsieur Millet avait l’intention d’entresoller une partie du premier étage pour y mettre le complément du logement de ce fonctionnaire, mais qu’il n’avait pas produit ce plan.
En m’occupant de combler cette lacune, il m’a semblé que la distribution du 1er étage présentait des inconvénients assez graves pour qu’il fût nécessaire de vous les signaler et de vous proposer une nouvelle distribution. Dans le projet dressé par monsieur Millet, la bibliothèque, à laquelle on arrive par l’escalier d’honneur, mesure 11 m. 50 sur 4 m. 00 ; elle n’est éclairée que d’un seul côté ; l’antichambre qui la précède est en partie occupée par l’escalier qui conduit au dépôt des livres.
La galerie qui passe devant la bibliothèque paraît n’avoir d’autre objet que de desservir le cabinet du conservateur. L’antichambre à la suite donne accès à un escalier et à un petit salon A que l’on traverse pour se rendre aux cabinets d’aisance, puis au salon qui est en communication directe avec l’escalier qui dessert particulièrement le logement du conservateur.
Il résulte de cette disposition qu’il faut absolument traverser le salon pour aller ouvrir à un visiteur.
J’ai pensé qu’il était d’autant plus regrettable que la place occupée par la galerie fût perdue pour la bibliothèque qu’en la supprimant on pouvait éclairer des deux côtés cette pièce importante et lui donner en même temps une largeur plus en harmonie avec sa destination.
J’ai pensé également qu’il serait préférable que le cabinet du conservateur fût reporté et placé près de l’escalier destiné à son logement et de mettre dans cette pièce quasi-officielle les boiseries qui proviennent des appartements de Marie-Thérèse que monsieur Millet se proposait de placer dans le petit salon A.
Dans le projet que j’ai dressé dans cet ordre d’idées, j’ai mis en communication l’antichambre du cabinet avec l’antichambre du logement, sur lequel ouvrent le salon, la salle à manger et l’escalier qui conduit aux pièces situées à l’entresol.
L’entresol s’étend de l’escalier à la bibliothèque. Il comporte trois chambres à coucher, dont une grande, la cuisine et deux cabinets d’aisances.
Un monte-plats placé dans l’office facilitera le service de la cuisine avec la salle à manger.
J’ai dû modifier également le plan de l’entresol du rez-de-chaussée pour trouver deux chambres pour les domestiques du conservateur. J’ai pu néanmoins conserver à cet étage les deux logements de gardiens prévus par monsieur Millet.
Le plan du logement au rez-de-chaussée n’est modifié que dans des détails sans importance.
Je crois devoir exposer à Monsieur le Ministre que ce logement est destiné au portier qui aura la garde du pont-levis qui existait déjà à cet endroit sous François 1er et que mon prédécesseur avait l’intention de restituer.
La restauration du château n’ayant pas un caractère absolument archéologique, l’affectation des bâtiments à un musé ayant restreint le personnel logé à quelques employés, il semble que cette entrée, très rapprochée de la porte principale, pourrait être supprimée sans inconvénient.
Je prie Monsieur le Ministre de vouloir bien examiner cette question en même temps que le projet ci-joint.
Deuxième partie
Projet de rétablissement des entrées primitives de la chapelle et démolition de la vis qui masque la première travée dans la cour
A l’époque de saint Louis, la chapelle était de plain-pied sur la cour du château et sur la ville. On y entrait de chaque côté par une porte placée dans la première travée. Elle était alors dégagée, sauf le pignon. De plus, les bâtiments contre lesquels il était appuyé étaient assez bas pour ne pas masquer la magnifique rose qui le décore.
François 1er fit reconstruire presque complètement le château et la chapelle servit, pour ainsi dire, de trait d’union aux nouvelles constructions. A ce moment, la façade du côté de la ville était encore libre, mais déjà la vie S placée dans l’angle bouchait presque complètement la première travée sur la cour.
Sous Louis XIV, lors de la construction des cinq pavillons, cette façade fût très endommagée et masquée par un corps de bâtiment. Il n’y eût plus de visible de la chapelle que trois travées sur la cour.
Dans le projet de restauration par monsieur Millet en 1872, les constructions élevées sous Louis XIV sont supprimées, et la chapelle apparaîtrait dans l’état dans lequel elle était sous François 1er, sans la sacristie projetée entre les deux derniers contreforts du côté de la ville.
Ce projet comprend la restauration de la tour N, sous laquelle on a retrouvé en 1877 l’ancienne porte de la chapelle (on savait depuis 1862 qu’elle devait se trouver à cet endroit).
La vis que renferme cette tour dessert l’entresol et au 1er étage la salle de Mars, ou grande salle du palais. En examinant le plan de cette salle qui occupe tout le premier étage du bâtiment, on voit qu’elle est desservie par trois escaliers, l’un en M à l’angle gauche de la cour, l’autre en S à l’extrémité droite de la salle, et le troisième en P débouche dans le parloir du concierge. De plus, l’escalier R conduit du rez-de-chaussée aux fossés et à l’entresol.
Il nous a paru qu’en raison de la transformation de ce corps de bâtiment en salles de musée, les escaliers M, S, P, R suffiraient largement pour assurer les communications de divers étages, que la vis N était devenue inutile et que sa suppression permettrait 1° de restaurer l’ancienne porte de la chapelle retrouvée presque intacte sous la tour ; 2° de restituer la verrière au-dessus dans toute la largeur de la travée ; 3° de donner une fenêtre de plus à la façade en retour (époque François 1er).
La chapelle devant servir de musée pour des monuments d’un caractère religieux, la construction de la sacristie prévue par monsieur Millet, dont on peut faire la place en sacrifiant la première travée de la salle O, pourrait être ajournée jusqu’à ce qu’elle soit reconnue nécessaire.
La porte de la sacristie qui doit reproduire l’ancienne porte ouvrirait sur un balcon extérieur A placé entre les contreforts. Ce balcon, soutenu par un arc semblable à ceux des autres travées B, permettrait de voir la porte de l’autre côté du fossé.
Le rétablissement des deux portes du temps, le dégagement complet de la première travée nous ont paru présenter un intérêt de premier ordre. C’est la restitution complète d’un des plus remarquables monuments du XIIIe siècle. Elle intéresse au même point les artistes et les archéologues. Le sacrifice de la tour N qu’elle impose ne fait perdre aucun élément intéressant du château de François 1er, attendu que la tour M est complètement semblable à la tour N. Sa disparition, en dégageant les constructions, permettra d’embrasser d’un coup d’œil la chapelle saint Louis, ce ravissant et précieux monument, un des plus parfaits de son époque.
J’ai fait le devis ci-joint de chaque projet, en me basant sur les mémoires des travaux analogues déjà exécutés et, tout en considérant que la question de dépense ne présente qu’un intérêt relatif dans une restauration aussi importante au point de vue de l’art, je suis heureux de pouvoir établir que le projet que j’ai l’honneur de présenter à Monsieur le Ministre peut donner lieu à une économie que l’on peut évaluer à plus de 20000.
Je prie Monsieur le Ministre de vouloir bien soumettre d’urgence ces deux projets au conseil des Bâtiments civils et le comité des Monuments historiques pour ce qui intéresse la chapelle, afin que je puisse, aussitôt que le conseil aura donné son avis, prendre immédiatement des mesures pour arrêter les dispositions prises pour l’exécution du projet de monsieur Millet et préparer les détails pour l’exécution des nouveaux projets, si vous croyez devoir les approuver.
J’ai l’honneur d’être avec respect, Monsieur le Ministre.
A. Lafollye »

Ministère des Travaux publics

Lettre concernant l’emplacement du logement du conservateur dans le château de Saint-Germain-en-Laye

« Ministère des Travaux publics
Direction des Bâtiments civils et des palais nationaux
Château de Saint-Germain-en-Laye
Bureau de l’architecte
Saint-Germain, le 9 juillet 1880
Copie de la lettre adressée à M. Boeswilwald
A monsieur Boeswilwald, inspecteur général des Monuments historiques
Monsieur l’Inspecteur général (des Monuments historiques),
En faisant contrecoller les dessins de M. Millet pour les conserver, j’ai retrouvé il y a quelques jours un plan contenant le relevé d’un escalier dont les accès étaient pratiqués dans le mur occidental du pavillon sud-est et qui deservait tous les étages du bâtiment sud. Cet escalier fut bouché par Hardouin-Mansart quand il construisit le gros pavillon de l’angle sud-est, aujourd’hui démoli et remplacé par un escalier beaucoup plus grand remplissant le même but. Tout le 1er étage du bâtiment sud-est jusqu’à la chapelle était entresolé au moment où commençaient les travaux de restauration du château, c’est-à-dire en 1862.
A cette époque, des traces de baies bouchées à chaque étage de l’angle sud-est engagèrent M. Millet à faire des sondages qui mirent à découvert l’escalier dont je parle. Cet escalier montait de l’entresol au 1er étage, du 1er étage au second entresol pris aux dépens du 1er étage, de ce second entresol au 2e étage, et enfin il y avait encore les premières marches d’une dernière révolution conduisant sur la terrasse en pierre qui couronnait le château du temps de François 1er.
Si vous rapprochez ce renseignement d’un autre non moins positif qui est fourni par l’existence des parties de poutres visibles, sciées à quelques centimètres de la face intérieure du mur du bâtiment sud et vers la chapelle, il est facile d’établir d’une manière péremptoire que tout le 1er étage du bâtiment sud était entresolé, et cela du temps de François 1er. Ce qui le prouve, ce sont les moulures des poutres dont les portées sont encore visibles et surtout les parties de l’escalier que je signale, dont la construction est bien antérieure aux travaux exécutés par Hardouin-Mansart. Louis XIV fit remplacer l’escalier de François 1er par un autre situé à sept mètres plus loin dans son gros pavillon et il conserva l’entresol du bâtiment sud tel qu’il avait été établi sous François 1er.
De ce qu’il précède, il résulte donc :
1° que tout le 1er étage du bâtiment sud était entresolé du temps de son fondateur, c’est-à-dire de François 1er.
2° qu’Hardouin-Mansart, au temps de Louis XIV, respecta cette disposition tout en murant l’escalier de François 1er pour en construire un autre remplissant les mêmes conditions dans le gros pavillon de l’angle sud-est.
3° que M. Millet, après la démolition du pavillon de Louis XIV, avait reconnu aussi comme indispensable l’existence d’un escalier vers l’angle F, qu’il a construit pour cela l’escalier E et qu’il n’a supprimé l’entresol du 1er étage que dans la partie M occupée par la bibliothèque du musée, le conservant, ainsi que son projet l’indique, dans la partie que devait occuper le logement du conservateur.
En outre, pour augmenter la hauteur de l’entresol, M. Millet avait abandonné le principe des planchers en bois pour des planchers en fer et il conservait l’ordonnance et la hauteur des fenêtres du temps de François 1er, particulier à ce bâtiment et qui mesurent 4 mètres au lieu de 3 mètres 75 en raison de l’étage entresolé.
Je dois faire remarquer encore à Monsieur l’Inspecteur général qu’il serait toujours plus facile de supprimer le plancher de l’entresol et de rétablir le premier étage dans l’ordonnance générale si, plus tard, on supprimait le logement du conservateur, tandis que supprimer les voûtes pour faciliter l’établissement d’un logement serait une chose très regrettable, puisqu’elle aurait pour conséquence d’interrompre la magnifique ordonnance des voûtes qui couronnent tout le 2e étage du château, de modifier profondément le système de construction du temps de François 1er et de retirer au monument un des principaux caractères de son originalité, caractère que nous avons surtout mission de respecter et de conserver.
Je suis avec respect, Monsieur l’Inspecteur général, votre tout dévoué serviteur.
Signé Lafollye, architecte attaché à la conservation des Monuments historiques »

Ministère des Travaux publics