Pièce 5 - Récit de la mort de la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye

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Cote

5

Titre

Récit de la mort de la reine d’Angleterre à Saint-Germain-en-Laye

Date(s)

  • 7 mai 1718 (Production)

Niveau de description

Pièce

Étendue matérielle et support

1 document

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Nom du producteur

(1672 - 1832)

Histoire archivistique

Source immédiate d'acquisition ou de transfert

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Portée et contenu

« Le 7, la reine douairière d’Angleterre mourut à Saint Germain en Laye à 7 heures 36 minutes. Cette pieuse princesse ressentit les premières atteintes de la fièvre le jour de saint Jacques, dont le feu roy son époux portoit le nom. Comme elle reste presque toujours à genoux à la paroisse pendant le service et qu’il faisoit une chaleur excessive, elle en sortit fort fatiguée. Elle prit un verre d’eau et alla se promener ensuite sur la terrasse du jardin, d’où elle rentra une demie heure après au château avec une [p. 199] espèce de petit frisson. Elle ne laissa pas de souper légèrement mais, environ une heure après minuit, la fièvr se déclara et redoubla considérablement. La Cour en ayant été informée le matin, le Roy y envoya M. Dodart, son premier médecin, et M. Boudin. Ils la trouvèrent très mal. Depuis ce jour jusqu’au six qu’ils la firent seigner à la gorge, elle enfla extraordinairement. On désespéra alors entièrement de sa guérison. Elle reçut le soir tous ses sacremens après s’être confessée au père Gaillard, jésuite, qui ne la quitta point jusqu’au moment qu’elle expira. Sa résignation parfaite aux volontés de Dieu, sa charité continuement agissante envers les pauvres Anglois qui s’estoient refugiez auprès d’elle dans un royaume étranger, sa constance inébranlable dans les adversitez successivement renaissantes, dont la plus grande partie de sa vie a esté cruellement agitée, une foy des plus vives pour la véritable religion, caractérisent cette reine eu peu de mots, et forment son éloge.
Cette princesse, avant son mariage, avoit fortement sollicité le duc de Modène, son père, à lui permettre de s’enfermer dans un couvent des filles de Sainte Marie, et ce ne fut que par soumission à ses parens qu’elle épousa le duc d’York, qui monta depuis sur le trône d’Angleterre sous le nom de Jacques II, après la mort [p. 200] de Charles II, son frère aîné. Elle a laissé par son testament à S. M. T. C. tout ce qui lui est dû de son douaire et de ses pensions en Angleterre. On peut juger de la douleur extrême de ces infortunez par la perte qu’ils font d’une maitresse si secourable, qui leur servoit à tous de mère et qui agissoit en cette qualité avec eux. »

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      Note de publication

      Le nouveau Mercure, mai 1718, p. 198-200 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6339950j/f202.item

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